15/02/2014

Un monde à part

dans le flou des hublots _MG_5468-2.jpg

Tu vivais dans un monde à part

Virtuel

Ponctué de quelques parenthèses de réalité

Je savais que tu passais les ¾ de ta vie devant ton écran

Que tu te levais de bonne heure

Te couchais tard

Et que parfois tu te décollais quelques heures obligées pour vaquer aux besognes

Du commun des mortels.

Tu n’avais pas le temps de t’attendrir sur quelques pensées émotives

Venues sans crier gare perturber ton calme olympien.

Et s’il t’arrivait de t’arrêter devant un visage troublant

Bien vite tu reprenais le fil de tes rires

Et balançais cette ébauche de sérieux d’un grand revers de coude.

 

Je pensais parfois à celle invisible ici qui partageait ta vie et travaillait avec toi

Constituait ta seule attache, celle dont tu ne prononçais jamais le nom pour la rendre diaphane

Lors de tes échanges de courrier.

 

A ta manière, tu devais l’aimer

Parce que tu l’avais décidé un jour

Et pour toi cela signifiait à jamais

Mais ton esprit dérivatif avait besoin d’autres nourritures

Et le virtuel s’y prêtait à merveille.

 

Je pensais à elle qui ne t’attendait plus

Qui savait depuis longtemps qu’il ne faut pas contrarier la bête

Pour s’assurer sa fidélité

Qu’elle ne devait en aucun cas attirer ta rancune

Car tu ne connaissais pas le pardon.

Je pensais aux trésors d’ingéniosité qu’elle devait s’inventer

Pour accepter son trop peu d’existence.


 

14:34 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (8) | Tags : virtuel, réalité, attache | Lien permanent

20/05/2010

Evasion

 

 

feuilles mauve cad def IMG_6672


Je t’ai souri
Virtuellement
Dès le premier mot
Il était habillé de rire
Recouvert d’une fine
pellicule de tendresse
J’ai regardé dehors
Le ciel, le bleu,
le vert, les fleurs
Puis j’ai fermé les yeux en soupirant …
Il n’y a pas d’évasion définitive !

10:08 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (11) | Tags : sourire, evasion, virtuel | Lien permanent

23/11/2009

Transfuge du virtuel

Je ne savais pas pourquoi il s’était matérialisé ici
Pourquoi il n’avait pas accepté sa condition virtuelle
Pourquoi il m’avait regardée d’un air inquisiteur
Scrutant dans mes yeux une réponse à une question informulée.

Il n’avait rien à faire près de moi
Ni ici ni ailleurs
Il arrivait d’un monde, où je n’avais pas de place
A l’improviste.

Les paroles échangées plus tôt
N’avaient pas consonance de voix
Que des mots imprimés à la hâte
Sur des claviers étrangers l’un à l’autre.

Quelques soupirs alanguis, quelques parcelles de rires
Quelques envolées lyriques piquées dans un répertoire plagié
Quelques fleurs artificiellement entretenues
Quelques émois aussi, quelques sourires timides
Mais déversés parcimonieusement
Sans aucune perspective de concrétisation, jamais.

Comment avait-il pu me retrouver
Au milieu d’indices ténus ou faux que je lui avais donnés ?

Etait-il plus perspicace, plus curieux, plus épris que je n’aurais pu l’imaginer ?

D’un geste brusque, avec un sourire forcé, à la limite du rictus
Je lui fis comprendre que la discussion s’arrêtait là,
Que nous en reparlerions … plus tard.

Je savais dès cet instant que c’était fini
Que le charme du virtuel avait brûlé au contact de la réalité
Que l’écran s’était éteint
Que la liste de mes contacts serait délestée d’un de ses membres.

09:34 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (23) | Tags : virtuel, realite | Lien permanent

14/08/2009

Le pouvoir des mots

Le pouvoir des mots, je l’ai exercé et je l’ai subi, dans ces lieux où les visages restent couverts, les identités mystérieuses.

J’ai rencontré des mots sublimes dans leur beauté ou leur tristesse, ils ombraient mon cœur de  caresses invisibles. Moi qui souvent me retranchais derrière la froideur des faits, je me suis retrouvée émue, troublée devant ces mots qui dévoilaient les âmes par grandes doses ou petites touches estompées.
Moi qui m’étais carapacée derrière une poésie qui m’avait fait souffrir, j’entendais des murmures de sensibilité se déployer près de moi, j’avais envie d’y répondre, de crier la force de mon émoi, de rencontrer les gens qui avaient tissé ces mots avec tant de délicatesse, d’intelligence ou tant de révolte.

Relations souvent éphémères, mais pas toujours, impression de connivence, de complicité, d’amitié parfois déchantée par la suite… et dans l’écho de ces paroles, j’ai ouvert peu à peu moi aussi mes chakras, et j’ai volé vers d’autres rives devenues par mimétisme, soudain si proches. Cette libération a fissuré le mur de mes mots, comme un dédoublement de personnalité, comme un regain d’affection sincère…

Aujourd’hui, que vous vous êtes en quelque sorte matérialisés par le truchement du virtuel, je peux enfin m’adresser à vous. Jeu du chat et de la souris, de l’amour des mots et du hasard des connections, d’une transparence parfois ambiguë, d’un mystère habilement entretenu.

Des incompréhensions, des interprétations, il y en a eu, il y en aura encore. Je n’ai pas l’âge de mes paroles, elles sont jeunes et fraîches, désinvoltes ou sourdes et désappointées, je laisse mes humeurs les guider, il paraît que nous les femmes, serions si sensibles à l’attraction lunaire.
Il y a dans l’univers d’autres galaxies, d’autres soleils, d’autres lunes, pourquoi devrions nous nous cantonner à nos petits espaces, soyons multilunatiques, soyons multisolaires, vaguons aux vents singuliers de la fantaisie. D’ailleurs celle-ci n’est pas spécifiquement féminine, tout comme la sensibilité, je m’en rends compte chaque jour en vous captant entre les lignes.

Mes inclinations, je ne les maîtrise pas, je peux essayer de les raisonner, mais elles interprètent elles-mêmes vos paroles sans réserve, vous aussi connaissez l’impact des mots qui bercent les pensées des autres.

Croyez-vous qu’ici aussi règne la confusion de la Tour de Babel…et me pardonnerez vous, dans ces mots, la maladresse de mes insistances ?