09/03/2010

Piquidées

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Un jour, je piquerai vos idées, vous ces êtres talentueux que j’ai croisés ici.

Je ferai du plagiat mon cheval de bataille.

Quand mon imagination aura complètement épuisé les sentiers de mon incompétence, je prendrai vos masques multicolores pour les repeindre au gré de ma palette grise et de ce mélange inégal, je ferai une gerbe de flammes.

Oui, ce jour-là, on m’ovationnera, on m’aimera, ce jour où je serai moins que tout autre jour, un moi qui n’en est pas un.

Je vous volerai vos rêves, la nuit quand le sommeil vous rend vulnérables
J’extirperai vos mots, les maquillant grossièrement pour leur donner semblant d’originalité.

Je serai plus authentique que tous vos petits relents d’authenticité dispersés.

Vous, vous n’en saurez rien, car de mes boniments, j’endormirai vos consciences.

Ou vous direz Tiens la chenille est devenue papillon ou vous ne direz rien, perdu dans vos ego !

Moi, je m’empêtrerai dans mes mensonges, dans mes divagations, dans ces délires qui trouvèrent leur source dans vos pérégrinations.

La vie est un grand théâtre, je sortirai enfin de ses coulisses poussiéreuses et je jouerai mon ultime one man show devant un public invisible.

Mais je suis conscient que l’on m’attend au tournant : on finit toujours par devoir passer à la caisse quand on a emprunté les chemins de déviance.

Les juges, Euménides new-wave, quelle que soit la couleur de leur robe sont là pour demander le remboursement, pour prononcer la sentence ! L’artifice ne peut être indéfiniment le moteur d’une vie !

13:47 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (24) | Tags : theatre, idees, eumenides, plagiat | Lien permanent