25/03/2010

Scène (pas) passionnelle : les cailloux

ombre femme foret 2MG_1635 (400 x 218)

 

Lui (froid) : Tu peux jeter tous les cailloux du monde.

Ma route a déserté tes sentiers

Je poursuis seul mon destin

Là où personne ne peut m’atteindre et surtout pas toi.

 

Elle (triste) : Que t’ai-je fait pour que le silence balaie

tes belles paroles ?

T’ai-je manqué de respect ?

T’ai-je accablé de trop de tendresse ?

Avais-tu peur que je débarque dans ta vie ?

 

Lui (glacial) : Rien tu n’as rien fait

Tout vient de ce loin en moi

Je suis face à lui et le reste n’est que détail

Je me suis égaré, un jour, en te parlant

Ces mots ont dépassé ma volonté

Je le regrette.

 

Elle : Tu connaissais pourtant l’impact des mots

Tu connaissais ma fragilité

Me suis-je trompée, à ce point, de t’écouter ?

 

Lui (polaire) : C’est la faute à personne

C’était une faiblesse d’aller vers toi

Je le regrette.

Je regrette aussi d’avoir ouvert la porte à tes illusions

Je ne peux rien faire pour toi

Avec toi.

 

Elle : L’eau de mes yeux

Emporte tous les cailloux

Dans ce monde du leurre.

L’apparence cruelle prend parfois allure de vérité.

Il va falloir apprendre

A ne plus guetter les signes.

Ne plus attendre les mots

Ne plus rechercher les sourires.

 

Lui : Je regrette

Je t’ai déjà, depuis longtemps, oubliée.

C’est la faute de personne

Pardonne-moi ma sincérité

Mon monde intérieur m’a coupé de tout

Ton insistance n’y peut rien faire

Seulement te faire du mal

Oublie-moi toi aussi.

 

Elle : Il ne me reste plus qu’à ramasser les cailloux

Tous les cailloux,

Un à un.

Les garder longtemps dans la main

Pour retrouver la chaleur dont je les avais enrobés.

Et puis lentement laisser le temps

Leur rendre leur tranchant naturel.

 

Faire et se défaire

N’est-ce pas le penchant de l’amour ?

 


11/11/2009

Dialogue décalé

Au milieu du brouhaha, son regard presque vide a accroché le mien.
Un sourire. Réciproque.
Je lui parle dans sa langue qui n’est pas la mienne.
Ai-je baragouiné ? Son sourire s’élargit.
Des sons s’évadent de sa bouche qui rit. Syllabes incohérentes.
Mes yeux interrogent, ma bouche aussi. Elle le sent, répète, s’impatiente.

Et puis, un voile de tristesse obscurcit le gris de ses yeux clairs.
Elle se jette dans mes bras, je la serre, la berce, caresse ses cheveux soyeux aux fins reflets d’or.

Je voudrais, sans rien brusquer, faire tomber les barrières qui séparent nos niveaux de compréhension.
Essayer et essayer encore, formuler, reformuler.

Le visage en face, au-delà du sourire, continue d’imprimer la tristesse.

Je lui dis : « Tu es mon amie ». Elle sourit encore, je lis sur ce visage toutes les nuances des sourires spontanés.

Elle se serre davantage contre moi. Elle me montre des choses qu’avec mon background d’adulte, je n’arrive pas à voir, me dit des mots que je n’arrive pas à structurer.

L’espace d’une rencontre, elle a voulu me faire partager son monde. Je n’y suis pas parvenue.

Elle a quatre ans, je ne connais d’elle que l’ombre de son visage et son infini besoin de tendresse.