25/10/2012

Sur les murs

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Ces mots sortis de leur carcan

Qui habillent les murs impassibles…

08:04 Écrit par Saravati | Commentaires (4) | Tags : mots, carcan, murs | Lien permanent

19/11/2009

Mots cassants

Tout briser avec des mots, sans savoir comment ils sont arrivés, comment ils ont envahi tout l’esprit et sont sortis comme un train sort d’une gare, machinalement sur des rails prédéterminés, peut-être pas au bon moment, peut-être pas pour une bonne destination.

 

Simplement un alignement de wagons pleins de mots houilleux de rage ou transparents d’indifférence.

 

Des mots à la vie autonome mais que l’on a cultivés dans un champ de mines pour qu’ils vous explosent à la figure au premier frottement contradictoire

 

Des mots qui ont étouffé leurs compatriotes aux contours raffinés, délicats, doucereux pour mieux prendre leur place en première classe, rutilants et braillards

16:05 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Tags : mots, gare, destination, mines | Lien permanent

14/08/2009

Le pouvoir des mots

Le pouvoir des mots, je l’ai exercé et je l’ai subi, dans ces lieux où les visages restent couverts, les identités mystérieuses.

J’ai rencontré des mots sublimes dans leur beauté ou leur tristesse, ils ombraient mon cœur de  caresses invisibles. Moi qui souvent me retranchais derrière la froideur des faits, je me suis retrouvée émue, troublée devant ces mots qui dévoilaient les âmes par grandes doses ou petites touches estompées.
Moi qui m’étais carapacée derrière une poésie qui m’avait fait souffrir, j’entendais des murmures de sensibilité se déployer près de moi, j’avais envie d’y répondre, de crier la force de mon émoi, de rencontrer les gens qui avaient tissé ces mots avec tant de délicatesse, d’intelligence ou tant de révolte.

Relations souvent éphémères, mais pas toujours, impression de connivence, de complicité, d’amitié parfois déchantée par la suite… et dans l’écho de ces paroles, j’ai ouvert peu à peu moi aussi mes chakras, et j’ai volé vers d’autres rives devenues par mimétisme, soudain si proches. Cette libération a fissuré le mur de mes mots, comme un dédoublement de personnalité, comme un regain d’affection sincère…

Aujourd’hui, que vous vous êtes en quelque sorte matérialisés par le truchement du virtuel, je peux enfin m’adresser à vous. Jeu du chat et de la souris, de l’amour des mots et du hasard des connections, d’une transparence parfois ambiguë, d’un mystère habilement entretenu.

Des incompréhensions, des interprétations, il y en a eu, il y en aura encore. Je n’ai pas l’âge de mes paroles, elles sont jeunes et fraîches, désinvoltes ou sourdes et désappointées, je laisse mes humeurs les guider, il paraît que nous les femmes, serions si sensibles à l’attraction lunaire.
Il y a dans l’univers d’autres galaxies, d’autres soleils, d’autres lunes, pourquoi devrions nous nous cantonner à nos petits espaces, soyons multilunatiques, soyons multisolaires, vaguons aux vents singuliers de la fantaisie. D’ailleurs celle-ci n’est pas spécifiquement féminine, tout comme la sensibilité, je m’en rends compte chaque jour en vous captant entre les lignes.

Mes inclinations, je ne les maîtrise pas, je peux essayer de les raisonner, mais elles interprètent elles-mêmes vos paroles sans réserve, vous aussi connaissez l’impact des mots qui bercent les pensées des autres.

Croyez-vous qu’ici aussi règne la confusion de la Tour de Babel…et me pardonnerez vous, dans ces mots, la maladresse de mes insistances ?

21/03/2009

Mots à mots

Un jour, alors que je ne m’y attendais pas, des mots qui ne ressemblaient à nul autre sont arrivés dans ma boite aux lettres.

Ces mots, au demeurant peu nombreux, sonnaient clairement, sagement alignés dans un ordre charmant. Ils étaient une invitation au voyage et je m’en suis approchée dans une attente bienveillante.

Je ne savais ni d’où ils venaient ni comment ils avaient pu atterrir dans mon jardin. Sous leur musique, mon jardin a frissonné et a compris que cette douce brise était comme un tournant dans ma vie.

Ces mots attiraient irrésistiblement les miens. Et c’est, confiante, que je leur ai répondu sans me poser les habituelles questions sur leur implication.

Mes mots, à leur tour, ont coulé de source et l’eau en était limpide, rafraîchissante, vivifiante.

Et d’autres mots qui ne venaient de nul endroit précis ont suivi, très beaux, courtois, nouvelle invitation au partage, à l’échange, à la rêverie.

Parfois, dans des moments de lucidité, je n’arrivais pas à croire à la matérialité de ces mots, venus pour moi, d’une autre dimension, façonnés par quelque artiste en veine d’inspiration, d’égéries…

Et pourtant, ils étaient bien là, incontestablement, écrits sur l’écran magique. Je les regardais maintes fois, les relisais, je les tournais dans tous les sens, essayais de les interpréter entre les lignes. L’équivoque n’était pas possible, ils étaient là, ciselés de main de maître, posés délicatement sur la toile, ils me parlaient avec tendresse.

Et c’est comme cela que j’ai appris à les aimer, sans fard, sans arrière-pensée, dans leur nudité première. Ce furent des moments délicieux d’échanges particulaires entre les mots.

Et puis, sans savoir pourquoi, ils se sont raréfiés, leur façonneur est soudain devenu parcimonieux. Ils sont retombés dans une sorte d’anonymat.

Les mots semblaient partis vers d’autres destinations. Je les ai cherchés partout, ils avaient, sans que je m’en rende compte, tissé en moi, un besoin inéluctable.

J’ai retrouvé dans des endroits moins secrets, moins personnels, des bribes de ces mots. J’ai reconnu leur style, leur souplesse innée, leur rythme soutenu, la profondeur de leur pensée, tout ce qui m’avait tellement séduite.

Mais les autres mots, leurs frères, ceux qui m’étaient destinés, les autres avaient désormais disparu. Effacés ou en fin d’émission.

Il sont partis comme ils sont venus, sur la pointe des pieds, sans tambour ni trompette.
Leur souvenir se love dans le précieux velours de ma mémoire.

21:29 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Tags : rencontre, memoire, disparition, mots, echange | Lien permanent