20/01/2009

Un cri d’amour au centre du monde

un cri d'amour détouré

Le ressenti d’un jeune homme de 16 ans amoureux d’une collègue de classe, traité avec pureté et poésie, l’éveil des sens, le partage de pensées profondes sur le sens de la vie et l’ombre fulgurante de la maladie qui déchire d’un seul trait tous les beaux projets de bonheur à venir.

Prêt à faire toutes les folies du monde y compris enlever sa jeune amie mourante, pour accomplir son désir le plus profond : voir les forêts aborigènes d’Australie.

Et ces pages de magnifique description de nature qui font ressortir des myriades de poésie à travers tous les pores de la peau

Ces dialogues frais, tendres et profonds entre deux jeunes pour qui la vie devrait être une ligne droite vers la félicité et qui ne sera que l’expression d’un manque.

Le secret du grand-père qui veut retrouver au-delà de la mort la communion avec la femme qu’il a aimée et qu’il n’a pas pu épouser et qui demande à son petit-fils une chose insensée.

L’émotion est là, sans suspense, prenante, envahissante, inoubliable, à travers les mots simples et vrais du cœur.

Un cri d’amour est un moment unique dans une vie, faut-il qu’il se perde dans l’éther pour devenir la plus belle histoire d’amour non réalisée. Comme le proclamait Musset, les chants désespérés sont les chants les plus beaux.

Et pourtant chaque pas de Sakutaro est accompagnée de l’ombre d’Aki, sa petite perle fine, si fine et si fragile qu’elle s’est évaporée.

Sakutaro revit son histoire à l’envers, de la mort à la naissance d’une tendresse infinie, mêlant les trames du présent et du passé de manière si habile que le lecteur pense que ce n’est qu’un cauchemar et qu’il va se reveiller avec lui en serrant la belle Aki dans les bras.

Fera-t-il son deuil de sa bien aimée ? Pourra-t-il un jour revivre une émotion d’une telle intensité ? Amour et mort, ici au Japon paraissent reliés à jamais, le troisième élément semble la nature qui tout en semblant indifférente au vécu des personnages est profondément imprégnée de leur sensiblité profonde.

 

Un cri d'amour au centre du monde

de Kyoichi Katayama - publié en 2001

14:48 Écrit par Saravati dans Immersion japonaise | Commentaires (1) | Tags : amour, mort, separation, adolescence | Lien permanent