11/01/2011

C'eût été ...Noël ...

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Noël c’eût été une fête

Si tu n’étais parti bien avant les illuminations

Ébloui par je ne sais quelle égérie

Pour moi glas-sirène

Eclats de rire

brisés

Etincelles d’humour

en désuétude

Que des grognements croassant

Ta soudaine mauvaise humeur

 

Noël

à un moment détaché de nos temps subjectifs

de nos convergences secrètes

C’était tous les jours

Présents et à venir

A l’époque où je rêvais en couleurs

De toi

avec toi

Sans nécessité de poser des certitudes

 

Les fêtes vraies ou fausses

aussi se diluent dans le brouillard des illusions

 

Noël

c’est fini depuis si longtemps

Après un automne doré et tourmenté

Et d’autres saisons que je ne calcule pas

cette fête redevenue étrangère

Au loin me rappelle

Dans les bourrasques saisonnières

Combien j’aimais

Prononcer ton nom.

16:31 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (12) | Tags : noël, illusions, fête, couleurs | Lien permanent

03/08/2010

Strates à découper avec soin

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A force d’avoir erré dans des mondes parallèles, pointé un doigt transparent vers des réalités indéfinies, j’avais fini par me retrouver au pied d’un écueil de pensées-vagues.

Elles m’avaient conduit dans un corridor aux parois lisses et sombres dont je ne voyais pas le goulot.

La femme-araignée au baiser sulfureux, le lapin bleu au sourire démesuré, la fée Clochette aux boucles frémissantes et un minuscule Eros aux formes rebondissantes étaient là, placés en rang d’oignons, prêts à l’assaut final des illusions déjà perdues.

Ce corridor au fil du temps de la douce Ariane s’était démembré en longues trainées labyrinthiques que j’aurais voulu dompter à la manière d’Andrew Wikes
juste en posant la main au bon endroit pour faire s’évaporer l’obstacle et ouvrir la brèche à l’envol, sans crainte d’une rencontre avec un minotaure de passage.

Je restais pourtant là, prostrée, n’osant ébaucher le moindre geste, de peur que cet ersatz de cauchemar perde son statut d’ersatz.

Je ne sais combien de temps j’ai étalé mes ramifications auprès de cette couronne d’arbustes persistants.

Le temps comme entité palpable avait soudain cessé d’exister.

25/03/2010

Scène (pas) passionnelle : les cailloux

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Lui (froid) : Tu peux jeter tous les cailloux du monde.

Ma route a déserté tes sentiers

Je poursuis seul mon destin

Là où personne ne peut m’atteindre et surtout pas toi.

 

Elle (triste) : Que t’ai-je fait pour que le silence balaie

tes belles paroles ?

T’ai-je manqué de respect ?

T’ai-je accablé de trop de tendresse ?

Avais-tu peur que je débarque dans ta vie ?

 

Lui (glacial) : Rien tu n’as rien fait

Tout vient de ce loin en moi

Je suis face à lui et le reste n’est que détail

Je me suis égaré, un jour, en te parlant

Ces mots ont dépassé ma volonté

Je le regrette.

 

Elle : Tu connaissais pourtant l’impact des mots

Tu connaissais ma fragilité

Me suis-je trompée, à ce point, de t’écouter ?

 

Lui (polaire) : C’est la faute à personne

C’était une faiblesse d’aller vers toi

Je le regrette.

Je regrette aussi d’avoir ouvert la porte à tes illusions

Je ne peux rien faire pour toi

Avec toi.

 

Elle : L’eau de mes yeux

Emporte tous les cailloux

Dans ce monde du leurre.

L’apparence cruelle prend parfois allure de vérité.

Il va falloir apprendre

A ne plus guetter les signes.

Ne plus attendre les mots

Ne plus rechercher les sourires.

 

Lui : Je regrette

Je t’ai déjà, depuis longtemps, oubliée.

C’est la faute de personne

Pardonne-moi ma sincérité

Mon monde intérieur m’a coupé de tout

Ton insistance n’y peut rien faire

Seulement te faire du mal

Oublie-moi toi aussi.

 

Elle : Il ne me reste plus qu’à ramasser les cailloux

Tous les cailloux,

Un à un.

Les garder longtemps dans la main

Pour retrouver la chaleur dont je les avais enrobés.

Et puis lentement laisser le temps

Leur rendre leur tranchant naturel.

 

Faire et se défaire

N’est-ce pas le penchant de l’amour ?

 


14/10/2009

Vides

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Ce soir comme tant d’autres, comme tant d’autres matins et tant d’autres nuits, je t’attends dans ce grand vide devenu encore plus vide depuis que tu es parti.

Pourtant habituée aux silences et aux absences capricieuses qu’à l’époque j’assimilai erronément à des vides, aujourd’hui, je me rends compte de la gradation dans les formes de vides, des vides pourtant teintés d’espoirs, des vides glaçant de solitude, des vides qui emplissent le flot des pensées errantes et ceux qui vident votre énergie vitale, des vides qui ont faim et de ceux qui donnent soif, des vides qui désaltèrent quand on les asperge d’illusions, des vides qui nourrissent quand ils s’imprègnent d’oxygène.

Aujourd’hui, j’ai balayé d’un coup d’épaule toute cette panoplie de vides inutiles et je me retrouve face au maître : le vide absolu, celui qui enrobe tout sur son passage, qui déteint la couleur du ciel, qui ternit la blancheur des nuages et enfonce ses racines acérées dans le sol.

Et ma volonté qui voudrait refuser cette fatalité du vide se retrouve démunie de ses forces.
Quand je m’accrochais autrefois aux semblants de tes traces, je tissai dans le vide des espaces entre les mailles, vrais ou faux, peu importe puisqu’ils m’aidaient à vivre sans complète désespérance. Même les rares éléments qui auraient dû nous rapprocher devinrent bientôt partie intégrante de mon vide.

Demain quand j’aurai, par maints efforts, apprivoisé le vide absolu, quand je l’aurai transformé en vide relatif, en vide passéiste, historique, mythologique, je reprendrai la route qui serpente entre deux ravins mouvants, je m’évertuerai à éviter leurs abîmes gloutons, je savourerai silencieuse l’ambroisie de mes démons, je me bourrerai le crâne d’un tonneau d’illusions, je m’accrocherai aux lianes des rêves pour me retenir de tomber.

Et je te recréerai, devenu sculpteur à mon tour, je prendrai l’argile qui donnera corps à ton ombre. Sous le feu de mes mains, tes yeux gris s’ouvriront, me contemplant de leur regard brûlant.

Il suffira alors que je ferme les paupières un instant ou plus pour imaginer le sourire lumineux, le tien revenu de si loin, qui engloutira tous les vides de mes mondes !

08:38 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (14) | Tags : silence, vide, illusions, absence | Lien permanent