28/12/2009

Fièvre

ombre persiennes _MG_6105

 

 

Baisse l’abat-jour chinois

Aux formes dragonnales

 

Petite fièvre fertile

Qui alimente en sillons

Ce beau front lisse

Et brûlant

Ferme le voile opaque

Sur ce soir enluné

 

A la lumière blanche ombrée des montagnes

Pour que les yeux puissent rester ouverts

Sans crainte de surbrillance

Pour que les paupières puissent continuer

Allégées leur battement de persiennes

 

La bouche desséchée

Te regarde avec ses petites

Commissures crevassées

Appelle la gouttelette qui

Distillera sa parcelle de fraîcheur

Dans ce petit corps moite et difforme

 

Attendre le jour

Que la fièvre capitule

Ou ne capitule pas

 

Savoir enfin

Si cette souffrance si longue et si morne

A jamais eu un sens

 

Au petit matin

Savoir enfin

 

S’approcher de cette forme avachie

Sur l’oreiller détrempé

 

Savoir enfin

Petit matin blême

20:07 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (2) | Tags : fievre, enfant, maladie, matin | Lien permanent

14/04/2009

Filles en pleurs…

Elle pleurait tout son saoul sur le bord de son lit rose
Vais lui offrir des dizaines de mouchoirs
Avait-il écrit dans un sursaut pseudo-poétique
Elle pleurait sans répit
Sur cet amour déjà impossible
Sur leurs caractères trempés dans l’acier
Prémices de leurs affrontements futurs

Une attirance fiévreuse
Pouvait-elle suffire
Pour tisser leur avenir
La fièvre brûle, consume
Et l’attirance, jalouse de tout
Corrompt l’existence…

La bonne fée si souvent évoquée
À l’époque des jeunes filles romantiques
S’était donc une fois de plus fourvoyée
Erreur de programmation   
Destin perfide, déviation

Des années plus tard
A l’ère des ondes
Qui mettent en communication
Avec le monde
Il existe encore des jeunes filles en pleurs
Elles pleurent depuis si longtemps
Qu’elles ignorent jusqu’à l’origine de leurs tourments
Elles pleurent leur amour impossible, futile ou rageur
Cet amour, ombre gracile de sentiments que l’on prétend forts

Tourmenté par la méfiance et la sécheresse 
Racle leur vitalité
Attise encore la fièvre

Elles pleurent encore et par réflexe
Par habitude ou simplement
Pour se donner raison d’exister pour quelqu’un

La poésie a quitté leur monde
Elle n’est plus qu’un lambeau posé là sur l’étoffe effilochée des mots

19:08 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (6) | Tags : amour, filles, fievre, pleurs | Lien permanent