09/04/2010

Lessines, un soir

 

Magritte def  IMG_4440

 

J'étais un jour de septembre dans la ville où naquit Magritte.

A onze heures du soir, dans la ville dépouillée de toute animation
j'apercevais le monument dédié à Magritte avec
ses statues morcelées sur fond de
ciel de pipe et autres
compositions Magrittiennes en bleu et blanc.

A quelques pas
la ligne de chemin de fer qui s'étend de part et d'autre
dans la nuit et
un escalier désert
gris et sale
imprégné de feuilles encore vertes...

Nature presque morte !

A Lessines, c'était déjà l'automne de Magritte...

10:40 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (15) | Tags : magritte, automne, escalier | Lien permanent

05/12/2009

L’escalier de service

escalier feuille 2 IMG_4450

As-tu compté les jours qui t’éloignent de moi, non pas les jours objectifs, ceux que tresse le long déroulement des heures et des instants ?
Non, les jours que sans effort tu as mis entre nous entre les rainures de nos deux réalités disjointes.

Pourquoi es-tu venu et pourquoi es-tu parti ?

Je ne te demandais rien, n’attendais rien de personne, ni de toi que je ne connaissais pas.

Un matin, tu as emprunté l’escalier de service, celui qu’à grand renfort de réserve, j’avais bien calfeutré. Etonnée, je t’ai ouvert la porte, quelques centimètres tout d’abord, méfiante et puis au grand jour faisant rentrer tout le soleil que tu m’apportais.

La confiance, c’était bon, un renouveau, une découverte après tant de tumultes, les sourires de rien, les rires à distance, les mots chaleureux et doux, à l’écoute, sans abois…
Quel doux nectar que la confiance, quel tremplin que ces promesses d’amitié !

Chacun, pourtant, est resté avec ses mystères, ses désespérances, ses non-dits, ce n’étaient que conversations à fleur de réalité, en abstraction avec les pensées profondes qui creusent les douleurs de la vie. Une forme de surprotection réciproque, ne rien dire du passé et vivre l’immanence du présent.

Mais quand l’instant ne repose que sur un bref courant d’air entre deux couloirs de vie, il ne nourrit personne à part, au début, quelques illusions.
Le temps a fait le reste, que peut-il faire d’autre que d’éroder ?

J’avais pourtant gardé des velléités d’amitié. A mon tour, d’emprunter ton escalier de service. Rarement tu étais chez toi et si peu de temps, homme éternellement pressé, tu te targuais.
La dernière fois, tu m’as laissée derrière la porte. J’entendais ton souffle, je respirais ton impatience, sans savoir pourquoi elle s’était dressée entre nous. Non, je n’ai pas tambouriné, à quoi bon, sans doute étais-tu là, mais que pour toi seulement.

Parfois, je m’imagine voir ta silhouette au loin, entendre ta voix prononcer pour d’autres des paroles confiantes ou légères, chanter ou rire…

Chacun continue à vivre, à moi de décider de faire de même sur des bases craquelées et neuves.  S’enivrer de l’humour qui nous tient plus longtemps debout, parler pour oublier, pour laisser moins béante la plaie de la souffrance jusqu’à ce qu’elle cicatrise en laissant en relief ce bourrelet déplaisant qui rappelle…

Je n’ai pas condamné l’escalier, je l’ai simplement laissé à l’abandon, un peu plus poussiéreux avec le temps qui use et les feuilles séchées qui peu à peu s’y fossilisent.

Quel que soit le bruit de tes pas sur l’asphalte, je les reconnaîtrai !

22:16 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (21) | Tags : escalier, amitie, confiance | Lien permanent