05/01/2016

Des bruits dans la maison

Je ne savais pas si je dormais, rêvassai, somnolais, il y a tant de mots qui signifient ces instants d’inconscience pleine ou partielle, ces états qui voguent entre deux réalités. Entre les fissures des persiennes légèrement relevées, je percevais un début de jour prometteur, un peu gris derrière les bourgeons de sureau sauvage. Mais une présence , des pas feutrés, des frôlements, la maison où j’étais seule semblait avoir acquis de nouveaux habitants...Je pensais que ces bruits parvenaient de la rue au bout de l’allée, mais ils étaient trop proches pour être vraiment étrangers. Je me suis dit : Arturo s’est réveillé parce que c’est le printemps, Arturo j’en ai déjà parlé ici, c’est mon compagnon fantomatique, celui qui me joue des tours, toujours aussi facétieux, égal à lui-même mais toujours aussi invisible. On avait sonné à la porte, une sonnerie timide et non redondante, le temps d’enfiler ma robe de chambre, le visiteur inattendu était déjà reparti, il faut qu’on soit vraiment motivé pour venir chez moi ! Je suis descendue, Arturo était reparti dans ses limbes avec ses froissements de pas et ses chaînes silencieuses, sans doute désappointé d’être toujours présumé coupable sans pouvoir prouver son innocence. Dans la cuisine, d’autres bruits m’attendaient, comme si quelqu’un tapait violemment à la fenêtre du premier étage.

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Pas vraiment rassurée, je montai les escaliers, atteignai le vélux d’où semblaient venir les fracassements. J’étais transportée dans le film Les oiseaux : deux formes noires de grande envergure se dressaient derrière la fenêtre et s’envolèrent à mon approche et firent des danses aériennnes de sioux sur les branches du chêne géant, escaladant le ciel aux nuages moutonneux. Ils revinrent à plusieurs reprises becqueter la vitre, ils ne m’ont pas dit et je n’ai pas non plus compris ce qui sous les combles attirait leur convoitise. Parfois, par delà les cerisiers qui rosissent, il m’arrive de les entendre et de voir leurs grandes ailes se déployer dans le ciel comme des ciseaux gigantesques tailleurs de nuages.


12:03 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Tags : oiseaux, peur, bruits | Lien permanent