16/05/2009

Slumdog Millionaire

Un peu tard, je sais, pour présenter ce film sorti début 2009, mais dans la petite ville où j'habite, les programmations se font à leur rythme, c.à.d. lentement.
Peu importe l'actualité d'un film si l'on pense qu'il restera longtemps dans les mémoires, c'est ainsi que je choisis mes visites au cinéma !

slumdog

Par curiosité, parce que j’aime l’énergie qui se dégage des Bollywood, je tenais absolument à voir Slumdog millionaire, réalisé en Inde par un cinéaste occidental.

Mais ce sont là deux mondes complètement différents : les Bollywood généralement ne traitent que de milieux fortunés ou alors même s’ils traitent de la pauvreté, le font plus à travers les mots qu’à travers la présentation des situations objectives (exemple : Lagaan).

Slumdog nous fait pénétrer d’une manière extrêmement rythmée (un rythme de films d’action) dans l’Inde des bidonvilles, de la misère et de l’exploitation des enfants, des guerres de religions, de l’intolérance…

Deux jeunes orphelins qui ont vu leur mère tuée sous leurs yeux, vont essayer de sauver leurs peau. Le plus jeune aime Latika qu’il recherche désespérément.
Par amour pour Latika, fan de jeux télévisés, il va se présenter à l’un deux.

Sans véritable culture, mais parce qu’il a vécu tant de situations insolites, confronté à la dureté de la vie, il parvient à trouver les réponses aux questions qui le mettent en contact avec des épisodes marquants de sa vie, comme si le jeu suivait lui aussi son parcours singulier.

Un scénario original qui trouve une fin plutôt conventionnelle dans un dernier décor et une dernière ambiance clin d’œil fulgurant aux Bollywood, une musique dynamisante, aux confins de l’Orient et de l’Occident, des personnages attachants, surtout ces enfants, petits hommes déjà confrontés à une terrible existence, une leçon d’espoir sans doute trop optimiste (mais l’est-on jamais assez et le cinéma est aussi là pour nous faire rêver) , une vision fine d’un constat de la misère sans tomber cependant dans le misérabilisme.

Un regret : l’utilisation presque exclusive de la langue anglaise (je suis une puriste de la VO.) mais comment le réalisateur aurait-il pu choisir judicieusement parmi les nombreux idiomes de l’Inde ?

Et puis cette question de la fin : comment dans un pays si pauvre, des nouveaux riches issus d’un milieu si démuni pourront s’en sortir sans blessures ?

Pas un Bollywood, certes, mais un grand film plein de cruauté réaliste et d’humanité. Ah que grande est la culture de l’Inde…et qu’il est bon pour un esprit occidental de s’y perdre, le temps d’un film !

Slumdog Millionaire de Danny Boyle (2009) est l'adaptation britannique d'un roman indien de Vikas Swarup. Il sera difficile pour le réalisateur de maintenir une telle qualité dans ses films ultérieurs.

17:30 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (5) | Tags : jeux, inde, bidonvilles | Lien permanent