15/02/2014

Un monde à part

dans le flou des hublots _MG_5468-2.jpg

Tu vivais dans un monde à part

Virtuel

Ponctué de quelques parenthèses de réalité

Je savais que tu passais les ¾ de ta vie devant ton écran

Que tu te levais de bonne heure

Te couchais tard

Et que parfois tu te décollais quelques heures obligées pour vaquer aux besognes

Du commun des mortels.

Tu n’avais pas le temps de t’attendrir sur quelques pensées émotives

Venues sans crier gare perturber ton calme olympien.

Et s’il t’arrivait de t’arrêter devant un visage troublant

Bien vite tu reprenais le fil de tes rires

Et balançais cette ébauche de sérieux d’un grand revers de coude.

 

Je pensais parfois à celle invisible ici qui partageait ta vie et travaillait avec toi

Constituait ta seule attache, celle dont tu ne prononçais jamais le nom pour la rendre diaphane

Lors de tes échanges de courrier.

 

A ta manière, tu devais l’aimer

Parce que tu l’avais décidé un jour

Et pour toi cela signifiait à jamais

Mais ton esprit dérivatif avait besoin d’autres nourritures

Et le virtuel s’y prêtait à merveille.

 

Je pensais à elle qui ne t’attendait plus

Qui savait depuis longtemps qu’il ne faut pas contrarier la bête

Pour s’assurer sa fidélité

Qu’elle ne devait en aucun cas attirer ta rancune

Car tu ne connaissais pas le pardon.

Je pensais aux trésors d’ingéniosité qu’elle devait s’inventer

Pour accepter son trop peu d’existence.


 

14:34 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (8) | Tags : virtuel, réalité, attache | Lien permanent