19/12/2013

Des larmes pour les arbres

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Dans un des centres piétonniers de la ville où je ne rencontre quasiment personne, je guettais, sans doute, un rendez-vous improvisé avec quelque chose qui sortirait de l’ordinaire, une fenêtre mystérieuse, un drap qui cachait des murs en réparation ou quelque personnage au comportement insolite, je remarquai une silhouette accolée à un arbre et qui semblait être particulièrement appliquée. Je m’approchai et l’interrogeai, elle me répondit qu’elle dessinait des larmes pour les arbres car ils avaient le tronc couvert de pansements, c’est qu’ils devaient souffrir, alors elle avait décidé de leur laisser exprimer leur souffrance, après leur avoir dessiné des yeux elle leur enjoignait des larmes transparentes qui sous la lumière du soleil devaient être encore plus brillantes.

Comme je ne semblais pas la trouver bizarre (l’était-elle ou craignait-elle de l’être) et je m’intéressais à sa nouvelle vocation de consolatrice d’arbres, elle me fit son plus beau sourire…

Je racontai cela à ma prof de l’académie, elle me dit qu’il s’agissait sans doute d’une performance dans le cadre du mois l’art dans la ville. Performance peut-être mais bien solitaire selon moi, ce qui n’est pas à priori le propre de la performance.

Je pensai à un autre moment d’empathie, à ma fille alors âgée de quatre ans qui se promenait le long de la Lesse. Régulièrement elle s’arrêtait pour vaquer à une besogne mystérieuse, nous laissant prendre de l’avance. Je me retournai, la voyais s’accroupir et manipuler des cailloux. Bête comme le sont souvent les adultes en manque de compréhension de leurs enfants, je lui demandai : que fais-tu ?  

"Je retourne les cailloux pour pas qu’ils meurent …"

Il est des êtres qui ressentent la souffrance de la nature sans que celle-ci se soit manifestée …


 

11:11 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Tags : arbre, larmes, empathie, cailloux | Lien permanent

21/10/2013

Arbres

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Les arbres sont de grands enfants

Qu’on a assignés à demeure

Pour je ne sais quel châtiment

Ils sont le repaire des orages

Les sarcasmes des vents

Les blessures de l’oubli

Mais toujours ils gardent le regard élevé

Pour dominer l’espace qui les a relégués

Au banc de la matière

Et pourtant

Ils savent tant de secrets perdus

Tant d’amours disparues

De serments débordés

Eux la conscience

Des âmes silencieuses …

09:53 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Tags : arbre | Lien permanent