01/07/2014

Du Sud

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Je croyais que tu venais du sud.

A la belle saison des émois, tes paroles fleuraient bon le soleil.

 

A l’époque de la grande glaciation

balayant les scories du passé,

les bonnes et les moins bonnes,

dans ton univers,

balayage pas sélectif.

 

Alors tes paroles se sont verglacées,

tes mots empêtrés dans les nouveaux frimas,

tes réponses floues

Environnement de plus en plus émacié.

Regard exclusif, aux œillères obtuses

Goulot d’étranglement du dialogue  subodoré

 

Il fut un temps où tes paroles sentaient le soleil et que tu disais venir du sud …


13:11 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (8) | Tags : dialogue, scorie, sud, glaciation | Lien permanent

25/06/2014

A la queue leu leu...

ours,ville

Imperturbables et placides, des ours occupent le territoire dans la ville ...

11:51 Écrit par Saravati dans Une photo, tout simplement ... | Commentaires (13) | Tags : ours, ville | Lien permanent

10/06/2014

Je vous tiens à l'oeil

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13:47 Écrit par Saravati dans Une photo, tout simplement ... | Commentaires (9) | Tags : chien, vitre | Lien permanent

04/06/2014

Charme discret...

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A l’écart du brouhaha

Derrière une fenêtre de théâtre

Dans la douce chaleur du bois frais

Charme discret ...

27/05/2014

Les coupures

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Sa fortune, on disait, qu’elle l’avait faite sur la misère, dans ces maisons abandonnées du temps de l’évacuation, on l’avait souvent aperçue dans ces lieux qui auraient pu devenir décombres

La réputation était faite, elle n’en avait cure. Elle grappillait le moindre franc à croire qu’il lui avait coûté sa dignité première. Elle avait pourtant sacrifié un peu de son magot pour payer des études à ses fils, qu’ils sortent du lot, qu’ils dénoncent l’opprobre où on l’avait si justement reléguée, elle et sa famille.

Fière de ses fils, elle était, l’un médecin des corps et l’autre sculpteur des esprits, instituteur de village, à la source de la connaissance, un jour, il deviendrait directeur d’école ou maire, qui sait !

A ce dernier, elle avait choisi une épouse d’un milieu supérieur, fille de bourgeois qui n’a jamais vraiment compris comment elle avait atterri dans cette famille à la réputation douteuse, avare et autoritaire, elle, la petite bourgeoise qui jouait si bien du piano, comment elle avait pu tomber amoureuse de ce rustre qui n’aimait que sa mère et comptait le moindre franc, comment elle avait pu lui donner quatre enfants, comment elle avait pu perdre tout contact avec la vie extérieure.

Quant à la mère, elle continuait à régner sur le cœur de son fils, vérifiant ses dépenses influencées par une enfant gâtée, habituée à assouvir ses caprices. Tous les soirs, il allait chez sa mère et laissait sa belle seule avec la marmaille, lui, de la marmaille, avait donné pour la marmaille des autres , des paysans, de temps en temps, un cerveau plus éveillé qu’il avait pris sur son aile, toute la journée, à torcher les cerveaux ! Elle devait aussi apporter son écot en sacrifice et dévouement.

Plus tard, beaucoup plus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer cette plante de serre sensible et fière, après qu’elle eut perdu une fille morte dans un accident de voiture et son mari, mort d’avoir trop vécu dans une insatisfaction récurrente.

Elle m’avait croisée, lorsque j’étais enfant, elle se souvenait de mon nom et de mon visage, elle s’est arrêtée près de moi et a commencé à me parler, c’était une âme belle et sensible, je savais qu’elle avait repris le chemin du clavier et qu’elle offrait gracieusement des leçons de piano aux enfants du village. Elle me prenait à partie comme si j’étais une proche parente et moi qui savais le parcours terne et morose qu’elle avait suivi, j’étais étonnée de cette lumière qui émanait d’elle, de cette intelligence qui avait dû extérieurement se saborder pendant toutes ces années de mariage. Elle m’expliquait que son mari était un collectionneur invétéré et que le grenier était plein de toutes les coupures de journaux qu’il avait pendant des années découpées et classées par thèmes, plus par addiction que par intérêt.
Et la première chose qu’elle avait fait après sa disparition, c’était de récupérer cet espace magique dont il l’avait privée pendant si longtemps, oui, elle avait tout jeté, sans le moindre remords …

12:18 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Lien permanent

20/05/2014

Sans parapluie

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C’est bien ma veine

Elle est encore en retard

En plus il pleut

Et la dernière fois qu’il pleuvait

Fichu pays

Je lui ai laissé mon parapluie

Peut-être qu’elle ne viendra pas

Et je vais devoir regarder

Passer les gens

Et leur cortège de parapluies

Qu’est-ce qui m’a pris

De fréquenter cette fille 

Sans parole ?

Si au moins

J’avais mis mon chapeau …

10:07 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Tags : parapluie, attente | Lien permanent

15/04/2014

Enchevêtr-autrement...

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J’ai oublié dans quelles réalités s’inscrivait cette photo.

Où elle a été prise et combien de personnages et de décors la composaient et la reconstituaient, autant de pièces de puzzles à rassembler dans le magma des ondes.

Vitrines, voitures, façades, publicité, cabine téléphonique, bureau : par quel étrange enchevêtrement toutes ces choses éparses s’étaient rassemblées en un seul lieu mais pas en une seule idée directrice…oui, l’image ne dit pas toujours ce qu’en l’instant nous captons, sa transparence parle autant que sa matérialité ...

 

08/04/2014

Chanter dans la nuit

néoréalisme, chanter

Dans la nuit, entourée des géants et des petits d’hommes, balayée par les lampions, la chanteuse avait défilé, silencieuse, à travers les rues du village.

Quand le cortège s’arrêta en plein milieu de la place face à l’église et bordée du traditionnel monument aux morts, la chanteuse se mit à chanter a capella dans ce décor qui n’en était pas vraiment un, sa voix de soprano monta et laissa derrière elle un grand souffle de lyrisme.

L’ambiance rappelait les vieux films néo-réalistes italiens.

Mais les jeunes générations ne connaissaient pas, ils s’approchèrent de la buvette restée ouverte.

La voix se perdit dans le brouhaha de la musique de fanfare et le tintement rythmé des verres de bière …


19:46 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Tags : néoréalisme, chanter | Lien permanent

31/03/2014

Dix graines ...

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Dix graines pour apaiser

Diluer la souffrance entretenue

Par les pensées moroses

L’amertume

La nostalgie

Dix gouttes curatives

Pour chasser les contrariétés

Dix gouttes pour oublier

Même si l’oubli n’est souvent qu’une césure provisoire de mémoire

 

Le film cassé finit par recoller les morceaux épars

Au gré d’une volonté soutenue mais pas toujours sincère

 

Ces dix gouttes fondues dans un liquide bienfaisant

Finiront par disparaître sous la langue

Qui maintient le contact

S’infiltreront dans le larynx

Et suivront la trajectoire obligée

 

Tu pourras toujours croire

À l’effet immédiat

Le placebo de rêve

Ta respiration se calmera

Et l’oubli se fera plus léger

Le temps que le corps digère les illusions...

Le meilleur placebo n’est-il pas le mental neutralisé

L’ataraxie programmée

 

L’éveil bouddhique,

Illumination

raviver sans effort

Les pans sombres

Du complexe cervical

Peut-être simplement

Laisser parler

La créativité sereine...

 

13:48 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Tags : granulés, placebo, ataraxie | Lien permanent

27/03/2014

Bouderie de pierre ?

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11:20 Écrit par Saravati dans Une photo, tout simplement ... | Commentaires (11) | Tags : statue | Lien permanent