12/10/2015

Le ciel, la mer et des ombres...

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08:40 Écrit par Saravati | Commentaires (6) | Lien permanent

08/09/2015

Travaux d'aiguille

 

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Dans l’embrasure de la fenêtre

Je dessinais son  regard sévère penché sur le travail

Le fil accroché à l’épaule par une épingle de nourrice

Elle filait doux les mailles perlées

 

Elle inventait

Des points magiques

Qui dessinaient des fleurs

Des branches

Harmonisaient des couleurs rares

Faisaient sourire les frisures

Au creux des nœuds

 

Même dans l’obscurité le fil la suivait

Sans rechigner

Ses yeux brillaient comme des étoiles

À l’ombre des bergers

Il se faisait douceur ou force tranquille

Selon la partition qu’elle dirigeait

En chef d’orchestre magistral

Et pourtant silencieux

 

Et moi, petite fille curieuse

Qui avait eu la chance d’apprendre

Les travaux d’aiguille à l’école

Parce qu’une fille se devait encore à l’époque de savoir manier les doigts

Je la regardais hébétée

Les aiguilles suspendues dans l’espace

Sans le ressort des aisselles

 

Je pensais que ces bras suspendus

Enserrant doucement les barres métalliques

Devaient sentir le poids de la pression

Je me disais qu’elle avait des pouvoirs

Pour lutter contre la pesanteur même infime

Des aiguilles hyperactives

 

Elle me disait

Dans mon pays

C’est ainsi que l’on travaille

Détaché du corps

En harmonie avec les pensées de l’âme

Qui furètent dans les coins des souvenirs.

 

11:05 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (10) | Lien permanent

31/08/2015

Hector

Deuxième version : Hector vue par Eglantine

 

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Je m’appelle Eglantine. J’appartiens à une famille modeste mais chaleureuse.

J’ai un petit frère que j’adore, Hector, qui est très beau et que tout le monde aime.

Depuis quelques mois, il ne me fait plus ses confidences comme par le passé.

Hector est amoureux, je le sens. Je l’ai aperçu l’autre jour au volant de sa vieille voiture avec une jolie blonde. Il a fini par la ramener à la maison car il n’est pas enclin aux cachotteries.

Elle est un peu excentrique Aglaé, je vois qu’elle a une grande influence sur Hector et j’ai un peu de mal à passer le relais.

Je crois qu’elle s’est bien rendu compte qu’Hector m’est attaché, alors elle se méfie un peu.

Elle vient à la maison à n’importe quelle heure, s’y incruste, pose ses marques.

Bien qu’autoritaire, elle a séduit toute la famille, a de longues discussions avec mon père, semble vouloir lui donner des conseils. Papa est marchand ambulant, ça fait plus de 20 ans qu’il vend des glaces, ce n’est pas un métier où les rentrées sont régulières mais on a adapté notre train de vie en fonction des saisons. Hector fait de petits boulots, il n’a pas fini ses études mais c’est un garçon courageux. Moi je travaille au service abonnements d’une association de consommateurs, je viens de me marier, j’habite à deux pas de la maison familiale mais je suis régulièrement chez les parents, encore plus, depuis qu’Hector « fréquente » parce que je ne voudrais pas qu’il tombe dans de mauvaises mains.

Ces derniers jours, Aglaé est un peu patraque, Hector est aux petits soins, ils tiennent ensemble de longs conciliabules dont rien ne filtre.

Aglaé s’arrondit, elle vient de nous annoncer sa grossesse. Hector prendra ses responsabilités : ils vont se marier d’ici quelques mois. D’ailleurs, Aglaé qui avait un petit capital vient de lui acheter une voiture flambant neuf pour remplacer sa vieille guimbarde et pour le futur confort de la mère et l’enfant.

Ils sont sur un nuage, Aglaé a proposé du travail dans la firme où sa tante est directrice du personnel.

Elle a aussi persuadé le père qu’il y avait aussi un poste pour mon père. Elle a trouvé un amateur pour racheter le camion, cela permettra de payer partiellement le mariage.

Car Aglaé veut un grand mariage, une belle robe blanche, une grande salle et beaucoup d’invités. Cela compensera le vide de vie familiale qui l’a affecté pendant son enfance.

Elle se charge de toutes les démarches : trouver une salle, contacter le traiteur, envoyer des cartons d’invitation, faire les listes d’invités, chercher un orchestre (c’est bien plus classe qu’un DJ)

Le ventre d’Aglaé s’arrondit (elle avait prévu une robe ample, heureusement !). Les nausées ont disparu, les jumeaux se portent bien ... mais je n’ai pas eu le droit de voir les échographies jusque maintenant, elle me dit être un peu superstitieuse ...

Dans un mois, Hector et Aglaé se marient (il commence à être temps) mais j’ai encore des doutes sur les facultés d’organisation d’Aglaé : rien ne transparaît, elle maintient le plus grand secret. Quelques membres de la famille ont réagi par rapport à l’invitation.

Je ne connais pas la salle qu’elle a réservée, elle me dit que c’est une salle qui vient juste d’être inaugurée et qu’ils n’ont pas encore fait de publicité.

Alors, j’ai un peu fouiné, l’adresse est un peu floue, j’ai trouvé sur un papier d’Aglaé le nom du traiteur : ce n’est pas n’importe qui : c’est le plus réputé de la région. Je suis un peu inquiète car ses tarifs ne sont des plus démocratiques.

Un jour de congé, je décide de me renseigner et d’aller trouver le traiteur : celui-ci, effaré, n’est au courant de rien, il épluche son planning mais ni Hector ni Aglaé ne font partie de son listing.

Entretemps, Aglaé fait la navette entre la clinique et la maison, ses bébés devraient bientôt naître, chaque fois, elle revient, déçue : ce n’est pas encore le moment, le gynécologue a dû se tromper dans les dates et le ventre ne grossit plus vraiment...A force de lui poser des questions, Aglaé avoue qu’il s’agit d’une grossesse nerveuse et que les bébés, ce sera pour plus tard, après le mariage.

Mon père n’a pas trouvé l’emploi espéré, il n’a plus de camion et pas de moyens pour en racheter un.

Seul Hector surnage au milieu du déluge d’imprécisions, de troubles de vérités.

Il est toujours aussi amoureux de son Aglaé et lui pardonne tout. Je ne sais pas ce qui va se passer.

Dernièrement une femme est venue sonner à notre porte, elle prétend être la maman d’Aglaé.

Elle dit qu’elle n’a plus qu’elle comme famille depuis qu’elle a fait de la prison, qu’Aglaé doit l’aider et sa nouvelle famille d’adoption aussi. Mes parents sont restés sans voix, ils croyaient qu’Aglaé était orpheline. La mère fraîchement arrivée nous révèle qu’avant sa détention, elle avait fait soigner Aglaé qui souffrait d’un grave trouble de personnalité accompagné de mythomanie.

Nous en sommes là aujourd’hui. Hector ne voit qu’une chose : Aglaé l’aime vraiment et le reste, au fond, n’est que secondaire...


10:06 Écrit par Saravati | Commentaires (6) | Lien permanent

25/08/2015

Hector

1ère version : Pour l’amour d’Hector

 

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Cette famille est bien sympathique. C’est la famille d’Hector. Tout de suite, ils m’ont acceptée, ils m’ont fait confiance.

Hector, c’est mon copain, il a 20 ans, c’est le plus beau des copains que j’ai jamais eus. Il est tendre, sensuel, touchant dans sa maladresse amoureuse, peut-être que je l’intimide toujours.

Ça a été le coup de foudre. Surtout pour moi. Celui-là, il fallait le garder, plus que les autres, une aubaine.

Alors, je n’ai rien dit pour ma famille. Celle dont je ne veux pas parler. Mon père si violent qui n’est plus. Et ma mère névrosée qui l’a aidé à ne plus être et que je n’ai pas vue pendant quinze ans.

Il paraît que ce sont ces années d’enfance et d’adolescence qui forgent la personnalité d’adulte.

Moi, je suis devenue adulte sans l’aide de personne. Alors, parfois je fignole un peu la réalité pour lui donner un peu de relief.

Ça, Hector ne doit pas le savoir, ma famille marginale qui n’en est pas une. Je le lui dirai quand il m’aura acceptée complètement.

Ses parents aussi sont gentils. Quand je leur ai annoncé que j’avais eu des mots avec mon propriétaire (une vraie teigne, celui-là !), ils m’ont proposé, en attendant de trouver autre chose, de venir habiter chez eux. J’y suis bien et je ne cherche pas vraiment autre chose.

Tout ça, c’est normal, je vais bientôt faire partie de la famille. Bien sûr que ce n’est pas Hector qui a eu l’idée. Hector suit les idées des autres, en l’occurrence les miennes. Il m’adore.

Je crois que j’ai beaucoup d’influence sur lui. Cela me touche aussi parce que je l’aime bien et je voudrais le garder…longtemps.

Alors je n’ai pas pris mes précautions et je me suis retrouvée comme la fille dans la chanson de Renan Luce avec « un petit habitant…sous le nombril ».

Ça va accélérer les choses. Hector prendra ses responsabilités. Il a été élevé comme ça dans la bonne tradition judéo-chrétienne : tu casses, tu paies.

Ma voilà devenue un objet rare, un objet précieux qu’il faut protéger des aléas de la vie.

Moi qui ai dû grandir toute seule, on s’affaire autour de moi, on me bichonne, on me sert comme une princesse, je suis porteuse de pérennité pour la famille, moi qui suis née de la violence.

Il faut que je leur fasse un cadeau, les cadeaux sont une preuve d’amour. Quand on m’aime et qu’on me le fait sentir (je n’avais connu ça avant) j’ai envie de le crier.

La voiture d’Hector est vieille, rouillée, cahotante et sur les pavés, elle me fait tressauter moi et le petit. Je vais lui faire la surprise, j’ai un petit magot sur mon compte en banque, j’ai vu l’œil d’Hector briller quand il a vu la pub pour …

Il en est resté baba, je ne fais jamais les choses à moitié, d’ailleurs, le bébé, il est pas tout seul, ils sont deux, des vrais jumeaux, je pense, l’échographie n’est pas très claire…

Ma famille, l’autre, ce n’était pas n’importe qui : mon père travaillait dans le commerce international, directeur de sociétés avec plein de collaborateurs. Il n’a pas eu le bonheur de connaître l’essor de la Chine et le déferlement de ses produits sur le monde entier. Il aurait pu réaliser des affaires fabuleuses et nous aurions été encore plus riches.

De toute façon, l’argent, c’est fait pour circuler. Et cette nouvelle voiture aussi. Comme je suis fière de m’y pavaner avec mon bel Hector !

Le pauvre, il vient de perdre son emploi, restructuration, crise, concurrence étrangère, tout le fatras des beaux prétextes pour mettre la clé sous le paillasson après avoir grassement empoché les subsides de l’état.

Je vais aller voir tante Sophie, elle est directrice de R.V., les cosmétiques par correspondance, je travaille comme secrétaire chez elle et je peux emporter tous les produits que je veux. C'est vrai qu’on s’est un peu perdues de vue hors travail depuis que ma mère est sortie de prison. Mais je n’ai rien à voir avec les humeurs de ma mère et encore moins ses penchants meurtriers. D’ailleurs, pendant toutes ces années de taule, je n’ai eu aucun contact avec elle. Les psy disaient que c’était mieux pour m’éviter des traumatismes ultérieurs. Ma mère, on s’est saluées et puis bye. Tu m’as assez embrumé la vie. Tu as payé, mais, moi aussi : montrée du doigt, la honte, les chuchotis derrière mon dos…Je te renie. J’ai une vraie famille, aimante, où l’on ne s’entretue pas pour un oui pour un non. Je montrerai que la famille, ce ne sont pas les gens qui vous donnent la vie mais une affection réciproque. Ils me la donnent et je la leur rends. Donc, j’irai voir tante Sophie pour demander un emploi pour Hector.

Et quitte à faire, pour mon beau-père aussi. C’est dur de le voir trimer à vendre des glaces en itinérant. Depuis 20 ans que ça dure (l’âge d’Hector : il est né avec l’avènement de la crème glacée dans la famille, brrr ça jette un  froid, quelque part !) . six jours sur sept, tard le soir, la tombée du jour, pour quelques glaçons et des clopinettes. S’il devenait chauffeur chez RV cosmetics : sécurité d’emploi, droits sociaux, pension, rentrées fixes. Oui, je vais en parler à Tante Sophie, elle m’adore, elle ne peut rien me refuser. Elle sait combien j’ai souffert.

Elle sera d’accord pour Hector, pour son père aussi. Il pourra remettre son affaire. Tiens, j’ai trouvé des amateurs, un pour son camion, l’autre pour ses frigos, une affaire rondement menée !

Je suis vraiment efficace, j’ai l’impression d’être le maître d’ouvrage dans un épisode des  Sims ...


17:10 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (12) | Lien permanent

19/08/2015

A Patricia

Je sais à quel point tu aimais  les arbres ...forêt 2 IMG_0321.jpg

Peut-on aimer quelqu’un qu’on n’a jamais rencontré ou qu’on ne connaitra jamais plus ?

Elle m’avait dit : si tu viens à Paris ... je n’ai pas répondu à l’invitation ...les circonstances de la vie rendent pourtant certaines personnes incontournables en dehors des restrictions matérielles.

Partie dans la discrétion comme elle avait vécu

Je l’avais rencontrée sur mon blog qu’elle fréquentait assidûment.

Et c’est ainsi que je l’ai découverte à mon tour, une artiste sensible, variant les techniques avec beaucoup de talent.

Nous nous sommes écrit plusieurs fois et ses mots avaient cette belle faculté d’émouvoir.

D’elle, j’attendais ses commentaires si généreux, sa faculté de voir la beauté, sa faculté de la sublimer par ses dessins.

J’aimais ses œuvres si sensibles et l’aura qu’elle donnait aux choses simples, c’était un plaisir d’aller chez elle car à nos commentaires, elle ajoutait une dimension empathique et sincère.

Toujours attentive à l’autre, elle percevait l’essence des choses et des gens.

Parce que je m’étonnais de ses silences, elle m’a parlé de sa maladie.

La nouvelle de sa disparition m’a rendue très triste, perdre une amie l’est toujours, mais perdre une amie aussi exceptionnelle l’est encore davantage.

Je suis allée comme une âme en peine retrouver ses traces qui étaient devenues rares, parce qu’elle avait perdu la vitalité qui caractérisait son art...

Belle Patricia, comme tu vas nous manquer ...

http://patriciabenoliel.canalblog.com/

13:27 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent

16/08/2015

Vous avez dit : surréaliste ?

 

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Dans cet appartement plutôt désert, elle avait perçu une légère odeur de Magritte.

Décor réduit à l’extrême, guirlande de lampes fantoches et lampadaire rentier qui promettait de transmettre une lumière venue d’ailleurs. Même la tasse de thé vert qu’elle tenait fébrilement semblait prête à se dissoudre.

Combien de temps dut-elle poser pour ce sténopé d’intérieur ?

Elle n’en a nul souvenir ni d’être entrée dans cet univers flou.

Seule une photo imprécise peut attester les faits.

09:51 Écrit par Saravati | Commentaires (4) | Lien permanent

24/07/2015

Mises à l’écart

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Pour contrecarrer les maniaques des belles automobiles, j’ai décidé de donner tribune à celles qu’on n’ose à peine regarder, celles qui ont souffert des affres du temps ou des coups de l’infortune, celles qui reposent en paix dans un casse en attendant d’être broyées, celles qui ont vécu dangereusement emportant dans leur fièvre des conducteurs imprudents.

Hommage à ces carrosseries raplaties, ces vitres feuilletées en mille éclats, ces pneus dégonflés qui ont donné leur dernier souffle, ces sièges lacérés...

Epaves, avez-vous une âme ?


08:43 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent

07/07/2015

Colombo : une enquête ...

Ambiance de café tenu par des jeunes mais accessible à tous, très bruyant, très enfumé (- à l’époque c’était encore permis).

Chaque soir ou presque, des objets disparaissent, des objets abandonnés un instant par des clients occupés : une veste en cuir, un sac de sport avec kimono , des téléphones portables, des parapluies, des sacs ...

 

Un jour un client entre avec son superbe vélo pliant, objet de convoitise pour de nombreux voleurs potentiels (c’est petit, ça coûte cher et c’est super pratique), il le dépose au pied de sa table, converse avec ses voisins.. Soudain, il jette un œil à ses pieds : le vélo a disparu, tour de magie d’un magicien invisible

Branle-bas de combat dans le café : on ameute l’assemblée, on s’affaire dans les coins et recoins.

Malgré toutes ces ondes volontaires, l’objet ne se rematérialise  pas

 

Arrive un habitué, on le questionne (on ne sait jamais)  : as-tu pas vu quelqu’un qui sortait d’ici avec un petit vélo ?

Oui,  Colombo !

Colombo ? Ce gentil monsieur entre deux-âges qui vient régulièrement boire un verre après son travail et qui possède une voix copie conforme de la doublure en français de l’inspecteur Colombo. Mais ce Colombo n’est ni navigateur au long cours, ni inspecteur de police ou alors étrangement recyclé ! Il est médecin et il habite juste à coté.

 

Mouvement de foule, empathie pour le délesté : une délégation déjà un peu éméchée sonne chez Colombo.  A l’étage de son appartement, une lumière est allumée atteste de sa présence.

Mais il ne répond pas.

 

Alors d’un seul élan, toujours en groupe, on décide d’aller à la police. Face à ces regards déterminés, les policiers finissent par céder, il leur arrive parfois de réaliser qu’ils sont aussi au service d’honnêtes citoyens

 

Docteur Colombo doit s’exécuter, ouvrir la porte et dévoiler sa caverne d’Ali-Baba.

Dans la chambre, une foule d’objets hétéroclites n’ayant aucune raison de cohabiter, forment les pièces d’un musée clandestin parmi lesquels des sacs, parapluies, téléphones, foulards …et un petit vélo dernier-cri ...

Dr Colombo devra s’expliquer et avouer sa kleptomanie, rendre à chaque César ce qui lui appartient.

Depuis, il a déménagé dieu sait où et on ignore si la clinique où il travaille l’a gardé à son service. A moins qu’elle possède un département de traitements des TOCS à qui il a dû promettre de se soumettre.

Après avoir, bien sûr, rendu à ses collègues, le petit souvenir que son besoin irrépressible leur avait habilement extorqué…


 

11:07 Écrit par Saravati | Commentaires (9) | Lien permanent

30/06/2015

Pause prandiale

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12:42 Écrit par Saravati | Commentaires (3) | Lien permanent

23/06/2015

Concert raté

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C’était une de ces soirées classiques de l’été, une soirée musicale dans le parc d’un château qui en soit est devenue un nouveau genre de culture. Culture pour les mélomanes mais surtout pour ceux qui ont les moyens avec des prix d’entrée pas démocratiques. Quelqu’un m’avait offert des places et j’avais donc décidé de me noyer dans la foule.

Mais le temps n’était pas de la partie, les organisateurs n’avaient pas suffisamment soudoyé le maître des cieux pour qu’il leur accorde une petite trêve d’accalmie. Les orchestres se succédaient sous le couvert d’une estrade protégée et les parapluies constituaient le reste d’un ballet pas esthétiquement orchestré.

Là aussi règne une sorte de hiérarchie : plus un groupe est célèbre plus on prend soin de lui.

A la fin de la soirée se produisait un groupe musical de jeunes musiciens et j’avais hâte de boire un bol d’air frais. Par chance je trouvais une place au premier rang et je regardais les musiciens installer leurs instruments puis pendant un court instant s’asseoir et se retrouver seuls au milieu de la foule à partager un unique moment avec leur violon, leur harpe, leur piano.

Une jeune asiatique dépliait son répertoire concentrée exclusivement sur son superbe violoncelle avec qui elle faisait corps, j’admirais son attention délicate, son recueillement religieux et cette faculté qu’ont les artistes de s’intérioriser sur leur propre univers.

Devant elle, une dame d’âge mûr déguisée en marquise attendait son heure de gloire quand elle présenterait le groupe, elle paraissait inquiète et pressée guettant du coin de l’œil un ciel noir et pourtant menaçant.

A peine l’orchestre commença-t-il son concert dans cet endroit féérique que la pluie se mit de la partie. Le groupe n’était pas suffisamment renommé pour qu’on imagine de le protéger des intempéries. Aussitôt les instruments furent repliés recouverts et les musiciens se dispersèrent dans un grand fracas.

J’avais pour ma part pu jouir d’un moment d’exception en regardant la jeune violoncelliste taquiner son instrument.


10:35 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Lien permanent