23/09/2008

Ile d’Oland

oland fleurs eau réduit 2

 

Le sud de l’ile d’Őland est un territoire dévasté et majestueux dans sa sobre plaine, dans ces arbres isolés perdus au milieu d’une végétation de landes, avec ces cimetières-menhirs aux pierres d’un autre âge et ses fleurs dispersées parmi les touffes vertes et les cailloux.


signé oland ballots oiseaux réduit 2



Je suis arrivée trop tard dans la saison : le jaune des moissons n’est plus qu’un souvenir, ce sont les couleurs terre et verte qui embrassent le paysage stylisé.

Déjà, les oiseaux sillonnent le ciel dégagé, se rassemblent sur les fils électriques, présage d’un départ imminent vers un pays plus chaleureux.

Des kilomètres sans aucune habitation, un ciel bas. Quelques moulins en bon état mais apparemment non utilisés, évoquent, de manière naïve, la parenté phonétique avec l’autre Hollande, notre proche voisine.

Une île porteuse de retraite spirituelle, une île où l’on se repait de la langueur des paysages.

Dans cette partie inhabitée, rien n’est changé, semble-t-il, depuis l’époque des Vikings, quand ils quittaient par la mer cette étendue pierreuse, ces landes désolées et sauvages pour partir à la conquête du monde. Au détour du chemin, je m’imagine apercevoir à contre-jour leurs hautes statures casquées ou plus loin encore, sur la Baltique aujourd’hui apaisée, la silhouette hautaine de leurs impétueux drakkars.

 

oland arbre pierre réduit 3 texte

 

12:06 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (3) | Lien permanent

14/08/2008

Vacance

Je repars vers le nord, vers les grands espaces verdoyants, vers les immenses étendues marines, loin du bruit des grandes villes polluées et de la course effrenée de leurs habitants.

J’espère y trouver une sérénité bienveillante, accompagnée de mes livres pour me rassasier de l’écriture des autres ; de mes cahiers pour y jeter ça et là quelque impression fugace; et mes photos, celles que j’imagine pouvoir composer au gré de ma perception. Mais je ne suis pas en mission, je n’ai de comptes à rendre à personne. Peut-être que je ne ferai rien de tout cela, peut-être que je ferai beaucoup plus ou beaucoup moins !

Je vivrai de l’air du temps et au rythme de mon temps subjectif.
Intermède.

09:38 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (7) | Lien permanent

10/08/2008

Inspiration blogueste

Je pourrais vous parler de l’actualité brûlante, mais tant de blogs en parlent, les médias aussi.

Je pourrais vous parler de mes états d’âme, mais ils n’intéressent que moi, et encore les jours de bonne humeur, les jours de grisaille, je n’ai pas trop envie de me dévoiler.(sans doute un regain d’amour propre !)

Je pourrais vous parler de ma famille, de mes amis, mais je préfère garder le secret de leur jardin qui n’appartient qu’à eux  : je n’ai pas envie d’être accusée de délation ou de manque de discrétion.

Alors je regarde les choses de la vie, les choses simples, la pluie qui pour l’instant se déverse sur la pelouse, aussi efficace pour redonner au tapis vert sa belle couleur que pour booster les mauvaises herbes toujours à l’affût d’une expansion colonialiste, la fumée suave qui s’élève au-dessus de la tasse de café (ce même café que j’ai encore pris trop tard et qui me promet quelque belle insomnie, le chat aux aguets à quelques pas des oiseaux dégusteurs de cerises (pas trop efficace, le matou et les oiseaux n’en ont cure : le chat préfère les croquettes aux roulades plumeuses).

Pendant que ma fille me raconte des anecdotes navrantes (et qui ne font rire que ceux qui ne les ont pas vécues) de « Vie de merde »  (site à visiter au moins une fois pour se rendre compte qu’il y a toujours pire que nos petits ennuis !).

Peut-être prendrez-vous cela pour du désoeuvrement, peut-être en est-ce ? Peut-être pas !
Mais c’est aussi une façon pour moi d’illustrer les multiples facettes du langage littéraire : porteur d’ambiance, porteur de message ou simplement chapelet de mots mis côte à côte pour former une farandole magique.

11:25 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (6) | Lien permanent

15/06/2008

Filtre

J’ai ouvert les rideaux
Sur la toile du ciel
La masse sombre des feuilles
D’un sureau voisin
Ne tamise
Qu’un pan éraillé
de flocons nuageux.

10:25 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (1) | Lien permanent

07/05/2008

Multifaces des sens

Le poète, dans un grand souffle d’inspiration spatiale a dit : « Les sens sont des jouets merveilleux ». Bien sûr,  il l’a dit dans un cadre littéraire précis, dans un moment de parfaite connivence avec la nature et le corps.

Moi, je ne suis pas poète, je suis plutôt terre à terre ;  je manipule parfois malhonnêtement les concepts, les isole de leur véritable contexte. 

A ce poète qui exalte la beauté des sens, je réponds aujourd’hui :

Les sens, que vous appellez ces jouets merveilleux, peuvent aussi nous jouer bien des tours :

hallucinations, peurs irraisonnées, voix des schizophrènes, odeurs insupportables, hypocondrie…

Pour garder la tête froide face à des manifestations qui nous dépassent, il faut savoir décoder les signes, prendre de la distance par rapport à son environnement immédiat.

Oui ces sens si précieux subissent parfois des erreurs de programmation, peuvent nous emmener dans un monde à la limite de la folie

La folie elle-même a de multiples visages, la créativité aussi ; toutes deux défient les règles élémentaires de la banale perception.

Les limites entre ces mondes sont ténues. L’important est de se sentir bien dans sa peau avec ou sans étoile. Mais l’important aussi est de s’intégrer dans une société qui bien souvent ne comprend pas ce qu’elle considère comme des déviances.

Si quelqu’un a la chance de vivre sous une bonne étoile et d’être reconnu par ses pairs, comme le poète qui peut  percevoir la beauté et l’essence des choses, sa créativité sera encensée.

Mais à côté de cela, combien d’âmes tourmentées restent-t-elles dans un brouillard solitaire, sans même imaginer pouvoir partager un segment de lumière avec quiconque ?

13:13 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (1) | Lien permanent

02/05/2008

Les mots fous

Les mots fous se rient de la rigueur des idées

15:00 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (0) | Lien permanent

24/04/2008

Perte et techniques de conservation de mémoire

Je ne sais ce qui m’arrive aujourd’hui.  Fatigue ? Dispersion de l’esprit à travers de multi-tâches, spectre d’un Alzheimer précoce ?
Les objets ne cessent de me jouer de vilains tours, disparaissant un à un de mon champ de vision, sans aucune intervention extérieure apparente. J’ai différentes interprétations de la disparition des choses, disparition matérielle ou disparition fictive (activée mentalement suite à un manque ou à une trop grande concentration).

Ici il s’agit de documents pour l’instant d’une grande importance pour moi : notes de stage, notes de cours préparatoires à un examen imminent. J’ai beau être convaincue qu’il suffit de les reléguer à l’arrière plan de mon cerveau pour détourner leur attention ; pour l’heure rien n’y fait : je ne les vois toujours pas revenir. Je marchande ici sur l’esprit de contradiction des choses qui nous taraudent, mais elles n’en sont pas dupes…

Que ne sommes-nous des machines qui pourraient être réinitialisées, défragmentées, pour laisser la place aux informations nouvelles ?
Hélas, avec le temps, les données emmagasinées dans le cerveau se saturent sans disparaître pour autant,
A côté de notions nouvelles, fraîches, cohabitent des lambeaux d’informations dépareillées, enlevées de leur contexte, devenues inutiles, des neurones disparaissent emportant avec eux des éléments précieux  

Pour combler nos lacunes, nous avons inventé l’écrit, puis l’ordinateur et sa mémoire : mais ce sont là aussi des techniques qui peuvent disparaître du jour au lendemain : victimes d’un incendie, d’un court circuit, de variations de tension, d’un bug, d’un virus malveillant.

Autour de nous, il y a plus d’ennemis invisibles que d’alliés inconditionnellement efficaces.

Et la course du temps pour chacun de nous, continue inexorablement…

13:54 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (0) | Lien permanent

21/04/2008

Technologie et métaphysique

Il y a des journées étranges où le mélange des activités constitue un cocktail étonnant.

Haute technologie et recherche métaphysique furent les thèmes principaux de ce samedi avec en prime accessoire un passage gourmand dans un supermarché d’alimentation italienne.

robot-asimoHaute technologie : visite au Pass, parc d’aventures scientifiques. Rencontre avec Asimo (Advanced Step in Innovative Mobility), enfant chéri de Honda, petit robot à la bouille sympathique qui nous fit la grâce d’une démonstration de servitude domestique. Physique angélique, rien à voir avec le profil inquiétant du robot « BigDog » financé par l’armée américaine.

Recherche métaphysique : le soir, j’ai assisté à une représentation consécutive  à un « stage de voix » . Il s’agit d’une démarche originale d’Anne-Marie Blink, musicienne néerlandaise,  pour aller puiser aux sources de la voix originelle, aller chercher au fond de soi les angoisses les plus profondes, les douleurs enfouies et les expulser par des cris primaires avant de tout transformer en chant : moment d’intense émotion.

Ma fille, celle qui depuis l’adolescence ne voulait pas chanter avec nous quand nous faisions les fous dans la voiture en  braillant d’une seule voix discordante la chanson de Rina Ketty « J’attendrai le jour et la nuit… »,  ma fille a chanté seule devant l’assemblée d’une belle voix chaude et profonde. Ce chant que j’attendais depuis longtemps a heurté ma carapace de fausse indifférence et libéré des larmes honteuses que j’aurais voulu cacher.

Peut-on, à travers l’art, retourner dans le passé pour le réécrire et apaiser les tensions ?

Rencontre avec les participants. Echanges de propos standard.

Le moment d’émotion se dilue dans la réalité matérielle. Chacun reprend son visage habituel et s’en retourne chez soi.

Les stagiaires détendus décident de prolonger la soirée ensemble autour d’un verre, d’une table.

Oui, les exigences temporelles finissent toujours par reprendre le dessus.

12:44 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (3) | Lien permanent

15/03/2008

Lire et écrire : passions surannées ?

Si petite que j’étais, j’ai toujours aimé les livres avec le corollaire : j’ai toujours aimé écrire.
Nous n’avions pas la télévision (c’était moins courant à l’époque et ce n’était pas comme aujourd’hui, un choix écologique ou d’opinion).

Nos loisirs étaient de plein air : courses folles dans les champs, cache-cache dans les dépendances de la ferme voisine ou de l’ancien atelier de charron de mon grand-père, jeux de bille, promenades interminables à vélos… C’était un bonheur pour nous et nos cousins de vivre dehors, sans danger, sans menaces.

Les jours de pluie quand nous étions seuls, les livres étaient notre compagnie silencieuse. Très vite les jouets donnés pour les fêtes ou les anniversaires furent remplacés par des livres. Et puis, il y a avait la bibliothèque dominicale de la commune dont j’étais une fervente abonnée.

A l’époque, on accordait beaucoup d’importance au bien écrire dans les classes de primaire. Dès la troisième année, on commençait à faire des rédactions. Je m’étais découverte une plume facile, et avec l’aide de mon oncle qui corrigeait quelques petites erreurs, je peaufinais de jolis petits textes. Je peux me permettre de le dire car l’institutrice me demandait de les recopier dans son cahier de modèles. Je l’ai rencontrée dernièrement, elle m’a rappelé ce souvenir et m’a dit qu’elle a toujours gardé ce cahier. Quelle fierté de faire partie des archives de quelqu’un, d’avoir été une célébrité à (très) petite échelle ! (mes textes furent lus devant plusieurs générations d’élèves, m’a-t-elle certifié).

A l’école secondaire, c’était la grande époque des dissertations et j’avoue que j’ai été le chouchou de quelques profs de français car j’aimais beaucoup la littérature et je dévorais les livres et même les journaux.

Je n’ai rien perdu de cette boulimie, bien sûr, le temps m’a manqué souvent. Heureusement les nuits d’insomnie sont longues. Et aucun instant n’est perdu s’il est passé en compagnie d’un livre. Je peux attendre des heures dans une file, qu’importe si j’ai quelque chose de passionnant à lire !

J’avais perdu l’habitude d’écrire, hormis des lettres de réclamation, des courriers juridiques ou quelques pensées personnelles les jours de cafard.

Internet est arrivé chez nous quand ma fille est partie vivre aux Etats-Unis. Nous avons correspondu par email pendant des mois. Au fur et à mesure je voyais son style se détériorer sous l’influence de l’américain et aussi par empressement. Je m’efforçais donc d’utiliser mes plus beaux mots pour communiquer avec elle afin qu’elle garde un contact avec sa langue maternelle.

C’est vrai que tous les moyens de communication moderne (chat, email, sms, images ) ont éraflé le goût du beau langage et vous qui me lisez à l’instant faites partie comme moi d’une espèce qu’on pourrait croire en voie de disparition. Quoique…

J’ai entretenu sur internet des conversations avec des amis au sujet de critiques de films et de livres. Pour (re)commencer à écrire, il faut s’accrocher à des éléments concrets de son environnement, c’est plus facile dans un premier temps. Ensuite vient (ou ne vient pas) la période de la créativité. J’espère être modestement arrivée dans cette deuxième phase.

J’ai découvert par l’intermédiaire d’un proche l’existence des blogs et la caverne d’Alibaba d’idées que les blogs peuvent receler. J’ai d’abord réagi à des textes qui m’interpellaient et j’ai repris goût à l’écriture fluide. C’était une sensation grisante retrouvée, puisée au fond de ma mémoire d’enfant studieuse.

Je me suis convaincue que moi aussi j’avais quelque chose à dire : j’ai observé mon entourage et j’ai exprimé ce que je ressentais : c’était agréable, libérateur.

Aujourd’hui, ce besoin d’écrire est sous jacent, il revient dans des moments où je ne m’y attends pas et je me laisse voluptueusement entraîner par lui. Cela durera tant que j’en éprouverais le besoin personnel. Même si d’aucuns disent que la littérature « n’est qu’un leurre, que ce n’est pas  la vraie vie ». (blog Hermes007)

A l’instar des médecines parallèles tant décriées par leurs opposants : qu’importe l’efficacité scientifique ou la prise sur la réalité objective, du moment que cela nous fait du bien que ce soit mentalement ou physiquement.

Aujourd’hui, à cet instant précis, dans ce lieu déterminé, l’écriture m’aide à vivre, à filtrer la lumière à travers l’opacité de la vie. Cette ambition me convient et me suffit.

20:20 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (5) | Lien permanent

07/03/2008

Mon mentor

Je dois enfin vous l’avouer :
J’ai un mentor, un vrai mentor,
Avec un corps et un esprit.
Il m’a harcelée depuis longtemps
Pour que j’écrive.
Il me trouvait, soi-disant, du talent.
Comment ? Je l’ignore.

De guerre lasse, je me suis résignée
A lui obéir.
C’est un vrai mentor
Sur qui je peux compter,
Une sorte d’impresario.
Il me rappelle
Les engagements qu’avec moi-même
J’ai signés.

Il me réveille la nuit,
Par association d’idées,
Quand le virus de l’écriture
Vient me chatouiller.

Je lui dois, non mon inspiration
Que je revendique mienne,
Mais le signal du départ :
Celui qui m’a envoyée
Errer sur les chemins
Tourmentés de la littérature.

10:16 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (2) | Lien permanent