05/12/2008

A une étoile nommée PIERRE DE LUNE

Dans ton dernier message, juste avant ton départ d’ici, tu disais :
Les mots s’enfuient et ne reviendront pas de sitôt. 

lune maison 2 red
Pierre de lune, ce texte - je l’ai gardé-  sonne comme un testament, mais comme les chats, nous pouvons sans doute avoir plusieurs vies.

Je ne te connais pas assez et je n’ai nullement le droit ni l’intention de te retenir dans cet univers factice, mais ce que j’ai connu de toi à travers tes textes et tes commentaires avisés ne me donnait nullement une image négative, quelques coups de spleen parfois, beaucoup d’humour surtout, de l’autodérision encore.
Une sincérité rare et précieuse que tu savais élargir jusqu’à nous.

La maladie t’a fait entrapercevoir une autre facette de toi, a restauré plus encore ce goût de vivre, même si c’est différemment. La sensibilité dont tu imprègnais tes textes est toujours là, touchante et belle. A l’image de cette lumière dorée d’après l’orage qui relève les contours du ciel.

Je te souhaite bonne route, j’espère te rencontrer au détour de ton nouveau chemin.

22:29 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (4) | Lien permanent

28/11/2008

Les cris de l'écriture

L’écriture dans ses premiers retranchements,au seuil de la conscience
Est un cri d’amour ou de révolte
Un cri d’affirmation ou de souffrance

Dans ce monde où tant de cris se mélangent et se percutent
Dites-moi
Comment pourrais-je reconnaître votre voix ?

18:27 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (7) | Lien permanent

25/11/2008

Quand le noir et blanc s’envole

J’ai perdu mon repère, mon bel appareil ancien. J’ai lâchement abandonné mon fidèle compagnon de voyage. Dans un coin sombre, oublié, il savoure sans entrain une retraite forcée. Je lui dédie ce texte.

 


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Etes-vous toujours dans les nuages
Vous le peintre rencontré au hasard des chemins ?
Avez-vous dépoussiéré votre palette grise et noire
Avez-vous, comme moi, découvert la force imposante des couleurs ?

Moi aussi pendant des années
J’ai vu le monde en noir et blanc
Même encore aujourd’hui
Les couleurs me parlent peu,
Dans mon viseur, elles s’aplatissent, se ternissent
Elles ne coïncident pas avec mon approche d’une réalité filtrée

Peut-être garderai-je toujours la nostalgie
Des photos argentiques
De la naissance progressive des ombres et de la clarté
Sous la pellicule bercée par la lampe jaune ou rouge
De ces bains mystérieux révélateurs de vérités subjectives

De cet émoi derrière une tenture d’un labo de fortune
A la lampe si crue après la douce obscurité :
La découverte des contrastes
La répartition parfois anarchique de la lumière
Les gros blocs d’ombre qui plombent l’ambiance
Les regards sombres ou clairs

Zapping noir et blanc

11:49 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (5) | Lien permanent

24/11/2008

Rencontre dans un jardin

fleur blanche red
Un jour, à la rencontre de nouveaux paysages, j’ai atterri par hasard dans le jardin de Sylvie. Le jardin était si beau, sentait si bon, les photos de fleurs étaient si lumineuses - on avait l’impression de pouvoir les respirer et les toucher- que je n’ai pas pu m’empêcher de dire mon admiration. C’était digne d’un livre d’art ! Sylvie parlait peu ou pas sur ces photos.

Touchée par mon commentaire, elle est venue à son tour voir mon jardin qui n’est pas fait de plantes. Et comme on dit toujours dans ces cas-là, elle m’a dit qu’elle aimait lire et qu’elle reviendrait. Nous nous rendions ainsi des visites réciproques en laissant de temps en temps un petit mot d’appréciation.

Un jour, en pensant à son jardin, j’ai écrit une toute petite pensée que je lui dédiai.
Elle me répondit que cela l’avait touchée mais qu’elle-même avait du mal à écrire. J’essayai de l’encourager : l’écriture est une gymnastique qui s’améliore en faisant de l’exercice. Il faut simplement plonger, ne pas avoir peur du quand dira-ton…

Quelques jours plus tard, Sylvie m’écrivit qu’elle avait eu une idée en lisant mes textes, elle avait eu envie de me demander d’écrire son histoire.
C’est une immense preuve de confiance qu’elle me témoigne ainsi.

Ce que je vais vous présenter bientôt (ça fait presque bande-annonce de cinéma !), c’est l’histoire de Sylvie ou du moins quelques tranches de vie que Saravati a assaisonnées à sa façon en essayant de respecter l’authenticité et la sensibilité de Sylvie. Sylvie me donne des détails, je lui pose des questions, je suis très sensible aux ambiances, il faut que je me mette en situation d’ambiance avec des éléments qui ne viennent pas de moi. Les textes que j’ai écrits ont été approuvés par Sylvie.

Pour moi, c’est une collaboration et une expérience extraordinaire et qui a renforcé nos liens d’amitié.
Merci Sylvie pour ta confiance !

08:04 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (4) | Lien permanent

20/11/2008

De liens qui se nouent qui se dénouent

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C’est difficile de choisir ses liens au milieu de ces kyrielles de blogueurs.

Parfois, une étoile filante vient éclairer notre ciel, nous éclairant de sa belle réflexion littéraire, elle dépose des filets d’or dans l’escarcelle des mots, elle nous réchauffe le cœur, fait briller au coin de nos paupières, une larme transparente d’émotion.
Parfois, c’est un grand souffle de rire qui nous secoue ou, plus délicat, un sourire que l’on voit poindre entre deux lignes.
Parfois ce sont des touches de métaphysique qui réveillent en nous des questions enfouies.
Parfois un regard vif ou révolté sur notre environnement nous fait prendre conscience d’une réalité à autre facette.

Mais comme toute chose en ce bas monde, il n’y a pas de garantie de constance dans la qualité de nos écrits. Ils suivent le fil de l’inspiration, de la lumière ambiante, de nos humeurs chagrines ou rieuses.
Parfois, ils tombent sombrement comme un coup d’épée dans l’eau, n’éveillant autour de nous qu’une ombre de vains ricochets…

Oui, nous devons être indulgents envers nous-mêmes et envers tous nos amis qui nous écrivent et nous lisent. Il est des aspects de nos amis virtuels que nous aimons moins ou que nous ne percevons pas, ou simplement que nous ne comprenons pas.

Il y a des jours de grande solitude sèche où nous tenons pourtant à exprimer des ersatz de pensées, des poésies qui sonnent creux et ne touchent pas, des blagues qui ne font rire personne, des causticités amères qui laissent un arrière goût désagréable.

Mais cette grande communauté de partage crée aussi des obligations de feedbacks. C’est notre silence alors qui tient lieu de désapprobation, car nous sommes trop engagés par rapport aux personnes pour dire vraiment ce que nous pensons.

C’est parfois dommage car c’est en nous montrant mutuellement nos faiblesses et nos limites que notre entourage nous aide à bonifier.

Alors un seul remède : l’authenticité,avec le prix à payer qui peut être aussi le fait d’être moins aimé !

11:41 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (6) | Lien permanent

05/11/2008

ANIMA ANIMALIA (fin)

Après le grand vide laissé par un Toffu très fusionnel, j’ai décidé d’adopter des animaux plus indépendants et quoi de plus autonome qu’un chat ?

Le gentil mâle offert gracieusement par ma nièce à ma fille s’avéra une femelle très prolifique, les chats formaient désormais une grande famille résidant dans mon vaste jardin. Là encore j’ai péché par négligence : je savais que les colombophiles sont des « sportifs » jaloux de leur progéniture et aussi que des chats à l’allure mi-sauvage apprécient la chair du « coulon ». Peut-être ont-ils abusé de ladite bonne chair et provoqué l’ire des protecteurs d’oiseaux. Par petits groupes, ils ont tous disparu en quatre semaines. J’eus beau les appeler, émettre les hypothèses les plus fantaisistes sur leur disparition, déposé plainte auprès de la gendarmerie. Ils s’étaient envolés en fumée !

Pour me changer les idées, je suis partie aux sports d’hiver. Peut-être voulais-je inconsciemment séduire un ours blanc mais mes essais ne furent pas couronnés de succès.

Je me cassai un bras, une jambe et des côtes. Toute emberlificotée dans mon corset de plâtre, ma seule compagnie fidèle était une mouche qui me tenait compagnie avec beaucoup d’assiduité. Au début, elle remplit sa fonction de mouche-vampire, mais peu à peu un consensus s’établit entre nous. Plutôt que de tourner les pages d’un livre (ce qui, il faut l’avouer, m’était difficile) je suivais les péripéties de la mouche qui restait dans mes parages immédiats. Elle me tint ainsi compagnie pendant les quelques semaines que dura mon immobilité parfaite. Elle atterrissait sur mes doigts et me parlait longuement en agitant ses antennes.

J’étais à peine libérée de mon carcan qu’elle s’éloigna de moi car ma fille avait finalement découvert l’intruse et la poursuivait méchamment avec une tapette. Je ne l’ai plus revue. Je préfère rester dans le doute, je n’ai pas demandé à ma fille qui avait gagné le combat. A chaque printemps, quand reviennent les premières douceurs climatiques, j’ai une pensée émue pour Téodora, ma compagne d’après-ski.

Aigrie par toutes ces expériences décevantes, j’ai décidé de m’éloigner physiquement des bêtes. Une fatalité insidieuse m’empêche d’avoir avec elles un rapport sain et protecteur. On m’a souvent reproché mon manque d’instinct maternel et il semble que je n’ai pas non plus l’instinct « animal ».
Mais un lien psychologique s’est maintenu entre nous. Je me suis documentée et suis devenue une « spécialiste dilettante » en zoologie. J’ai écrit de nombreux articles. Je suis parfois invitée à des émissions radio ou TV où mes observations originales ravissent les connaisseurs (ou du moins ceux qui s’imaginent pouvoir le devenir en utilisant mes considérations).

J’ai participé sans enthousiasme à tous les safaris mais ces bêtes sauvages dans leurs cages gigantesques à ciel ouvert, m’attristent. Alors j’ai décidé de partir en Australie, à la découverte des crocodiles géants. Mal m’en prit. L’un d’eux me trouva à son goût. Ou peut-être voulait-il venger ses frères bêtes de mes négligences à leur égard ? Y aurait-il une justice dans le monde animal ?
Je n’ai pas survécu à ses ébats goulus. Je ne lui en veux pas : il m’a délivrée d’une vie de remords.

Dans l’univers qui est le mien dans un aujourd’hui interminable et après avoir traversé le Styx, je veux croire à l’instar des hindouistes, à la métempsychose.

Durant ma vie terrestre, j’ai dévoré les romans « fourmiesques » de Bernard Werber. Il me plairait de devenir fourmi. Je pourrai devenir pote avec 103 et l’accompagner dans ses nouvelles aventures.

13:05 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (3) | Lien permanent

15/10/2008

Lac suédois

Redimensionnement de barque lac

Une canne à pêche abandonnée ou oubliée sur un muret de pierres.

Une barque blanche retournée, rivetée au sol.

Un ponton rudimentaire, presque bancal où l’on s’avance avec appréhension

Des barques alourdies par l'eau stagnante dispensée par les dernières pluies, ancrées solidement aux arbres voisins.

Le ciel gris à peine visible à travers les innombrables conifères, un filet de bleu métallisé traverse l’épaisse couche de nuages aux formes suggestives.

La lisseur sereine de l’eau claire qui s’étend, uniforme presque à l’infini.

Les grosses pierres, partie visible des icebergs qui jaillissent le long des berges et accompagnent poétiquement le balancement des joncs.

Pas un chat, pas un homme, pas un être alentour en ce dimanche de fin de saison.

Les rares maisons voisines aperçues sur la route qui mène au lac semblent aujourd’hui désertées.

Vestige de la vie : quelques jouets d’enfants multicolores s’éparpillent sur la pelouse, notes de couleurs vives sur fond de verdure.

Seuls nos pas pourraient résonner sur l’herbe gorgée d’eau.

Seul le silence nous accompagne

Majesté de l’instant.

07:58 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (7) | Lien permanent

13/10/2008

An-inspiration

J’admire ceux qui ont la plume alerte et légère
Qui ne manquent jamais un rendez-vous d’écriture
Pour qui toutes les raisons sont bonnes pour s’exprimer.

Aujourd’hui dans mon arrière pays mental, arrière saison
Ciel bas. Humeur chagrine. Page blanche.

La caisse de résonance de mon inspiration sonne creux !

11:07 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (7) | Lien permanent

01/10/2008

Arbres

arbre  peinture réduit signé

Les forêts sont des endroits étranges où domine une couleur uniforme aux multiples nuances

Arbres majestueux, serrés ou espacés
Arbres symboles de vie, réservoir de chlorophylle
Arbres pétrifiés, calcinés, vestiges de mort douloureuse
Arbres-maison pour des tas d’espèces d’oiseaux et d’insectes
Arbres étêtés ou étendus par la main des hommes qui leur confèrent une destinée domestique

Partout où la vie des hommes s’est densifiée, la forêt s’est réduite.

Equilibre inégal des forces.

Aujourd’hui sur la planète qui pleure la souffrance d’une nature non préservée, les arbres en vie restent encore source d’espoir.
Pour combien de temps ?

10:51 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (5) | Lien permanent

26/09/2008

La force imprévisible des mots

Comme une balle magique exponentielle, les mots rebondissent explicitement sur la surface du tarmac granuleux, du béton lisse, s’amortissent insidieusement sur l’herbe et la terre, s’éclaboussent joyeusement dans l’eau.

Ils nous reviennent transparents, alourdis, transformés ou effilés sous le regard acéré de l’autre.

Ils sont découverte, introspection, illusion selon la force qui les projette ou le réceptacle qui les intercepte.

Il ne faut pas les prendre au sérieux, pour ceux qui les envoient, ni ceux qui les reçoivent.
Ils ne reflètent qu’une réalité tronquée, déguisée ou idéalisée.

J’ai lancé un pavé dans la mare et les mots sont devenus bouillonnements intenses, interprétation du vécu, souhait de tout comprendre au premier, au second degré, à tous les niveaux.

Mais les mots ne sont jamais que la matérialisation d’une pensée fugitive, à un moment précis, alchimie entre l’esprit, l’environnement et l’émotion.

Vous qui m’avez lue, commentée, tout comme moi, un peu désemparée par tant de réactions, nous sommes les jouets de ces paroles :  sous notre plume, elles sont devenues, sans que nous nous en rendions compte, indépendantes, elles ont voulu tracer leur propre chemin. Laissons-les divaguer pour notre souci ou notre plaisir !

12:24 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (4) | Lien permanent