09/10/2010

Epitaphes

 

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Avant de partir,

faire ses bagages,

mettre de l’ordre dans ses tiroirs physiques et mentaux.

Balayer les dernières épluchures de trolls,

soulever les tapis secrets pour en détecter les restes de poussière.

Examiner une dernière fois le paysage par la fenêtre grise,

Essayer de se souvenir de la dernière lumière jaune d’après l’orage, des dernières feuilles d’érable dorées et rouges qui ont jonché le sol du dernier automne.

Et puis, s’asseoir sur le bord du sofa, pas trop confortablement pour ne pas avoir envie de s’y enfoncer complètement

Feuilleter le grand livre des rencontres

Avoir envie qu’il reste quelque chose de ces personnages entrevus entre deux strates de vie,

Avoir envie de leur rendre un dernier hommage pour qu’ils sachent qu’à un instant ils ont beaucoup compté.

 

Ce sont des épitaphes tombées sur le papier mais tellement vivantes que les mots les reconstituent au fur et à mesure qu’elles paraissent au seuil de la mémoire.

Faire place au présent du moment, au futur d’êtres pas encore aperçus sur la route.

 

Pour chacun d’eux, présents et passés, ranger les mots dans leurs boites précieuses.

Refermer le livre,

S’extraire difficilement du sofa,

Ramasser la valise bosselée

Jeter un dernier coup d’œil à ce coin

ébauche de vie réelle

Ouvrir la porte,

Laisser la main plus que de raison

Sur la poignée, caresse soutenue

 

Dehors

rien qu’une lumière aveuglante …

un silence léger

à couper au couteau !

 


22:33 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (9) | Tags : bagages, trolls, épitaphes, mémoire | Lien permanent

25/08/2010

Grappes d’oiseaux

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Dans les champs

Les grappes d’oiseaux noirs

Se mélangeaient aux grappes d’oiseaux

Blancs.

 

Les mouettes avaient investi la terre brune

Se mêlant prudemment

Aux noirs corbeaux.

 

Cette faune attentive suivait le monstre vibrant

Dans le creux des sillons féconds.

21:23 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (26) | Tags : corbeaux, mouettes, sillons | Lien permanent

10/08/2010

Epure

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Le mouvement

Comme une illusion

Née d’un égarement de l’esprit

 

Comme tu es venu

D’un souffle

Tu as disparu dans l’éther

 

Il ne reste qu’une épure

grossière

Qui te dilue peu à peu

 

L’autre versant d’un rien en devenir

 

 

23:50 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (12) | Tags : mouvement, danse, illusion | Lien permanent

23/07/2010

Une façon de voir

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Comment ai-je mis tant de temps à comprendre ?

Cette percée de lumière n’était qu’un vertige...

Au bord du précipice.

 

Mais si belle, si pétillante.

 

Je m’y serais perdue sans compter

Sans regarder en arrière.

 

Mais le jour noir est arrivé

Chargé de ténèbres.

J’ai attendu la nuit suivante

Et la suivante encore.

 

Cette aurore nocturne

Avait été

Un leurre

Escorté par des mots trompeurs.

 

« T’as rien compris

C’était pour du semblant »

Auraient dit les enfants.  

 

Texte publié aussi  là )

 

09:12 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (0) | Lien permanent

07/07/2010

Dans un seau

 

 

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La planète
dans un seau
évacue toutes les tensions du monde.

L’univers se forme sous mes yeux.

Création d’une glaciation qui s’effrite
Les mers se diluent et les terres
s’étalent
ou disparaissent

Ce soir
Je suis le roi d’un monde
Qui n’appartient qu’à moi

11:45 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (19) | Lien permanent

03/07/2010

Bassesse

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Sa bassesse était tellement haute
Elle n’arrêtait pas de se hisser au
Sommet du mât
Où ses mots sifflaient comme des gifles au vent

Tout était faux
en lui
Ses mots coupants
tombaient en rafale

Et pourtant
Je l’avais aimé
avant de savoir …
dans les volutes fumeuses
des premiers rires
dans les attentions
qui se dressaient, spontanées
comme les premiers bourgeons

Cette année-là
il n’y eu ni printemps
ni hiver
quelques brumes tardives enivrées
d’automne
Puis les giboulées versatiles
Pressées d’en finir au plus vite !

Et lui Maître du temps
tout enrobé
de sa bassesse en cours de mât
S’amusant de me voir souffrir
Comme un insecte qu’on écrase !

17:45 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (13) | Lien permanent

27/06/2010

De la lune au vent

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L'est belle, la lune, que dis-je, Dame la Lune.

L’est belle avec sa robe de velours bleue au col blanc de dentelles décalées, éclairée par son reflet de poisson d’argent.

Elle penche la tête vers l’autre boule, l’autre bleue, celle qui découpe sur son gros ventre en ballon, des sillons tourmentés.
Change de position bien souvent pour déjouer les pièges. Les pièges du sieur le Vent, celui qui ne se couche jamais, celui qui voudrait diriger les marées à sa place, les faire hautes ou basses suivant ses sautes moutonesques d’humeur.

Car sieur le Vent a ses humeurs et nul plus que lui n’est pro-fête en sa demeure.

Il rit sur les champs dorés et l’instant d’après les a dévastés et de vastes, c’est comme s’ils étaient devenus étroits, séparés par ce coiffeur colérique en grandes raies échevelantes, avec des épis fantaisistes et branlants.

Il veut en paraître à Dame la Lune, elle, constante, tranquille. Sauf les nuits où elle se remplit des vapeurs du ciel et fait chanter les loups. Gare aux loups, alors, à l’orée aussi, car de chasseurs, ils deviennent enchâssants.

Dame la Lune aime le chant des loups, le hurlement des chiens quand sa douce rondeur blanche exhale ses bouffées de chaleur mystérieuses.

Alors le monde tourne à l’envers, les enfants disputent, les jeunes filles s’apeurent, les hommes se retournent en vain sur leurs couches à la recherche d’un sommeil aléatoire.
Les fœtus se contorsionnent dans le placenta étriqué, cherchent la porte de sortie qui signifiera la fin de la paix fusionnelle.
Les familles aux abois se déchirent, les chiens aboient à émouvoir les cigales en hibernation.
Le cœur de la terre palpite prêt à s’ouvrir sur le magma bouillonnant.

Mais rien ou si peu ne se passe au seuil de la réalité du monde revu et corrigé par la lumière lunesque. Ce ne sont que soubresauts d’imagination torturée dans son rythme habituellement falot.

Dame la Lune, si pleine, si belle, si blanche et jaune, fait clignoter ses yeux fripons et peu à peu dilue ses contours pour rendre à la planète bleue sa pseudo-sérénité.

Dans les villes, pourtant, où grouillent les foules insomniaques, dans les masures où le moindre écart de paroles provoque des éboulis de confiance, rien n’a changé ou si peu. Le potentiomètre de l’intensité des émotions a simplement secoué davantage sa petite aiguille désordonnée.
Les souris, au son cadencé des proverbes, continuent à danser entre les doubles parois des murs opaques.

Sieur le Vent se demande encore quelle sera la tournure que prendra sa prochaine âme-humeur : calme plat, modérée, assez forte, impétueuse, tempétesque, ouragane, typhonnesque, moussonneuse …l’éventail du gris blanc au gris moire peut se décliner en mille plissures.

Tout est bon à envisager, à prendre quand on croit avoir la maîtrise de ses propres éléments.

(pardon pour le photo, que j'ai eu du mal à poster et qui apparaît ou disparaît selon les caprices lunaires ...je vais voir ce que je peux faire -rien sans doute - attendre - rester calme ...)

21:52 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (13) | Tags : villes, hommes, lune, vent | Lien permanent

22/06/2010

Ricordi

 

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Je me souviens

Ces multiples moments

A penser à toi

A te parler

A t’aimer sans même le savoir

Une lueur bleue dans mon antre éclaircie

Et ton rire

En écho

Disparu …

23:53 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (5) | Tags : photo, antre, rire, aimer | Lien permanent

23/05/2010

L’oiseau bleu

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Il se dressait sur les pics rouges, l’oiseau bleu.

Je me suis approchée.

J’étais devenue légère
presque invisible
dans cet environnement soudain magique
aux couleurs contrastées.

Il attendait sa belle
Et je suis restée tout près
légère et invisible
à l’attendre avec lui.

23:22 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (13) | Tags : invisible, oisseau, contraste | Lien permanent

26/04/2010

Orbe

 

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Ce monde d’airain blanchi  te confine dans les limites de tes propres contradictions.

Il brille quand tu te ternis à force de convoiter l’impossible.

Il reflète des particules de vie éparpillées tout autour de toi.

Il est luminance, sphéricité, aspiration à la perfection de l’infini morcelé.

 

00:10 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (5) | Tags : contradictions, luminance, orbe, infini | Lien permanent