06/04/2016

Départ

A tous ceux qu'on n'oublie pas même s'ils se sont transformés en ombre Une ombre passe IMG_4193-2.jpg

Ils ont partis

Pour on ne sait quelle raison mystérieuse

Tragique

Amoureuse

Volonté d’oubli

 

Un jour ils ont délaissé la toile

Rangé leurs mots dans leurs tiroirs secrets

Écrit la dernière missive

 

Parfois ils n’ont pu dire au-revoir

Parfois des proches s’en sont chargés

Parfois ils sont partis vers un ailleurs dont on ne revient pas

Parfois ils sont revenus dans la vie réelle

Ont découvert de nouvelles amours plus tangibles

Parfois ils ont été engloutis dans un travail

Qu’ils avaient pendant un temps mis en veilleuse

Parfois ils se sont chargés de missions d’écriture

Ou d’œuvres plus ancrées dans la réalité

Même si la fiction leur a donné des ailes

Ils savaient au fond d’eux que c’était provisoire

Et que l’émotion partagée n’est qu’un mince filet

 

Aujourd’hui, ils ont déserté

Ont-ils encore parfois la velléité de revenir jeter un œil

Sur les vieux sentiers qu’ils ont sillonnés

Ont-ils encore parfois l’audace, la force, le courage

De déposer un instantané délicat

Dire qu’ils existent encore

Dans une autre réalité

 

Gouffre libérateur ?

 

12:13 Écrit par Saravati | Commentaires (19) | Lien permanent

Commentaires

J'espère, en effet, qu'ils vivent encore dans une autre réalité.
Une sincère pensée pour eux, qui ont tant partagé.

Merci pour ce très beau texte et pour la photo qui l'illustre bien.

Bises et bon après-midi !

Écrit par : Neila | 06/04/2016

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Une très belle note. Pour moi qui en ai croisé tant depuis 7 ans, je pense souvent à eux...

Écrit par : Pastelle | 06/04/2016

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Ces disparitions des réseaux indiquent souvent un ras-le-bol général ou une fatigue des habitudes...l'envie de rester caché aussi à surveiller les autres, ha ha !

Ou alors, ils ont été enlevés par des terroristes ou des extra-terrestres, et ils passent un sale quart d'heure, crois-moi :)

Besos Saravati ♥
Une bonne idée de départ, tu pourrais en faire une nouvelle de fiction^^

Écrit par : Jack Le Pirate | 06/04/2016

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Sublime...
L'absence peut pudiquement taire les regrets d'un non partage.
Cordial respect.
Pat.

Écrit par : Pat. | 07/04/2016

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@ Neila.
Merci, passe une belle soirée !

é Pastelle
Il n'y a pas que les mots qui s'effacent, ils y les regards qui disparaissent peu à peu !

@ Jack
Surveiller les autres quelle drôle d'idée! Pour le reste, je suis assez d'accord avec toi sauf en ce qui concerne les terroristes ou les extraterrestres.
Une idée pour une nouvelle mais je suis plutôt feignasse et le longueur me rebute.
Merci pour ce partage.

@ Pat
Merci, contente que vous ne m'oubliez pas. Un partage est toujours agréable à vivre !

Écrit par : saravati | 07/04/2016

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OH... Merci, mille mercis. Comme j'aurais aimé écrire ce post... j'y ai pensé si souvent!! Chaque phrases est juste. Je suis toujours triste lorsque un ou une lectrice me quitte... sans un au-revoir ou un simple clin d'œil- Pour le grand départ ma fille sait ce qu'elle doit faire sinff... Euh, rien ne presse LOL
- Mais j'ajoutes que Facebook nous a accaparé beaucoup d'amies qui passe "des heures" sur le site pour tchater sur tout et souvent n'importe quoi!! - Je vais parfois leur faire un petit coucou la réponse est souvent la "petite main, pouce levé"- Bon :

Écrit par : claire | 08/04/2016

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Je récidive... Image est musique de très bon choix Merci amitié.

Écrit par : claire | 08/04/2016

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Un beau texte libérateur et tout en délicatesse dédié à tous ceux et celles qui un jour rompirent les amarres!

Écrit par : Alezandro | 09/04/2016

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Tes mots, cri du cœur, disent bien une réalité.
C'est étonnant, c'est fou, oui ça peut faire mal quand on sait que l'espace ne ronronne plus car l'autre ( qu'on n'a jamais vu mais tant aimé ... )n'est plus.
Au ciel ou en ras de terre, il semble s'être volatisé, on est des pigeons ?
Autant de questions qui vibrent en nous alors.
Mais la liberté d'être un oiseau ou un rat de goût qui gratte le sol ordinaire.
Cela nous renvoie à notre humanité fragile.

Oh que oui, je suis de celles qui sont parties, en tout cas dans ma façon d'être présente, quotidiennement ou presque comme je l'étais, à ces espaces, mais je vis en corps, chère Saravati, et je ne t'oublie pas, car nos âmes se sont croisées et je te sais, un peu ...

Tendresse sincère qui ne part pas.

Écrit par : Veronica | 12/04/2016

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A Veronica (que je ne connais pas) Magnifique commentaire... tellement vrai. Un léger parfum de poésie dans ces quelques lignes, une attitude adoptée...Mais avec quelques regrets me semble t-il ?
Il y aurait tant à dire sur les bienfaits des blogs.
Avons nous tord ou raison de tenir un blog?
- Le mien est ma dernière source de vie, le retour sur ma "Drôle de vie" - Merci Veronica que je ne connaitrai jamais peut-être ?? Amicalement Claire

Écrit par : claire | 12/04/2016

On tient soi-même un site, on va lire celui des autres, on découvre, on papillonne, on fait des rencontres intéressantes, purement virtuelles ou pas.

Puis le temps nous fait défaut ou plus exactement on se dit que ce n’est plus possible, qu’il faut restreindre ses activités. En effet, des livres, entassés en piles, attendent d’être lus ou on se pique d’écrire un manuscrit. Puis il y a la vie elle-même, le travail, la famille, les haies à tondre, mille petites tâches qui nous occupent.

Alors on se limite. Hélas, c’est pour plonger dans l’actualité. La guerre est partout, en Libye, en Syrie et les mensonges médiatiques vous poussent à fouiner hors des sentiers battus, à trouver des sites qui disent autre chose que la version officielle. Vous voulez comprendre, n’être pas manipulé. Mais tout cela prend du temps aussi et vous n’êtes pas beaucoup plus avancé.

La personne d’Internet (rencontrée ou pas) et qui avait tant compté s’en est allée. Vous voilà déçu, blessé même.

Désabusé, vous jetez un œil sur ce Facebook que vous ne connaissez pas. C’est sans grand intérêt. Beaucoup de bavardage, peu d’articles de fond. Mais il y en a et vous voilà reparti à perdre votre temps alors que la vie est si courte et que les minutes défilent.

Alors vous vous dites qu’il faut arrêter, vraiment, revenir à la vie réelle.

Mais celle-ci est parfois monotone. Le travail reste le travail et le train et le métro pour s’y rendre sont devenus bien dangereux.

Alors, encore une fois, vous venez flâner par ici et vous tombez sur ces mots de Saravati, qui elle-même avait mis son site en veilleuse pour de bonnes raisons, et qui se demande où sont passés ses visiteurs et ses visiteuses d’autrefois. On ne la connaît pas, on ne connaît que ses mots et on sent qu’elle aussi, sans doute, tient à la présence bienveillante et attentive de toutes ces personnes qui se lisent sur la Toile. Car c’est indéniable, cette dernière permet souvent des échanges intéressants. On sent, derrière l’écran, une présence humaine. C’est sans doute pour cela que nous finissons toujours par revenir.

Écrit par : Feuilly | 12/04/2016

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Comme c'est beau et juste ( je partage tous vos ressentis de vie réelle et virtuelle ...) ce que vous écrivez Feuilly ( que je ne connais pas.

Je viens vous répondre Claire ( déjà vous portez le prénom d'une de mes filles :) et je ne vous connais pas non plus :)

Merci tout d'abord, je suis touchée par vos mots.
En effet, c'est cette présence que l'on ressent, présence humaine de chair et d'âme, qui passe dans les mots de l'un ou de l'autre, qui nous touche, nous émeut ou nous irrite ( ça peut arriver aussi )

Quand on partage, au fil des mois, on se met à s'attacher à nos liens ( et lianes comme j'aimais à dire ), ces âmes-sœurs ou frères avec lesquels on tisse une certaine complicité. Car chacun, chacune est différent et cela fait tout le charme et la richesse de nos blogs. Avec le temps aussi, on affine, on va avec ceux et celles qui nous ressemblent de sensibilité, qui nous font du bien, à qui on pense apporter quelque chose ( un regard, une émotion, un sourire, une pensée ... )comme une relation unique et précieuse ainsi j'ai envisagé mes liens, et j'espère dans la réciprocité ( sincèrement ressentie )

Mais cette vie réelle qui est là, avec oui tous ces petites obligations, ses joies, ses soucis et ses épreuves. Et un jour, après des années d'échanges de blogs passionnés, passionnants, finit-on par se lasser, par avoir besoin de plus de contact réel, connaît-on par cœur ( et par le cœur ) tous les mécanismes bien huilés de ces échanges d'espace à espace ( aussi beaux aussi profonds soient-ils ) qu'on en vient à délaisser notre havre de poésie et pages relationn'ailes.

Pour autant, rien n'est oublié tout est là, qui revient à la moindre occasion, dans un geste qu'on refait avec plaisir vers celui ou celle que l'on sait un peu, que l'on sait loin ou autrement, qui nous apporte cette chose merveilleuse et indescriptible qu'on ne retrouve nul part ailleurs ? ...

Etre dans le vrai de soi, se laisser porter par les mots qui viennent et qui sortent, là où l'on sait qu'ils seront accueillis avec bienveillance, avec tendresse même.

Emotions reconnues, richesse du partage, fidélité à l'autre et à soi.
Etre la porte qui s'ouvre toujours si tu viens frapper.

Je n'ai pas opté pour le jeu ( pourtant je suis joueuse et j'ai aimé jouer :) mais c'est la sincérité qui l'a emporté et l'urgence de dire ... surtout quand le monde est si dur, qu'on souffre tant d'être impuissants ...

Merci pour tout, chère Saravati.

Écrit par : Veronica | 13/04/2016

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Oui, Veronica, les hasards des carrefours de vie où un instant on s’arrête, on ressent.et puis, trois petits tours et puis sen vont, mais ça laisse des trainées douces et chaudes, indélébiles, irremplaçables.

@ Claire
Ce que vous racontez de vous d’une manière si émouvante et si sincère, ce n’est pas seulement de l’écrit, c’est du vécu encore et encore.
Et puis toujours le hasard qui fait que l’on s’arrête, on rencontre d’autres personnes que l’on a envie de mieux connaître.
Mais de si loin, on ne fait qu’apercevoir un pan d lumière que l’autre veut bien en l’instant vous diffuser. Et quand la lassitude s’en mêle parce qu’on s’est créé de obligations , que l’autre n’a de ressort que l’on les respecte ...
Cela oblige à un rythme, à un peu plus d’une confidentialité qu’on ne peut pas lui accorder ...
Merci, douce Claire, si vivante et chaleureuse, merci pour l’humour dont vous émaillez vos billets pourtant parfois bien graves, merci pour le recul que vous prenez par rapport à votre vie qui fut pleine d’embuches ...

@ Feuilly
Un jour, ce joujou qu’était le blog à ses débuts, un jour, on doit bien arriver à le poser pour vivre vraiment. Chercher quelles sont nos priorités du moment .
Oui, l’actualité est prenante, terrible, l’humanité ne la pare pas vraiment de bons sentiments.
La terreur pénètre dans les foules qui ne comprennent pas toujours d’où elle tien ses origines. On a oublié que l’histoire est une grande aventure et qu’aucun geste même posé il y a bien longtemps après nos ancêtres a et continuera à avoir des implications aujourd’hui.
Chercher la vérité, la nôtre, pas celle que nous impose les médias et les détenteurs de pouvoir, ça prend du temps et on est content de rencontrer des guides qui nous éclairent et nous permettent d’accéder à plus de lucidité.
Facebook est un monde où je n’ai jamais voulu pénétrer, il contient tant de détournement d’actualités , de vision de société et aussi tant d’égocentrisme voire µde narcissisme.
Il nous éloigne de notre profond nous, on se contente de rire ou de minimiser les choses de la vie.
Oui, j’ai mis mon site en veilleuse, je n’écris plus parce qu’écrire me montre dans le miroir un visage que je n’apprécie pas vraiment.
Mais les gens que j’ai appris à connaitre , à aimer en les lisant, continuent de toucher même s’ils se sont éloignés eux aussi. Des noms restent imprimés dans la mémoire et on en peut s’empêcher de retourner là où on les a rencontrés. C’est un processus réciproque...
Merci pour ce beau commentaire qui prête à tant de réflexion !

Écrit par : saravati | 18/04/2016

Moi aussi parfois je me demande où sont partis les chers disparus de la toile. Parfois on le sait en effet, repris par la vie "normale" d'avant, happés par un amour ou des affections nouvelles - ou revenues-, ou tout simplement devenus "chers disparus" d'une famille qui délègue l'un d'entre eux pour écrire le dernier mot du blog à notre intention... Triste mot.

La vie c'est ça. Les blogs peuvent être le meilleur et le pire, ou une parenthèse entre deux moments.

Tu les as évoqués de façon touchante...

Écrit par : Edmée De Xhavée | 18/04/2016

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Passé pour être présent EN en Vous laissant un sourire de mes quotidiens délires saravatiniens.
Cordial salut
Pat.

Écrit par : Pat. | 18/04/2016

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@ Edmée
Dans le silence, on ne connaît jamais la véritable raison d'une disparition, alors on n'y croit pas à moins d'en avoir l'assurance. Mais parfois quelqu'un revient sous une autre identité ou simplement d'une manière anonyme. Ces liens qui semblaient virtuels laissent des marques dans les mémoires ...

@ Pat
Merci de votre discrète présence. Je prends le sourire même s'il reste caché derrière mes délires :-)

Écrit par : saravati | 18/04/2016

Un message qui fait écho à ce que je ressens moi-même, la tentation d'arrêter je l'ai souvent et depuis mes débuts mais elle passe. Je suis triste pour les personnes qui ont cessé de publier pour cause de maladie, de faiblesse ou même plus. Triste pour moi aussi lorsque des amis qui ont beaucoup compté se taisent. Peut-être parce qu'ils se sont détournés du blog qui n'est plus un mode d'expression aussi recherché et qui demande un gros effort d'attention et de création ?
En tous les cas, depuis 10 ans que je bloggue j'ai appris que l'on ne doit dire ni "toujours" ni "jamais" et pourtant les moments partagés sont engrangés en mémoire pour toujours et à tout jamais

Écrit par : Cergie | 03/05/2016

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Dix ans ? Je n'en suis pas encore là, mais presque.
Les blogs aussi on leur saison d'été et d'hiver, des moments d'euphorie partagée ou des silences qui durent ! Mais s'ils disparaissent "physiquement", ils en restant toujours quelque chose d'indéfinissable mais de réel.

Écrit par : saravati | 10/05/2016

oui, des mots très justes. Ils reflètent bien ce que je peux moi aussi (apparemment je ne suis pas le seul) ressentir

Écrit par : kwarkito | 11/05/2016

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