24/07/2015

Mises à l’écart

fin de vie MG_9627.jpg

Pour contrecarrer les maniaques des belles automobiles, j’ai décidé de donner tribune à celles qu’on n’ose à peine regarder, celles qui ont souffert des affres du temps ou des coups de l’infortune, celles qui reposent en paix dans un casse en attendant d’être broyées, celles qui ont vécu dangereusement emportant dans leur fièvre des conducteurs imprudents.

Hommage à ces carrosseries raplaties, ces vitres feuilletées en mille éclats, ces pneus dégonflés qui ont donné leur dernier souffle, ces sièges lacérés...

Epaves, avez-vous une âme ?


08:43 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent

07/07/2015

Colombo : une enquête ...

Ambiance de café tenu par des jeunes mais accessible à tous, très bruyant, très enfumé (- à l’époque c’était encore permis).

Chaque soir ou presque, des objets disparaissent, des objets abandonnés un instant par des clients occupés : une veste en cuir, un sac de sport avec kimono , des téléphones portables, des parapluies, des sacs ...

 

Un jour un client entre avec son superbe vélo pliant, objet de convoitise pour de nombreux voleurs potentiels (c’est petit, ça coûte cher et c’est super pratique), il le dépose au pied de sa table, converse avec ses voisins.. Soudain, il jette un œil à ses pieds : le vélo a disparu, tour de magie d’un magicien invisible

Branle-bas de combat dans le café : on ameute l’assemblée, on s’affaire dans les coins et recoins.

Malgré toutes ces ondes volontaires, l’objet ne se rematérialise  pas

 

Arrive un habitué, on le questionne (on ne sait jamais)  : as-tu pas vu quelqu’un qui sortait d’ici avec un petit vélo ?

Oui,  Colombo !

Colombo ? Ce gentil monsieur entre deux-âges qui vient régulièrement boire un verre après son travail et qui possède une voix copie conforme de la doublure en français de l’inspecteur Colombo. Mais ce Colombo n’est ni navigateur au long cours, ni inspecteur de police ou alors étrangement recyclé ! Il est médecin et il habite juste à coté.

 

Mouvement de foule, empathie pour le délesté : une délégation déjà un peu éméchée sonne chez Colombo.  A l’étage de son appartement, une lumière est allumée atteste de sa présence.

Mais il ne répond pas.

 

Alors d’un seul élan, toujours en groupe, on décide d’aller à la police. Face à ces regards déterminés, les policiers finissent par céder, il leur arrive parfois de réaliser qu’ils sont aussi au service d’honnêtes citoyens

 

Docteur Colombo doit s’exécuter, ouvrir la porte et dévoiler sa caverne d’Ali-Baba.

Dans la chambre, une foule d’objets hétéroclites n’ayant aucune raison de cohabiter, forment les pièces d’un musée clandestin parmi lesquels des sacs, parapluies, téléphones, foulards …et un petit vélo dernier-cri ...

Dr Colombo devra s’expliquer et avouer sa kleptomanie, rendre à chaque César ce qui lui appartient.

Depuis, il a déménagé dieu sait où et on ignore si la clinique où il travaille l’a gardé à son service. A moins qu’elle possède un département de traitements des TOCS à qui il a dû promettre de se soumettre.

Après avoir, bien sûr, rendu à ses collègues, le petit souvenir que son besoin irrépressible leur avait habilement extorqué…


 

11:07 Écrit par Saravati | Commentaires (9) | Lien permanent