30/06/2015

Pause prandiale

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12:42 Écrit par Saravati | Commentaires (3) | Lien permanent

23/06/2015

Concert raté

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C’était une de ces soirées classiques de l’été, une soirée musicale dans le parc d’un château qui en soit est devenue un nouveau genre de culture. Culture pour les mélomanes mais surtout pour ceux qui ont les moyens avec des prix d’entrée pas démocratiques. Quelqu’un m’avait offert des places et j’avais donc décidé de me noyer dans la foule.

Mais le temps n’était pas de la partie, les organisateurs n’avaient pas suffisamment soudoyé le maître des cieux pour qu’il leur accorde une petite trêve d’accalmie. Les orchestres se succédaient sous le couvert d’une estrade protégée et les parapluies constituaient le reste d’un ballet pas esthétiquement orchestré.

Là aussi règne une sorte de hiérarchie : plus un groupe est célèbre plus on prend soin de lui.

A la fin de la soirée se produisait un groupe musical de jeunes musiciens et j’avais hâte de boire un bol d’air frais. Par chance je trouvais une place au premier rang et je regardais les musiciens installer leurs instruments puis pendant un court instant s’asseoir et se retrouver seuls au milieu de la foule à partager un unique moment avec leur violon, leur harpe, leur piano.

Une jeune asiatique dépliait son répertoire concentrée exclusivement sur son superbe violoncelle avec qui elle faisait corps, j’admirais son attention délicate, son recueillement religieux et cette faculté qu’ont les artistes de s’intérioriser sur leur propre univers.

Devant elle, une dame d’âge mûr déguisée en marquise attendait son heure de gloire quand elle présenterait le groupe, elle paraissait inquiète et pressée guettant du coin de l’œil un ciel noir et pourtant menaçant.

A peine l’orchestre commença-t-il son concert dans cet endroit féérique que la pluie se mit de la partie. Le groupe n’était pas suffisamment renommé pour qu’on imagine de le protéger des intempéries. Aussitôt les instruments furent repliés recouverts et les musiciens se dispersèrent dans un grand fracas.

J’avais pour ma part pu jouir d’un moment d’exception en regardant la jeune violoncelliste taquiner son instrument.


10:35 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Lien permanent

14/06/2015

Paysages grandioses

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Il y avait des paysages grandioses

Défigurés par tes mains

Des peintures aux couleurs délavées

Des syllabes ébréchées

Dans les mémoires broussailleuses

 

Moi je cherchais l’authenticité

Sa nudité sa chaleur

Les veines dans les roches

Qui couvraient mes soleils

 

Il y avait ces moments

Qu’on ne pourrait jamais partager

Aussi loin qu’allait la connexion

Des chants si beaux

Venus d’outreterre

Par toi réfléchis

dans les limbes de déni

 

Et suspendu sur le filin des sensations oubliées

Le silence

Grandiose lui aussi

Ou parfois si mesquin

 

Il y avait la solitude

Ta compagne avérée

Pour déparer l’absence injustifiable

Celle qui n’abandonne jamais

Qui toujours se retourne

Et lance des clins d’œil complices

A travers l’inaudible écho


 

 
 

11:33 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Lien permanent

02/06/2015

Où se perdent tous ces regards ?

...Suite au billet précédent

Avant on photographiait des gens qui regardaient autour d’eux, il arrivait même qu’ils vous prêtent une attention fugace ou vous sourient pour vous remercier d’avoir capter leur regard, maintenant on photographie des visages penchés avec attention...plus personne ne fixe l’objectif, riveté à son écran...

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 Dans les premiers portraits que j’ai réalisés, j’avais l’impression qu’il fallait saisir la personne dans un moment d’inattention, retrouvant ainsi les gestes de mes parents qui nous photographiaient enfants, essayant de nous prendre à la dérobée. Ils étaient persuadés que s’ils nous demandaient de les fixer, nous perdrions notre « naturel ». Fouad Elkoury.

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L’heure n’est plus à l’échange de regards entre le photographe et son sujet, le sujet d’aujourd’hui est imperméable au monde qui l'entoure et se retranche dans une bulle technologique dont il est le nombril et qu’il partage momentanément avec cette ribambelle de connaissances qu’il a baptisés ses « amis », amis qu’il rencontre rarement dans la réalité matérielle.

Le film « Denise au téléphone » que j’ai déjà évoqué ici était un exemple visionnaire

 

17:23 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (17) | Tags : regard, photographie, écran, communiquer, téléphone | Lien permanent