30/12/2013

Ardoises définitivement brisées

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Il y avait là en rang d’oignon dérangé

Des ardoises brisées

Des cadeaux d’enfant programmés pour les fêtes

Une main d’argile aux dimensions réduites

Un cerf-volant balayé dont il ne restait que les tentacules torturés

Des ballons dégonflés d’avoir été frappés oubliés dans la poussière du temps

Des vêtements de poupées désarticulées

Des billes colorées

Des peluches défraichies au regard éborgné, oreilles disloquées …

Les petites voitures cabossées ne trouvaient plus la route d’un garage bancal.

Il y avait ton cœur d’enfant accroché à la poutre

Tu ne voyais pas la noirceur du combat.

 

Le train est passé, a transpercé les parois, le train avide de liberté a reculé les murs.

L’autre, celui qui longeait le jardin de l’enfance s’était depuis longtemps perdu dans l’histoire

Après avoir tant bien que mal survécu à la guerre.

18:14 Écrit par Saravati | Commentaires (6) | Tags : ardoise, train, guerre | Lien permanent

26/12/2013

Jeu de quilles

quilles,direction,enfant

La vie est un jeu de quilles dont tu voudrais t’accaparer

Tu comprends déjà qu’il faudra te battre pour en garder la direction

Tu comprends que l’on t’appelle pour t’empêcher de mener seul ta propre trajectoire

Tu restes sans bouger en attendant que l’on t’emporte

Vers des destins déjà programmés pour toi.

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De tous temps, les enfants ont été sources d'inspiration mais dans des orientations les plus diverses, ainsi :

Les parents sont les os sur lesquels les enfants se font les dents(Juan Dominguo Perón)

(Phrase attribuée aussi à Peter Ustinov, faudrait savoir ! Ils n’ont pourtant pas joué dans la même cour de récréation :-)

20:04 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Tags : quilles, direction, enfant | Lien permanent

19/12/2013

Des larmes pour les arbres

arbre larmes IMG_1817.jpg



Dans un des centres piétonniers de la ville où je ne rencontre quasiment personne, je guettais, sans doute, un rendez-vous improvisé avec quelque chose qui sortirait de l’ordinaire, une fenêtre mystérieuse, un drap qui cachait des murs en réparation ou quelque personnage au comportement insolite, je remarquai une silhouette accolée à un arbre et qui semblait être particulièrement appliquée. Je m’approchai et l’interrogeai, elle me répondit qu’elle dessinait des larmes pour les arbres car ils avaient le tronc couvert de pansements, c’est qu’ils devaient souffrir, alors elle avait décidé de leur laisser exprimer leur souffrance, après leur avoir dessiné des yeux elle leur enjoignait des larmes transparentes qui sous la lumière du soleil devaient être encore plus brillantes.

Comme je ne semblais pas la trouver bizarre (l’était-elle ou craignait-elle de l’être) et je m’intéressais à sa nouvelle vocation de consolatrice d’arbres, elle me fit son plus beau sourire…

Je racontai cela à ma prof de l’académie, elle me dit qu’il s’agissait sans doute d’une performance dans le cadre du mois l’art dans la ville. Performance peut-être mais bien solitaire selon moi, ce qui n’est pas à priori le propre de la performance.

Je pensai à un autre moment d’empathie, à ma fille alors âgée de quatre ans qui se promenait le long de la Lesse. Régulièrement elle s’arrêtait pour vaquer à une besogne mystérieuse, nous laissant prendre de l’avance. Je me retournai, la voyais s’accroupir et manipuler des cailloux. Bête comme le sont souvent les adultes en manque de compréhension de leurs enfants, je lui demandai : que fais-tu ?  

"Je retourne les cailloux pour pas qu’ils meurent …"

Il est des êtres qui ressentent la souffrance de la nature sans que celle-ci se soit manifestée …


 

11:11 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Tags : arbre, larmes, empathie, cailloux | Lien permanent

12/12/2013

Rêvasserie féline

chat motos MG_9736.jpg

Moi aussi j’ai rêvé d’escapades

De voyages au long cours,

de changement de cap sous d’autres latitudes

De ne plus compter pour personne

Moi aussi dans mes pérégrinations lunaires

J’ai couru sur des toits magiques

Escaladé des fissures de rêves

Apaisé ma soif d’infini

 

Puis ce petit village m’a tendu les bras

Apporté le boire et le manger

Sans qu’il m’en doive coûter

L’homme qui se croyait mon maître

M’a ouvert sa maison aux fenêtres bancales

 

Je me suis prostitué en me laissant caresser

Sans me lasser

Ronronner n’était pas si mal

C’est ce que faisaient, paraît-il tous mes congénères

Je les voyais bien gras rôder autour de moi

 

Je voulais être zen

Sans pour autant me perdre

Alors dignement tel un sphynx

Je me suis vautré sur les selles

Que le maître avait préparées pour moi

Il oeuvrait chaque jour

Pour leur donner un moelleux inégalable

 

Moi je rêvais toujours d’escapades

Et ces engins rutilants un jour me serviraient

M'envoler un jour 

Vers la planète qui m’a donné le jour ...

 

11:59 Écrit par Saravati | Commentaires (16) | Lien permanent

05/12/2013

De pierre ou d’ailleurs

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Revolver de pierre

De quels crimes fus-tu protagoniste ?

Sur le sable où sont englouties tes victimes

Tu n’as pas érigé de stèle

Ni prononcé d’oraison funeste

Tu es resté dans ta raideur minérale

Et les bonnes consciences n’ont pas daigné te voir …


03/12/2013

Les nouveaux esclaves s'exportent aussi ...

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A Prato, en Toscane, sept personnes de nationalité chinoise sont mortes suite à un incendie qui s’est déclaré le dimanche matin 1er décembre dans une usine textile.

Une partie du bâtiment avait été transformée en dortoir pour les ouvriers qui y vivent dans des conditions épouvantables leur destin d’esclaves, travaillant jusqu’à 15 heures par jour pour un salaire de 700 euros par mois. Le prix de revient d’une robe est de 40 cents !!! Les enfants vivent eux aussi dans l’usine, certains ne sont pas scolarisés. Le lieu de travail n’a rien à envier à un milieu carcéral !

Depuis 20 ans, la communauté chinoise a pris le contrôle de tous les stades de la production d’habillement à Prato.

Prato comptait officiellement 17.000 ressortissants chinois en 2010, mais leur nombre atteindrait en réalité 50.000 en incluant les clandestins, généralement sous-payés, selon des sources locales.

De nombreuses PME italiennes ont dû fermer, incapables de résister à cette concurrence dans un secteur qui employait jusqu’à récemment 60.000 personnes.

Je vous laisse voir cette enquête réalisée dans le cadre d’un contrôle nocturne de la Guardia di Finanza. Les images parlent d’elles-mêmes…ça donne froid dans le dos, mais force est de constater qu’à ce stade, une simple compassion ne sert à rien.

Dans une société où le profit est le seul moteur, comment peut-on encore parler d’humanité ?

14:00 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent