28/07/2013

Réverbère-moi

Entrer des mots clefs

 Toi qui m’as tant parlé de tes promenades en solitaire à travers les rues de la grande Ville, l’une des plus aimées au monde, paraît-il, celle dont les habitants tancent leurs voisins de province d’un air parfois hautain,

Toi qui déambules à l’heure où l’on rentre chez soi, où l’on se calfeutre pour se protéger du froid, où l’on se détend après la course obligée,

Toi tu restes là, fidèle à ton poste de gardien des hauts murs, des belles tours, des statues équestres ou à pied, des fontaines pas encore taries par le réchauffement de la terre présenté comme un monstre du Loch Ness.

J’aimerais me transformer en réverbère au coin d’une rue pas bien éclairée pendant que tu scruterais quelque détail du paysage urbain pour en faire un cliché historique au regard de ton histoire.

Tu avancerais à reculons ou en zig-zag sans me voir, hypnotisé par cette chose qui ne peut échapper à l’acuité de ton regard et tu m’embrasserais sans violence car je me serais faite toute douce à ton approche.

Peut-être que tu pesterais devant cette présence impromptue qui jaillit sur ta route comme un geyser au milieu des rochers.

Vite je t’enverrais une onde de tendresse et ta colère tomberait sans couperet…le temps d’un sourire.

Alors je disparaitrais aussi vite que je suis apparue et il ne restera dans ta mémoire qu’un soupçon d’une présence bienveillante…


22:03 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (10) | Lien permanent

18/07/2013

Mais que diable...

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Mais que diable êtes-vous venus faire dans cette verrière ?

12:08 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Lien permanent

08/07/2013

La liseuse

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« La chose la plus utile que j’ai gardée de mon enfance est la confiance en la lecture... 

Etre née est quelque chose qu’on m’a fait, mais ma propre vie a commencé – je l’ai commencé toute seule- quand j’ai compris pour la première fois la signification d’une phrase. » Nuala O'Faolain

Si petite que j'étais, j'ai toujours aimé lire avec le corollaire : j'ai toujours aimé écrire. Saravati http://saravati.skynetblogs.be/apps/search/?s=lire


Elle lit.

Rien ne l’arrête, ni les trépidations du train, ni les soubresauts de la voiture sur l’autoroute rapiécée, ni l’inconfort du siège, ni le serrage de la ceinture qui diminue sa liberté de mouvement, elle, si remuante, ni le jour qui commence à tamiser la lumière, ni l’hiver qui va ralentir la course en s’amplifiant, ni le chauffage qui marche à peine parce que la voiture a parfois de ces fantaisies climatiques.

Elle lit, elle ne voit pas le paysage, elle n’entend pas les voix qui s’obstinent à lui parler malgré son extrême application indifférente au monde.

Je me demande ce qui peut bien la captiver, ce qui lui permet de se retirer dans une tour avec un auteur qui lui parle à voix basse, quel est le poids des mots qui pèsent sur elle, l’alignement de la grammaire qui lui donne envie de réfléchir, les belles courbes d’orthographe qui font le malheur des cancres et qui lui plaisent tant, elle qui a su se conformer aux règles.

Elle lit, enregistre, avale, ses neurones bouillonnent pour ne pas perdre les fils du discours, elle suit les lignes d’Ariane dans le labyrinthe des idées.

Je l’appelle pourtant, mais ses branchies sont fermées, à peine ses lèvres dessinent-elles un oui imaginaire et silencieux.

Elle est belle, la liseuse calfeutrée dans un monde inaccessible, son recueillement prête au respect, alors, je me tais, moi qui ne peux comprendre …et je lui laisse à elle seule cette expression de ravissement que par pudeur je ne dévoilerai pas !



09:25 Écrit par Saravati | Commentaires (12) | Lien permanent