15/02/2013

Muse(s) et inspirateur(-)

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Il n’y a pas d’égalité dans le vocabulaire de la poésie, de tout temps, les femmes furent marginales dans l’écriture et les arts, on se contentait de les qualifier de muses et d’égéries, simples sources d’inspiration pour des mâles en veine d’écriture.

Ces terminologies n’ont pas d’équivalents pour les hommes : inspirateur ? Mais celui-ci n’a pas l’aura, ni la consonnance poétique de ses congénères.

Dans « Une chambre à soi », Virginia Woolf, une exception très fragile elle-aussi, explique que les femmes ne créaient pas ou peu parce qu’elles n’avaient pas d’espace personnel. Virginia, elle, en avait un, mais tellement envahissant, tellement désespéré qu’elle tenta plusieurs fois de mettre fin à ses jours…mais certainement pas par manque d’amour ; avant de réussir l’acte ultime, elle écrit à son mari  « Tu m'as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »…

Aujourd’hui, dans la littérature, la « vraie » celle qui est reconnue c.à.d. publiée, les femmes ont une place de plus en plus grande surtout quand elles arrivent à faire une synthèse entre les caractéristiques de l’écriture des hommes et leur sensibilité de femmes.

Dans les blogs, je découvre beaucoup de trésors cachés de sensibilité mais aussi d’intellectuallisme, peut-être dans ce domaine, les femmes arrivent-elles à égaler les hommes voire à les dépasser avec leur acuité envers le monde. C’est parfois difficile à lire, je suis personnellement pour la simplicité du langage et des idées et certaines écritures planent au-dessus de moi à des kilomètres, il faut faire l’effort de les rejoindre, de les décortiquer pour en découvrir la richesse. Parfois, je n’en ai pas le courage, je trouve qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses, j’ai les neurones un peu fainéants et la lecture redondante sur écran fatigue mes paupières. Mais quand ils s’activent sous quelque poussée de noradrénaline ou simplement par conjoncture de hasards,  alors j’apprécie encore plus, quand je découvre une perle rare à me mettre sous la dent !

Oui aujourd’hui, les muses sont devenues des écrivains !



 

16:28 Écrit par Saravati | Commentaires (15) | Lien permanent

Commentaires

Moi aussi j'aime et je recherche la simplicité dans l'écriture, ce qui n'exclut pas la profondeur.
D'ailleurs pas seulement dans l'écriture...
Je la trouve trop rarement, alors ce serait sympa de partager ces "perles"... :)

Écrit par : Pastelle | 15/02/2013

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quand l'art est instrumentalisé pour devenir un levier de pouvoir(s)
(à peu près) seuls des hommes tiennent le manche
se haussent du col
recueillent les lauriers
mais quand l'art émancipe, anticipe, alors le temps des femmes sort enfin de la nuit des temps...

Écrit par : JEA | 16/02/2013

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Un bien beau texte d'écrivaine, comme on dit aujourd'hui.

Pour ne parler que de poésie, il y eut toutefois Marceline Desbordes - Valmore qui a inscrit son nom dans le grand livre des poétesses, il y a déjà longtemps.

Bien cordialement.

Écrit par : M.O.P. | 16/02/2013

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Je suis impardonnable : nous sommes le 16 février et je viens seulement de prendre connaissance de tes voeux... Je déserte, je déserte mes lieux, mais lis souvent les tiens même si je suis silencieuse (la faute à Google Reader qui fais que je te lis mais ne viens pas par ici). Bref ! Ce n'est plus de saison, mais je te souhaite quand même une belle, heureuse voire merveilleuse année 2013. Merci à toi d'être moins silencieuse que moi...

Écrit par : lesnuagesbavards | 16/02/2013

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Entièrement d'accord avec votre texte, Saravati. Personnellement, je n'aime pas trop le terme d'inspirateur (bien que la notion de souffle qu'on y décèle soit très intéressante), et j'utilise à la place le terme marionnettiste (celui qui pilote à distance)...

Pourquoi ne pas avoir mis de pluriel à "inspirateur" dans votre titre ? Une auteure n'aurait-elle qu'un seul objet inspirant à la fois ? Pas faux... Encore une inégalité, alors ?

Écrit par : Claire | 17/02/2013

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J'ose ? Allez, j'ose...
Je ne commenterai pas tes mots, j'en suis incapable !
Mais ta première muse m'a fait penser... à ces enfants barbouillés de brimbelle !
Oui, je sais ! C'est nul :-((

Écrit par : teb | 17/02/2013

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Comme toi je baisse les yeux, les bras quand l'hermétisme obscurcit le sens.
Les perles rares féminines le sont de moins en moins, nous y gagnerions tous si la gente masculine prenait la peine de s'y intéresser sans condescendance...ha!
Belle journée Savarati.

Écrit par : colo | 18/02/2013

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@ Pastelle |
C’est sûr en regardant autour de soi que l’académisme a encore de l’avenir !
Tant mieux si des « perles » parviennent à échapper à son emprise séculaire !

@ JEA
Merci pour ce commentaire plein de bon Sens.
Quand la part de gâteau à partager devient de plus en plus petite, les mieux « nourris » résistent :-)

@ Marcel
En remontant encore plus loin, Christine de Pisan …
Mais ces femmes apparaissent comme des exceptions, aujourd’hui les femmes s’émancipent. La preuve, on vient d’abroger en France la loi qui interdisait le
port du pantalon pour pour les femmes

@ lesnuagesbavards
Sont sortis de leur silence pour venir me faire un petit coucou ! Tu sais que tu hibernes depuis le mois de mai :-)
Merci pour tes vœux pas si tardifs que ça ! J’espère que tu n’a pas lâché ton appareil photo et que tu viendras de temps en temps nous présenter ton regard ! (que j’apprécie, cela va de soi )

@ Claire
Je n’ai pas trouvé d’autre mot qu’inspirateur, je n’en suis pas complètement satisfaite, mais une fois de plus le vocabulaire français fait preuve d’un « sexisme » appauvrissant.
Je ne sais si la femme n’a qu’un seul inspirant à la fois, sans doute ne veut-elle pas disperser aux quatre vents l’intensité des sentiments qu’elle exprime.

@ teb
Pas sûre d’avoir vraiment compris ton commentaire. A moins que tu n’attire l’attention sur les « taches » qui sont incrustés dans le visage de la statue.

colo
Je suis parfois effarée par les commentaires que je lis autour de moi et qui n’ont rien à voir avec le contenu du billet.
J’admets qu’une pointe d’humour n’est pas à dédaigner…et puis tout dépend du degré de connivence entre les interlocuteurs !
Oui, la condescendance est bien une « vertu » masculine et nous restons porteuses d’étiquettes qui n’ont de sens que pour ceux qui nous les collent !

Écrit par : saravati | 19/02/2013

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Les femmes commencent à se faire une place et c'est tant mieux. En écriture, je pense que seule la sincérité permet d'atteindre la simplicité.

Écrit par : Danièle | 20/02/2013

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effectivement... je voulais juste plaisanter...
:-(
Je ferai plus !

Écrit par : teb | 21/02/2013

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"Pour avoir l'air malin devant les gens, il suffit de parler vite de ce qu'ils ne comprennent pas" c'est la devise de l'hermétisme ... et une citation d'un de mes profs d'analyse mathématique quand j'étais student;

Amitiés,
marc

Écrit par : charlier | 22/02/2013

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@ Danièle
Je dirai même plus : la simplicité permet d'atteindre l'authenticité sans chichis sans calcul ...

@ teb
Me voilà rassurée :-) Fais ce que bon te semble, ce blog doit être terre de liberté :-)

@ Marc
Surtout on se demande s'ils comprennent réellement ce qu'ils disent si vite. Votre prof devait être un homme sage. Amicalement !

Écrit par : saravati | 25/02/2013

J'espère que je ne (te) fatigue pas surtout, que tu perçois la musique de mes mots, au delà de ses "jeux" qui ne sont pas ce que je préfère, je ne force rien, ça vient ainsi,( l'aime haut ma terre happy ) mais tu sais j'écris d'abord "normalement" :) et je suis sincère, j'espère. Une muse, l'idée me plaisait autrefois, aujourd'hui je n'aspire qu'à être moi-même, à partager, dans la simplicité. Une sensibilité exacerbée, chez l'homme ou la femme, ne demande qu'à s'exprimer, j'aime quand chacun reste lui-même, je suis touchée par l'authenticité mais aussi l'originalité la personnalité surtout, ce qui est fade j'aime le relever d'une pointe de sel ou de poivre !

Je t'embrasse

Écrit par : Veronica | 06/03/2013

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Un homme peut devenir un "muson" quand on est amoureux ( état passager fluctuant )et donc inspirée :) comme j'en ai gâté quelques uns ! rires

Écrit par : Veronica | 06/03/2013

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Ah ! musons-nous donc !
Merci pour tes mokki courent sur le tas pire que ton nombre. Tes as sains zone ments sont toujours bien dosés. Bisous !

Écrit par : saravati | 11/03/2013

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