21/07/2012

Fonte en bulle

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Au fur et à mesure que nous descendions dans la bulle, tu t’es peu à peu liquéfié.

C’était encore à l’époque où je croyais en la pérennité de l’amour, dans l’ivresse fleurie des sentiments.

Quand j’ai atteint le fond, il n’y avait nulle trace de toi.

De mauvais esprits, sans doute jaloux, ont prétendu que depuis le début j’étais seule m’entretenant sans vergogne avec un être qui n’existait qu’à l’état d’embryon dans mon esprit malade et avide de partage …

 

14:29 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (15) | Tags : liquéfié, amour, embryon | Lien permanent

15/07/2012

Le bagne

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En plein coeur de Paris ...

le bagne ...

avec le sourire !

11:28 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (8) | Lien permanent

03/07/2012

Un canard au jardin

Elle me dit qu’elle aime le jardin comme cela, dans sa sauvage e-faire-vert-ssence, qu’elle a plaisir à fouler l’herbe quand elle recouvre la terre, qu’elle a l’impression de s’enfoncer dans une mer verte et envie d’y plonger …

Et moi, je ne comprends rien, c’est pas comme ça qu’on m’a appris à traiter un jardin.

On m’a appris qu’il fallait couper les orties, déraciner les chardons, combattre la chélidoine, extirper les fougères, anéantir les ronces, surveiller l’état d’envahissement du lierre.

J’ai l’impression que je suis partie d’ici il y a si longtemps. La nature a recouvré son territoire et se fout de l’esthétique des jardins français, la nature a effacé la délimitation des massifs soigneusement coupés et semé ses boutures intempestives qui voient déjà se dresser des centaines d’arbres inutiles et malvenus …

Elle me dit que ces fleurs sauvages valent les plus beaux bouquets et que les nuances de vert sont des compositions rares.

Elle me dit le petit canard est mort et je vois dans sa main cette peluche inerte noirée tissée d’or. Elle traverse la mer verte, se pare d’une bêche à tout faire et dénude la terre, elle creuse pour emporter l’oiseau là où il ne pourra jamais plus picorer. Il disparaît dans son nouveau néant, elle ne l’aura connu que deux jours, deux jours à le veiller, le réchauffer, lui préparer des mixtures, le sécher quand il plonge dans la mare de son bol, deux jours à admirer sa démarche vive, boire ses piaillements intempestifs, scruter son regard alerte, elle, sa maman de remplacement. La bêche à tout faire a fini de recouvrir, alors elle déracine quelques fleurs et les plante auprès de la tombe silencieuse. Elles vivront aussi éphémèrement que lui, le temps de quelques soupirs du vent.

Le petit canard est mort et j’entends encore ses cris, il navigue désormais dans les immenses vagues vertes où se perdent les saisons …

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Photo Clelia P.

10:28 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Lien permanent