27/02/2012

Les marais du Nord l'été

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Sur la surface molle des marais

Les linaigrettes formeront pour nous

Une couche des plus tendres

Et même les moustiques ne pourront troubler

L’émotion euphorique.

 

Nous lèverons les yeux au ciel

Et jamais il n’aura été si pur

Dans cet été nordique

Paré de ses plus beaux atours de lumière

Juste avant le retour de la nuit interminable.


 

11:59 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent

23/02/2012

Ficelle et jais

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 Ah ma belle

 Tes cheveux ficelle

 Mes cheveux de jais

 Regards croisés

 

 Au sabbat des sorcières

 Nous irons danser

 Dans la soufrière

De nos rêves dorés.


 

Un peu d’histoire, puisque les sorcières continuent à délier les langues

Contrairement aux sorcières qui ont hanté l’histoire et provoqué des peurs irraisonnées (le terme chasse aux sorcières le révèle bien), dans la tradition italienne la Befana, la sorcière est souvent souriante et porte une bourse et un sac plein de bonbons, de cadeaux.

La Befana, correction lexicale de epifania (du grec "Επιφαίνω") est une figure typique du folkore italien. La Befana est souvent décrite comme une vieille femme volant sur son balai.

L’origine de la Befana est liée à la culture agraire. Autrefois la douzième nuit après le solstice d'hiver, étaient célébrées la mort et la renaissance de la nature.Les Romains croyaient que, dans ces douze nuits, des figures féminines survolaient les champs nouvellement semés pour apaiser les récoltes à venir.

L'Eglise a condamné ces croyances avec une extrême rigueur, arguant d’un influence satanique.

Mais cette tradition de la Befana s’est maintenue depuis le Moyen-âge. La sorcière ici a un aspect bienveillant.

L'apparition de la vieille serait alors une représentation de la vieille année, une fois vraiment terminée ; dans d’autres régions, il y a la tradition des marionnettes qui brûlent, et les rites liés au Carême.

Selon une version «christianisée», les Trois Rois mages, se rendant vers Bethléem pour apporter des cadeaux à l'Enfant Jésus demandèrent leur route à une vieille dame qui voulut les accompagner. Les ayant perdus, elle s’arrêtait à chaque maison pour donner des bonbons aux petits enfants pour se faire pardonner de ne pas avoir trouvé l'enfant-Jésus ou dans l’espoiur de le trouver. D’où l’origine des « cadeaux » liés à cette fête. . [

Aujourd’hui, la Befana est liée à la fête de la nativité. La légende dit que la Befana passe dans chaque maison où vivent des enfants durant la nuit précédant l'Épiphanie (le 6 janvier). Ces derniers accrochent une chaussette près de la cheminée ou de la fenêtre. S’ils ont été gentils, la Befana dépose dans leur chaussette des caramels ou des chocolats, pour les autres en revanche, elle remplit les chaussettes de charbon (En réalité il s'agit aujourd'hui de sucre noir comestible ou de la réglisse qui ressemble au charbon).


Voilà aussi quelques réactions suscités ou liens retrouvés dans vos commentaires :

 http://youtu.be/0ydUnHRaUUM proposé par Francis

 

JEA nous propose le rêve éveillé d’Emilie Jolie

http://www.youtube.com/watch?v=yqju8OCa8zM

 

Un texte de Jean Tardieu proposé par Danièle

 Conseils donnés par une sorcière

Retenez-vous de rire
dans le petit matin !

N’écoutez pas les arbres
qui gardent les chemins !

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu’après minuit sonné !

A la neige, à la pluie
ne tendez pas la main !

N’ouvrez votre fenêtre
qu’aux petites planètes
que vous connaissez bien !

Confidence pour confidence :
Vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

 

Jean Tardieu

09:55 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Lien permanent

20/02/2012

Instantané

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Parfois on est pressé

On aperçoit un moment rare

Et on a à peine le temps de sortir son appareil

Alors on se dépêche

Le flou artistique n’est pas voulu

Mais provoqué par l’urgence.

 

Si tous les logiciels ne parviennent pas à rendre à la scène sa netteté d’origine

Notre esprit garde une petite place privilégiée dans notre mémoire

Il estompe l’imprécision des contours

Et se convainc qu’il a parfaitement dénoncé l’ambiance initiale.

 

Oui dans l’art de la photographie

Il y a des complices inavoués

Qui se dénomment chance ou hasard

Quand ce n’est pas la même chose.

 

Le droit à l’erreur

Au flou

Au mélange fondu des couleurs

Devient un élément du récit visuel

Accentue le côté pictural

Et révèle des choses invisibles à l’oeil aiguisé.


 

20:56 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (17) | Tags : photographie, flou, netteté | Lien permanent

14/02/2012

Poussières

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La poussière

Comme une nouvelle vie

Qui emporte les scories de l’autre

 

La poussière

Signe du temps

Qui passe

Le bois mis à nu

Comme le moi

Dépouillé

 

Les tuiles froides et fendillées

Qui laissent passer les saisons

Ces petits bouts d’étoile

Qui se faufilent sous la lumière

Sont autant de cassures

 

La pluie des lambris ballants

Qui s’écrasent

emporte le plâtre

 

Va falloir reconstruire

Encore

Et encore

Mettre des emplâtres

Sur les peines

Les envies

Se contenter du soleil qui passe

À travers les vitres sales.

 

10:21 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Lien permanent

10/02/2012

Love for ever

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Il y avait  une

Non

Des vies éparpillées

Restées suspendues au milieu des bobines

Des fils inextricables

Qui pourtant avaient mission

De créer de jolies choses

 
 

Les jolies choses

Se transformeraient bientôt

En lambeaux

Laids et sales

 

Les billets doux qui auraient dû les accompagner

Fondraient sous les pluies diluviennes

Au morne passage des saisons


Seul survivait pour l’instant

Comme éternel

Le mot Love

Perdu dans la déroute...


 

10:52 Écrit par Saravati | Commentaires (13) | Lien permanent

07/02/2012

Land-art sans art

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Dans cette campagne du fin fond de l’Ardenne, presque au cœur du Luxembourg, les yeux noyés dans le ciel sombre, un virage me révèle un paysage étrange, je pense à Nils, à Roger, à bien d’autres dont j’ai oublié le nom et qui composent dans les plis de la terre des paysages qui vont s’ouvrir, grandir, s’étreindre, s’éteindre.

Ici, en l’instant, je n’ai besoin d’aucun artifice pour modeler l’image, elle est là achevée, pleine et belle contrastant avec la grisaille ou les menaces pluvieuses.

Alors, je m’arrête, un peu n’importe où, je chevauche le champ de boue qui surplombe la route et je m’approche sans bruit pour ne pas déranger les éléments. Pas un souffle de vent n’agite les sillons, les demi-cercles ont déjà atteint leur apogée, séparés à égale distance.

Le temps surpris par ma silhouette inopinée, la seule à des kilomètres à la ronde, s’arrête et guette le moindre de mes gestes. Même la pluie a cessé de battre la mesure sur le chemin délavé, la lumière se pointe pour dispenser juste le punch qui donnera à cette composition insolite un semblant d’âme. Je serre mon appareil photo entre mes doigts glacés et j’approche le coeur de l’instant.

Seul par-dessus les champs assoupis, un rapace découpe l’horizon…


 

12:11 Écrit par Saravati | Commentaires (20) | Lien permanent

01/02/2012

Par les meneaux

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D'après une peinture de Nicolas Maes

Par les meneaux
qui défigurent les ors du ciel
les griffures du temps
impriment une partition
oubliée

Les saisons s’échelonnent
sans qu’on puisse les dénombrer
longues robes monotones
devenues par l’iris fatigué
de plus en plus floues

Constante
l’horloge fait semblant
remontoir à contre-courant
rappelle les silhouettes alertes
et les cris dévoyés

Rejoindre la mémoire
effilée bien souvent
dans les couloirs tristes
couleurs délavées
soupirer avec ce qui reste de souffle
juste avant la nuit
qui pèse lourd

Elle est restée belle
la peau en parchemin
les veinules qui courent
et explosent parfois
les mains qui détressent l’écheveau
à peine commencé
déjà trop emmêlé
la bouche qui sans le savoir
remonte les commissures
ébauche d’un sourire
dont elle ignore le sens

Les autres
ceux qui veillent
ne savent pas
et cueillent cette fleur un peu fanée
juste au creux de sa bouche.

20:11 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Tags : vieillir | Lien permanent