01/02/2012

Par les meneaux

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D'après une peinture de Nicolas Maes

Par les meneaux
qui défigurent les ors du ciel
les griffures du temps
impriment une partition
oubliée

Les saisons s’échelonnent
sans qu’on puisse les dénombrer
longues robes monotones
devenues par l’iris fatigué
de plus en plus floues

Constante
l’horloge fait semblant
remontoir à contre-courant
rappelle les silhouettes alertes
et les cris dévoyés

Rejoindre la mémoire
effilée bien souvent
dans les couloirs tristes
couleurs délavées
soupirer avec ce qui reste de souffle
juste avant la nuit
qui pèse lourd

Elle est restée belle
la peau en parchemin
les veinules qui courent
et explosent parfois
les mains qui détressent l’écheveau
à peine commencé
déjà trop emmêlé
la bouche qui sans le savoir
remonte les commissures
ébauche d’un sourire
dont elle ignore le sens

Les autres
ceux qui veillent
ne savent pas
et cueillent cette fleur un peu fanée
juste au creux de sa bouche.

20:11 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Tags : vieillir | Lien permanent

Commentaires

Très joli poème. J'aime particulièrement ce passage : "les mains qui détressent l’écheveau
à peine commencé
déjà trop emmêlé..." Merci de nous donner de si jolis moments.

Écrit par : les nuages bavards | 01/02/2012

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Une mémoire effilée, muy bonito!
Quand les souvenirs des âgés les font sourire, un peu, ça me rappelle ma grand-mère, plongée dans ses pensées: De quoi ris-tu? De rien, je pensais à quelque chose...
Merci pour ce superbe texte.

Écrit par : colo | 02/02/2012

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Maes avait la réputation d'être un peintre très strict alors que la bière lui faisait lever le coude bien trop allègrement...

Écrit par : JEA | 02/02/2012

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c'est sublime de délicatesse, je repars sur la pointe des pieds et emporte tes mots...

Écrit par : LH | 03/02/2012

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C'est beau,émouvant come la vie et le temps qui s'écoulent et que nous ne pouvons retenir.

La mémoire, comme Sysiphe, s'attèle à un labeur insurmontable.

Amitiés,
Marc

Écrit par : charlier | 03/02/2012

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Les autres, ceux qui veillent
Ne savent pas
Que là haut, les mille soleils
T'emboîtent le pas...
Et la flèche qui s'étire
Vers ton autre ciel
Te montre les mots à écrire
Pour un temps éternel...

instantané, tanné de velours...

Écrit par : J.Earthwood | 06/02/2012

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que je me sens humble devant la beauté et délicatesse de tes mots...

un réel bonheur à lire
bisous

Écrit par : Nanoub | 06/02/2012

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Merci de rendre si bien compte du temps qui passe, de la vieillesse. Beaucoup de tendresse dans ces vers. Merci. Bises surannées.

Écrit par : Malou | 07/02/2012

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@ Nuages bavards
Merci de votre visite. J'aimerais que vos nuages soient moins silencieux ...

@ Colo
Heureuse que ce texte t'évoque une grand-mère souriante et que tu aimais beaucoup, il me semble.

@ JEA
Seriez-vous voyant ou sorcier à connaître ainsi tous les petits travers des (grands) hommes ?

@ LH
Merci mais de grâce, ne pars pas définitivement, je garde ta place bien au chaud et ta douce présence dans ma mémoire ...

@ Marc
Je crois que malgré le labeur insurmontable de subsister, la mémoire ne renonce jamais même si c'est par soubresauts.
Merci. Amitiés

@ J.Earthwood
Un instantané velouté très personnel que j'apprécie beaucoup...

@ Nanoub
J'aime ton enthousiasme, merci pour tes mots !

@ Malou
La tendresse est peut-être ce qui reste quand l'amour a disparu ...mais elle est si indispensable.
Bises ravigotées.

Écrit par : saravati | 07/02/2012

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Je l'entends bien ta belle partition ...

Ame t'y es Sarav' !

Écrit par : Veronica | 08/02/2012

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