03/01/2012

Glisse ta main

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Ta main glisse

Sur le papier jauni

Retrouve les réflexes archaiques

À l’époque où le crayon menait ta route

Émaillait les détails

Ombrait les paupières lourdes

Détaillait les courbes inégales

Et les sommets tortueux

Les veines discrètes

Et le cœur impavide

 

Ta main-caresse

Qui s’arrêtait à l’angle

De mon oreille

Palpait l’étoffe de ma taille

Puis m’éloignait

Pour mieux m’évaluer

 

Ta main-détresse

Qui repoussait la pluie

Déversait de longues plaintes

Ballet des doigts

Sur la partition incomplète

 

Dans mes rêves les plus fous

C’est toujours ta main que je vois en premier.



 

23:33 Écrit par Saravati | Commentaires (19) | Tags : main, partition | Lien permanent

Commentaires

Au début du poème je pensais que le tu de la main était le je du poète.

Mais la main est autre, main-regret, main-reviens. Éternelle et lourde comme la pierre...

Écrit par : Michèle | 03/01/2012

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J'aime bien le titre, injonction, ou tristesse de la main absente, ou rappel de la douceur des caresses ; en tout cas, en miroir du premier vers, comme un gant qu'on inverse.

Écrit par : Michèle | 04/01/2012

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En 1894, alors que grisaillaient les étangs d'Ixelles, était inaugurée cette oeuvre de Charles Samuel : Nel et Thyl Ulenspiegel inséparables. Dans un discours emporté par le vent, Camille Lemonnier souligna combien était alors lavée "l'injure d'un trop long oubli" dont était victime le sculpteur.
Cet oubli s'est régénéré ensuite pendant plus d'un siècle. Merci à vous de le malmener à votre tour, non par un autre discours mais grâce à la poésie.

Écrit par : JEA | 04/01/2012

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C'est beau de te lire ... avec cette si belle photo ... la main c'est la tendresse ...c'est aussi celle qui, subtilement, jauge, séduit, promet ou se retire ...La main habile, la main maladroite ...

L'aime, hein ...

Je t'an-brasse la main !

Écrit par : Veronica | 04/01/2012

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Cette sculpture représentant le couple fictif "Nele et Thyl Ulenspiegel" est d'une belle évidence avec le poème.
Avec les précisions données par JEA (que je salue et à qui je souhaite une très bonne année -c'est un festival de vœux dans "Mo(t)saïques 2"-) , je me suis baladée au bord des étangs d'Ixelles, mais surtout dans l'histoire de cette sculpture. On y souligne ce fait remarquable, que pour rendre hommage à un écrivain, le sculpteur ait choisi de sculpter les personnages de son œuvre et non l'écrivain lui-même.

Écrit par : Michèle | 04/01/2012

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Très beau poème, Saravati. La main donne à l'être ses contours, les réinvente aussi.

Écrit par : Danièle | 04/01/2012

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Quand je rencontre une inconnue, après les yeux et le visage, ce sont les mains que je regarde.

Écrit par : Feuilly | 04/01/2012

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Ton poème sur cette main qui glisse, qui caresse, s'abandonne, sur cette main détresse, ton poème me touche énormément. Les mains sont très importantes pour moi. Je peux oublier la couleur des cheveux, la forme du visage mais je me souviens toujours de la forme, de la texture de la main...toujours...d'ailleurs c'est ce qui m'a d'abord touchée chez monsieur Chéri-malou. Par ailleurs, sais-tu que demain je publie un poème sur la caresse. Etonnant, comme similitude, non ? Bises em-menottées.

Écrit par : Malou | 05/01/2012

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Bonjour et bonne année Saravati.
Ton poème ira rejoindre celui qui mijote en ce moment dans ma tête...il est beau, tendre et sensuel, quelque peu triste aussi.
Comme la vie, la main glisse sur le temps.
Je t'embrasse.
Geneviève

Écrit par : Geneviève | 06/01/2012

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Pose ta main sur mes hanhanches ...

Écrit par : Veronica | 06/01/2012

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Laissez-vous aller le temps d'un baiser...
J'aime bien cette chanson !
Elle accompagne ce poème tout en douceur, une légereté nécessaire au bonheur et à l'amour :-)

Écrit par : Pâques | 06/01/2012

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oops , chez Zoë , j'ai glissé mais du bon coté , me revoilou chez vous ! sissi ! à souvent !

Écrit par : cactus | 06/01/2012

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paysage du tendre

Écrit par : aléna | 06/01/2012

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Un corps qui s'écrit, se décrit, peut se lire. Cela m'a bien plu, et bien plus...
Moi, ma main jaunie glisse sur les touches grisées pour t'écrire au clavier des souhaits : une belle année d'écriture, de victoires, de paix, d'amour, de bien-être, de bonheur.

Écrit par : anonyme | 08/01/2012

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il me plaît, de ceux que l'on a envie de dire à haute voix ; enfin je trouve.

Berry je l'ai rencontrée à Nohant, terre de George Sand, une personnalité douce et transparente. Cela reste un excellent souvenir.

Écrit par : caro.carito | 08/01/2012

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@ JEA et Michèle
Merci pour ces précisions historiques

@ Michèle
Oui, la main changeante au fil du temps, des sentiments.
Et on ne sait trop d’où vient l’injonction, du passé ou du présent...ou d’ailleurs

@ JEA
Cette page d’histoire que j’ai caressée en prenant la photo, près des étangs d’Ixelles, ce jour d’été indien, personne ne la regardait, sauf un chien accroché au socle de la statue pendant que son propriétaire s’amusait plus loin !
J’ai aimé cette connivence du bronze et j’y suis revenue plusieurs fois, j’aime m’attarder au pied des statues oubliées, elles ont tant de choses à raconter pour qui sait les entendre.

@ Veronica
On n’oublie jamais la chaleur de la main qui caresse … Merci !

@ Danièle
Un outil magique, en effet que cette main !

@ Feuilly
Vous savez que contrairement au visage que l’on peut maquiller ou remodeler, les mains ne peuvent pas mentir …

@ Malou
Monsieur Chéri-Malou a bien de la chance d’avoir des mains séduisantes et qu’on n’oublie pas :-) Merci Malou pour moi et pour lui.

@ Geneviève
Si la main crée ce genre de connivences, on ne peut que …tendre la main.
Tous mes vœux t’accompagnent, bisous.

@ Veronica
Oui, mais avec douceur, pas de pinçades !

@ Marcelle
Je trouve aussi que cette chanson est belle dans la simplicité de ce qu’elle exprime.

@ Cactus
Quel plaisir de vous - te revoir atterrir sans dos mage ici ! Reviens quand tu veux !

@ Alena
Tendre :-)

@ Anonyme
Que de bonnes surprises aujourd’hui, te revoilà aussi, malgré ta main jaunie tes mots sont toujours verts ! Je te souhaite plein de bonnes choses pour 2012, plein d’énergie et de santé, merci à toi, M.

@ cari carito
Lis-le à haute voix, la main t’écoute.
Une belle voix, Berry, des textes simples et touchants, je viens de la découvrir à travers ce Bonheur.


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Écrit par : saravati | 09/01/2012

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à vos-tes ordres ! moi qui suis très Chuck cette Berry là me sied aussi , sissi !

Écrit par : cactus | 09/01/2012

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J'aime ... tout simplement

Écrit par : laurent | 10/01/2012

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Tout commencerait donc par les mains? Eh oui!

Écrit par : éric | 25/01/2012

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