06/11/2011

Blogs en partance

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Un vent néfaste soufflait sur les blogs

Ils ne tombaient pas tous

Mais tous étaient frappés.

 

Lassitude ? Sentiment de vanité ? Manque d’inspiration ?

Aspiration à une sincérité moins « virtuelle » ?


Je savais d’expérience qu’une fois le doigt coincé dans l’engrenage

On ne pouvait le retirer sans séquelles.

 

Parfois plus tard, on avait envie de se remettre à l’ouvrage

Parce qu’une brèche avait été ouverte

Sur un monde étonnant fait de contacts faciles

Mais aussi superficiels

Une addiction pour cette communication new style

L’envie d’appuyer sur le bouton dévastateur.

La bombe à neutrons

Allait et venait au fil des humeurs.
 

Il y avait aussi des papillons qui voletaient à leur gré.

Certains plus tard créaient leur plate-forme pour avoir eux aussi leurs assises

Ne plus squatter chez l’un ou l’autre

Recevoir à son tour.

 

Il y avait ceux qui avaient peur de voir tarir leur source

Qui s’étaient astreints à un rythme effrené

Et ne pouvaient indéfiniment le soutenir

Réduisaient leurs activités

Ou simplement déposaient un bilan sans conséquence apparente.

 

Parfois ils n’avaient pas conscience

Du manque qu’ils laissaient derrière eux

Parfois ils n’en avaient cure

Voulant se garder une autonomie de penser et d’agir

En dehors des contraintes matérielles du web

 

Il y avait ceux qui exprimaient leur mal être pour le rendre étranger

Et qui se rendaient compte que la compassion n’est qu’une aide temporaire

Ceux qui étaient malades

Et crachaient leurs crabes

En apostrophant leurs congénères

 

Ceux qui trainaient derrière eux

Une cour soumise et inconditionnelle

Suzerain et vassaux unis pour le meilleur et pour le pire

 

Ceux qui riaient de tout

Qui pratiquaient l’auto dérision

Avec talent

Et modestie

 

Ceux qui accueillaient leurs hôtes

Avec délicatesse sans pour autant

Faire preuve d’hypocrisie...

 

Ce n’était rien de plus qu’un monde à l’image du monde

 

Régi par des impératifs apparemment moins contraignants

 

Et il s’userait comme tous les mondes qui l’avaient précédé

 

Comme s’étaient usés tous les rêves de gloire


20:25 Écrit par Saravati | Commentaires (29) | Lien permanent

Commentaires

bizarre !!!!
je ne crois pas au hasard
je suis passée voir ce qui se passait sur les blogs, et je tombe tout de suite sur ce billet
c'est vrai...
j'en suis partie pour être plus proche de mes amis (ceux que je rencontre hors du monde virtuel) meme si quelquefois j'ai tjs une pensée pour vous tous

Écrit par : imagine | 06/11/2011

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Extraordinaire, je lis ton billet ( superbe de tact et de justesse au demeurant )au moment mâme où j'aurais envie d'appuyer sur le bouton dévastateur ... ! On les retrouve tous, les las, les rompus à ..., les rois/reines avec leur cour, les proches de déposer le bilan, ceuq qui ont peur d'en blesser certains, de les laisser seuls en le déposant, ceux qui le regrettent vite sitôt fait et reconstruisent ailleurs ! ce que l'on ne reverra plus ? ... ce que j'ai déjà fait plusieurs fois non sans garder précieusement le fruit de plusieurs années ( quatre ) de partage ( cette richesse unique et magique n'oublions pas qui fait que nous restons encore mais bon sang pourquoi ! comment va donc le monde pour nous pousser ainsi dans le virtuel ... )Voilà, je vais te relire, tous s'use alors ... Je préfère sourire en te souhaitant belle nuit ...

Écrit par : Veronica | 06/11/2011

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Pardon pour les fautes, le sujet est très sensible ce soir ! rires
Mais bon je vais fermer pour ne pas dégainer ! :) ( c'est tellement joussif de dégainer ainsi, as-tu jamais essayer ? sourire )

Écrit par : Veronica | 06/11/2011

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Je ne pensais pas que la poésie pouvait décrire si bien les choses. Je suis à fond dans le sujet, et dans la forme également.
C'est vrai, il manque la catégorie "blogs à doutes", dont les administrateurs sont sensibles. Les autres ne se posent pas la question.
C'est un poème qui aurait totalement sa place sur mon blog (oui ?); et c'est ce genre de textes qui peut m'ôter les doutes.
J'espère qu'une mauvaise idée ne vous passe pas par la tête. Car ce n'est pas rien de traduire si bien les pensées. A mon tour de vous encourager.

Écrit par : Sagine | 07/11/2011

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oh là là!
oui, c'est bien ça!
Les non blogueurs n'ont pas notion de ce que c'est!
Bien vu!

Écrit par : aléna | 07/11/2011

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Joliment croqué ce petit monde...
Bien vu, bien dit.

Écrit par : Pastelle | 07/11/2011

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La nuit porte qu'on y songe ...
et le lendemain nous voit autre, sans doute ... sourire

Je souris de toutes mes fautes et je me dis que souvent l'homme varie et passe d'un doute à une croyance plus sûre ...

Bien sûr, ce que je dois ajouter, j'ai rencontré, croisé, de si belles âmes par ce biais, des sensibilités si proches de la mienne que cela continue de me toucher et de m'animer, au delà des doutes récurrents ...

Merci pour ce billet absolument essentiel et que chaque blogueur devrait lire ... air-lire ...

Je t'embrasse !

Écrit par : Veronica | 07/11/2011

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Quelle belle réflexion!
Le plus difficile c'est de se restreindre devant tant de merveilles à découvrir....et de prendre du temps pour faire autre chose ou ne rien faire du tout....
Becsbecsbecs!

Écrit par : claire fo | 07/11/2011

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Au bout de presque 6 ans de blog, je me demande encore où est la différence entre le réel et ce virtuel?

Écrit par : Arthémisia | 07/11/2011

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Une rencontre qu'elle soit virtuelle ou pas est toujours une rencontre...

Écrit par : laurent | 07/11/2011

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Ce sont "les extérieurs" à notre "famille de blogueurs" qui nous rappellent constamment que " c'est du virtuel tout ça " ! rires, ah lala et dire qu'en ce moment je suis en train de parler à des fantomes ! rires

Y a quelqu'un ???

Écrit par : Veronica | 08/11/2011

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C'est l'ultra moderne bloguitude... ;-)

Écrit par : Gilbert Pinna | 08/11/2011

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@ imagine
C’est drôle, je suis passée chez chez toi juste avant de poster ce billet !
Alors, le hasard …comme tu dis !
Drôlement contente de te revoir !

@ Veronica
Ton enthousiasme à écrire me fait espérer que cette fois, tu n’appuieras pas sur le bouton dévastateur !
T’en fais pas pour les fotes, quand on écrit d’un élan, elles se forment toutes seules. Rires.
Je t’embrasse et te remercie simplement d’être là pour …tout !

@ Sagine
Ce texte date d’il y a plusieurs mois quand j’avais parcouru ma liste de blogs amis disparus. Une sorte de recul et de mise au point du vécu dans l’aventure fluctuante des blogs.
Je suis contente qu’il vous touche. Si vous voulez l’utiliser, j’en serai ravie. Meric de votre visite.

@ aléna
Nous avons du souci, nous, les accrocs au virtuel qui n’est pas toujours explicite !

@ Pastelle
Un petit monde qui parfois a des allures de grand ! Mais que la réalité rattrape !

@ Claire fo
Oui c’est vrai surtout quand votre interlocutrice a de multiples visages.
Et pourtant créer demande aussi du temps, de la réflexion, une recherche intérieure.
Mais que de joies et découvertes à partager. Bizz

@ Arthémisia
A ce stade, c’est grave, docteur :-)

@ laurent
En dehors du strictement visuel, c’est vrai !

Écrit par : saravati | 08/11/2011

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ben oui... vrai joliment écrit finement pensé...bises

Écrit par : LH | 08/11/2011

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J'arrive un peu tard. Le jour où je découvre ce blogue ses portes se referment lentement. Étrange impression...

Écrit par : Feuilly | 08/11/2011

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J'arrive tard aussi... mais je trouve ce texte très beau, qui montre bien l'attachement que l'on peut avoir à ces lieux (les blogs) et aux amis rencontrés par ce biais. Je n'ai pas compris si vous alliez continuer ou pas. Mais peut-être est-ce trop tôt pour le dire?
Bien à vous en tous cas.

Écrit par : if6 | 09/11/2011

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oui c'est bien le pendant de l'autre
aime beucoup l'ensemble

Écrit par : muriele | 09/11/2011

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Je pense comme Claire que le plus difficile c'est de se restreindre devant tant de merveilles à découvrir :-)
J'aime beaucoup ce texte, une réflexion très juste, je pense qu'il ne faut pas abandonner mais parfois une pause...
Amicalement

Écrit par : Pâques | 09/11/2011

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savoir dire non et oui... savoir trouver son rythme sans se renier.

Écrit par : caro.carito | 09/11/2011

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@ LH
Merci, bozossi !

@ Feuilly
Ménan, la porte n'et pas (encore) fermée, tout ici n'est pas autobiographique. Merci de votre visite et revenez quand vous voulez.

@ if6
Un attachement tel qu'on ne peut pas toujours décoller ! Je ne suis pas pressée de partir mais qui connait les humeurs du temps subjectif ?

@ Murièle
Contente de te voir ici, de te lire ailleurs !

@ Marcelle
On n'oublie pas qu'il y a un monde ailleurs auquel on tient (autant) et les pauses qu'elles soient volontaires ou non sont une petite portion du tribut que l'on doit à cet autre monde ! Merci.

Écrit par : saravati | 09/11/2011

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Ne pas se laisser envahir par le virtuel, en user avec parcimonie et le faire se mêler au réel pour une cohabitation intelligente. Merci !

Écrit par : Gérard | 10/11/2011

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@ cari carito
Je crois que toi, tu l'as trouvé (après nous avoir cependant donné quelques émotions !!!)

@ Gérard
Quand on est photographe, on est constamment lié au réel même si on l'interprète à sa façon.
Le virtuel, en effet, n'est jamais qu'une facette (mineure ?) de la vie, ne pas s'y plonger jusqu'au cou au risque de perdre pied :-)

Écrit par : saravati | 10/11/2011

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c'est vrai qu'un blog c'est précieux et en m^me temps c'est petit, tu tiens à ton objet que tu façonnes et tu vois que peu le voit... c'est chronophage ...un enfant un peu abandonné qui flotte....et auquel on tient... on écrt pour qui? qui est l'autre? et ces contacts sont précieux... ce n'est pas facile...

Écrit par : passantepensante | 10/11/2011

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difficile d'abandonner son bébé...une forme d'oeuvre en m^me temps qu'un média personnel qui demande donc un public...chronophage tout cela de belles rencontres d'univers singuliers... toutes ces singularités qui parlent...

Écrit par : passantepensante | 10/11/2011

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Quelle justesse dans le propos ! Il y en a pour tous les esprits, tous les sens, tous les mots...
Votre acuité d'esprit révèle une précision de coeur que seule une grande âme peut révéler... et le concentré de sensibilité que vous nous libérez ici est un acte valeureux, je dirais d'une grande noblesse.
Vous savez que, si vous veniez à partir, moi, je resterais ici... dans l'attente de combler le vide.
A bientôt et merci à vous pour ce merveilleux texte et merci à tous vos amis pour leurs beaux commentaires.
Vous êtes un générateur de fidélité...

Écrit par : J.Earthwoo | 10/11/2011

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@ passante
C'est vrai qu'un blog,ça naît de rien ou si peu,puis ça grandit,ça engouffre du temps,ça oblige une socialisation,sinon on n'éprouverait pas le besoin de publier. On s'y attache sans savoir pourquoi, on s'attache aussi aux liens qu'il crée ; parfois, c'est étouffant. Mais toutes ces singularités, comme tu dis, deviennent nécessaires, nous faisant miroiter des virtualités qui nous apparaissent parfois plus sensibles que le monde réel.

@ J.Earthwoo
Que dire après ces mots ? Je reste sans voix. Je vous remercie d'être là, de m'encourager, de rester. Il n'y a pas de vide quand des individualités se rencontrent presque par hasard même dans un monde virtuel et arrivent à communiquer.
Merci pour moi et tous ceux qui vous liront. Je vous souhaite une bonne nuit.

Écrit par : saravati | 13/11/2011

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tout simplement Bravo
mais vraiment sincèrement !!

Écrit par : Lautreje | 15/11/2011

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Les quelques irréductibles qui n'ont pas (encore, mais depuis le temps...) tenté l'accession à la propriété...:)

Écrit par : Michèle | 27/12/2011

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@ Michèle
Feriez-vous partie de cette dernière catégorie que j'avais laissée entre parenthèses ? L'accès à la propriété est libre, en tout cas. Mis peut-être la liberté est mieux sauvegardée quand elle garde ses distances en préférant aller chez les autres.
Bienvenue chez moi, la porte est toute grande ouverte !

Écrit par : saravati | 28/12/2011

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