30/09/2011

Prénoms je vous aime

 

 Ce n’est pas faute d’inspiration (je l’espère !), mais cet été indien qui a pris le relais de l’été rien du tout donne envie d’ouvrir les yeux et les oreilles ailleurs qu’en soi-même

 Alors, une chanson que j’ai découverte au volant en route vers la capitale et qui a éclairé ma route de douceur nostalgique. La délicatesse des sentiments a encore de l’avenir, du moins, dans les chansons !

Ah heureusement que les prénoms surtout féminins existent pour inspirer nos chansons, nos textes.

Un titre facile, renouvelable à souhait, quelques souvenirs et puis donner un contenu à ces prénoms qui font rêver ou pleurer ou rire, donner un visage, un corps à ces créatures sorties (presque) du néant !

 Pour la route, une autre chanson « prénom », Alice, une autre histoire d'amour ! Une Alice qui n'est pas de fiction : je l'ai rencontrée ! (le petit frère aussi !)



 

10:04 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Lien permanent

26/09/2011

Marie-Louise

Il aimait Marie-Louise.

Dans le brouhaha du café et les effluves de la pompe à bière qui ne chômait pas, il me regardait de son oeil éméché : « ML, c’était l’amour de ma vie .Les autres n’ont pas compris, tous jaloux qu’ils étaient de cette belle complicité »

Moi, je n’étais pas là au début de cette idylle, j’avais juste croisé Marie-Louise en partance.

J’avais vaguement entendu parler de cette histoire. J’avais rencontré Marie-Louise avant qu’elle ne soit lâchement licenciée. On n’avait pas parlé d’affaires de cœur. Mais j’avais senti que lorsqu’elle parlait de lui, sa voix se faisait plus douce, un peu hésitante, caressante. C’était une fille gentille qui restait sans défense devant la méchanceté des hommes. Elle avait les rondeurs qui attestaient de son bon caractère. Elle ne fit pas d’éclat, même si son départ était, je l’ai su plus tard, une véritable injustice, elle avait payé pour des autres qu’elle n’avait pas voulu dénoncer. Elle était partie sans bagages et on m’avait pas la suite donné son bureau.

Au début de sa « carrière », elle était jeune et spitante, elle avait sympathisé avec lui, jeune lui aussi et sans doute moins con que les autres. Derrière son dos, les collègues, grivois, ricanaient. Ils avaient bien remarqué qu’aux réunions, ils s’asseyaient toujours l’un à côté de l’autre et ils échangeaient des messes basses.

Ils avaient bien remarqué que lorsque l’un prenait congé, l’autre ne se présentait pas au travail. Qu’ils finissaient presque toujours à la même heure alors qu’ils avaient chacun leurs propres horaires flexibles, que le hasard les faisait se croiser à la sortie !

Ils les imaginaient dans leur parfaite connivence, allant jusqu’à donner des détails salaces sur ce qu’ils étaient en train de faire ensemble alors qu’eux, ils n’avaient que ces blagues foireuses durant leur travail pour se faire mousser un peu et sortir de leur banale médiocrité qui n’aurait pas pu plaire à une fille bien.

Moi, je refusai de rentrer dans leur jeu, les commérages, très peu pour moi. Cette propriété qu’on attribue si facilement aux femmes, moi qui travaillais dans un milieu presque exclusivement masculin, je ne voulais pas leur donner l’heur d’y rentrer à mon tour.

La vie des autres ne concernait que les autres et je leur laissais le privilège d’y vaquer à leur guise.

Il se contentait de répéter : c’était l’amour de ma vie et je n’osais pas lui demander la suite de leur histoire d’amour. Je savais que quelques années après son licenciement, elle avait eu un grave accident, tombée sous une voiture pour sauver une vieille dame qui traversait la rue. La vieille dame s’en était tirée sans même avoir conscience de la catastrophe qu’elle avait provoquée. Marie-Louise était restée boiteuse et ne quittait plus sa canne. Elle avait fini par divorcer, incompatibilité d’humeur, rabotage usuel des habitudes.

Elle vivait seule, sans enfant.

Et lui était resté avec sa femme qui découpait les coupons de promotion dans les toute-boites et l’obligeait à courir les magasins pour réaliser de pseudo bonnes affaires : c’était leur façon d’avoir des activités en commun, depuis longtemps, leur fille était partie vivre à l’étranger avec un « métèque » qu’ils n’aimaient pas beaucoup.

Et Marie-Louise, sa part de rêves, l’avait-il revue ? Peut-être pas, peut-être n’avait-il plus envie de perturber son existence, de tricher, comme il l’avait fait quand il était encore jeune, peut-être voulait-il garder l’image de la Marie Louise  jeune et alerte qui avait fait vibrer son cœur d’artichaut.

 En évoquant quelques vagues souvenirs professionnels communs, je sentais qu’il n’avait pas besoin que je lui réponde, il avait seulement besoin de quelqu’un qui l’écouterait, sans persifler !

 

 

13:09 Écrit par Saravati | Commentaires (21) | Lien permanent

09/09/2011

Mode opératoire

pierres sur pierre rec IMG_2543 DEF.jpg

J’ai disséqué tes sentiments

Pris un à un

Dans l’entremelas des mots

Couchés sur le billard

Tout neuf

 

Ça grouillait comme un

Nœud de vipères

Lombrics en fier cortège

Épingle de poison

Ou équilibre biologique

Je mettais mon masque de chirugien

Enfilais mes gants de latex lyophilisé

Et me penchais sur ce déluge de mots morts ou presque

 

Au loin

J’entendais des cris

Protestation

J’ai cru un instant

Reconnaître ta voix

Elle avait perdu de sa superbe

Insultes

 

Il fallait que je sache

À quel point j’étais contaminée

Je n’avais cure

De tes reproches

Tu avais pris l’initiative

Et j’avais suivi

Bon gré

Mal gré

Imperméable au bon sens

Qui me serinait de me méfier

 

Sur la table redevenue lisse

Les mots se sont affaissés

Perdu le charme

Envolé le rire

J’ai remis de l’ordre

Et je suis sortie

Prendre une bonne bolée d’air.

 

15:19 Écrit par Saravati | Commentaires (16) | Lien permanent

De ses yeux à vos oreilles

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Les yeux de Sagine se promènent dans les couloirs du web comme à travers les pages d'un livre sans cesse renouvelé.

Sagine est une liseuse au sens noble du terme, sa voix caresse les mots et suscite l'émotion.

Elle m'a fait l'honneur de tomber sur mon "Mur" qu'elle a habillé à sa façon, je vous invite à découvrir ce texte et le blog qui l'accueille.

Merci Sagine pour donner aux mots la chaleur de votre voix.

14:12 Écrit par Saravati | Commentaires (1) | Lien permanent