12/08/2011

Murs de prison

escalierrouge_MG_9891 def.jpg

Alignés sagement, ils m’attendaient

Mes compagnons de déroute

Que j’avais délaissés pendant l’euphorie de la jeunesse

Puis les tracas de la vie

Ils redevenaient ce jour

Les barreaux de ma prison reconstruite

De ma solitude en quête de compagnie

Ils s’offraient pudiquement à mon regard

Dans leur tranche fine ou épaisse

Avec leurs lettres proportionnées

Leur reliure dorée ou leur collage banal

Mais surtout leurs discours enflammés

Leurs pensées moroses

Leur habillage poétique

Leur verbiage philosophique

Leur humour caustique

Leurs violons désaccordés

Leurs révoltes échancrées.

 

Les murs de ma prison, je pouvais les toucher, les embrasser, les boire

Ils créaient illusion de vie

Ils n’étaient qu’un grillage où je m’écorchai les doigts.

Et pourtant, ils m’étaient indispensables, souffles de vie apportés par le vent des autres.

Que de rencontres en perspective !

Sans eux, je n’étais plus qu’un fantôme évanescent, rien et encore moins encore…

 

11:34 Écrit par Saravati | Commentaires (9) | Lien permanent

Commentaires

De l'importance du lien social, du tissu. Tisser, réunir. Que suis-je sans toi, ami ? J'existe à travers ton regard.
Et pourtant, que d'attachements, d'enfermements, que tu traduis ici avec souplesse et délicatesse aussi ;-)
Avant... s'aimer soi-même, de sorte d'être cap d'être seul, et de donner aux autres qui viennent ou viendront, sans aucune attente de retour.
Merci pour ton message plein d'humanité...

Écrit par : anonyme | 12/08/2011

Répondre à ce commentaire

Me suis trompé d'url pour le comm ;-) C pas co errante , c moi :-)
(son site est juste au-dessus du mien dans mes favoris et je me goure tout le temps...)

Écrit par : anonyme | 12/08/2011

Répondre à ce commentaire

Le murmure des murs ?...

Écrit par : Gilbert Pinna | 12/08/2011

Répondre à ce commentaire

où le rêve d'une prison dorée ?

Écrit par : Gérard | 12/08/2011

Répondre à ce commentaire

Les murs d'une prison intérieure où l'on se cloître enfermé?
Heureusement le souffle de la vie parvient à les écarter.
Un beau texte qui relativise beaucoup de choses!

Amitiés,
Marc

Écrit par : charlier | 13/08/2011

Répondre à ce commentaire

Un texte très vrai. Chacun.e d'entre nous ne possède-t-il/elle pas sa prison chérie ?

Écrit par : Danièle | 13/08/2011

Répondre à ce commentaire

@ Anonyme
Merci pour ton com même si tu te trompes d'url ...
c'est pas grave, toujours un plaisir de te lire !
Pardon pour cette réponse qui est sans être, ne sachant pas à qui ton com est adressé (les anonymes sont légion:-)

@ Gilbert
Un chuchotis bien agréable parfois !

@ Gérard
Doré à l’or fin sur la tranche…

@ Marc
En fait, ces murs sont des livres où l’on se retrouve parfois enfermé comme vous dites, parfois baigné par l’évasion.

@ Danièle
Tu as raison, nous sommes aussi acteurs de nos prisons chéries !

Écrit par : saravati | 22/08/2011

Répondre à ce commentaire

les murs de sa prison sont indispensables quand on ne connait qu'eux, mais d'autres chemins sont possibles !
Ce texte est très émouvant.

Écrit par : Lautreje | 22/08/2011

Répondre à ce commentaire

@ Lautreje
l'imagination peut reculer et ouvrir les murs vers d'autres chemins, c'est vrai et nécessaire ...

Écrit par : saravati | 24/08/2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.