31/01/2011

L’élégance du hérisson

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C’est un livre étrange qui me laisse un sentiment mitigé.

A certains moments, il s’enlise dans les profondeurs d’une philosophie fouillée, pas toujours compréhensible à tout un chacun. Ampoulée voire pédante, étalage de culture.

Cette concierge comme déconnectée du réel matérialiste pour survivre dans un monde qu’elle s’est créé pour se protéger se lance dans les profondeurs de l’anthropologie ou les délices de l’approche de l’art

 Cette fillette drôlement intello qui tient des raisonnements confus mais aussi fait preuve d’une lucidité inquiétante et pessimiste pour un enfant de son âge

 Et puis deux rayons de transparence qui apportent leur quota de soleil au milieu de la monotonie, en toute simplicité, contrairement aux deux narrateurs : le gentilhomme japonais spontané et digne et l’amie portugaise, femme de ménage au grand cœur et aux multiples talents.

En dehors de passages (assez nombreux) que j’ai trouvés passablement intellectualisants, le livre est empreint d’une profonde sensibilité et analyse avec finesse la société qu’il décrit.

La fin tragique évite cependant l’écueil du sentimentalisme.

La mort est une autre composante du livre. Tout au long, elle apparaît en filigrane.

Elle explique par son histoire le repli du personnage principal. Elle se présente comme une solution à l’enfant qui refuse de devenir semblable à son milieu oppressant.

La mort aussi comme un dénouement facile face à une belle relation naissante mais qui serait forcément conflictuelle. La bonne société ne permet pas ces écarts de milieux. Pour ne pas tomber dans le conte de fée new wave !

Pour démontrer que certaines personnes n’ont pas droit au bonheur ?

 

L'élégance du Hérisson - Muriel Barbery

19:45 Écrit par Saravati dans Veine de lecture | Commentaires (17) | Lien permanent

21/01/2011

Les traces d’un roi

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Dans la nature qui avait repris son autonomie, rien ou presque ne me séparait de cette atmosphère à la Giono. Atmosphère feutrée et inquiétante d’un « roi sans divertissement »

Je m’enfonçais dans la neige en suivant la piste d’un meurtrier imaginaire.

Les pas s’entremêlaient, les motifs en relief perdaient peu à peu leur identité.

Autour, rien que des arbustes chargés et l’étendue à perte de vue ou presque sous le ciel plombé où la silhouette sombre d’un oiseau affamé se dessinait parfois. Des parcelles de brume estompaient les contours.

Dans l’effort pour me frayer un passage au travers de la poudre dense, je réduisais le pas pour reprendre mon souffle, la bouche et le nez chaudement emmitouflés derrière les mailles d’une écharpe tricotée main.

11/01/2011

C'eût été ...Noël ...

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Noël c’eût été une fête

Si tu n’étais parti bien avant les illuminations

Ébloui par je ne sais quelle égérie

Pour moi glas-sirène

Eclats de rire

brisés

Etincelles d’humour

en désuétude

Que des grognements croassant

Ta soudaine mauvaise humeur

 

Noël

à un moment détaché de nos temps subjectifs

de nos convergences secrètes

C’était tous les jours

Présents et à venir

A l’époque où je rêvais en couleurs

De toi

avec toi

Sans nécessité de poser des certitudes

 

Les fêtes vraies ou fausses

aussi se diluent dans le brouillard des illusions

 

Noël

c’est fini depuis si longtemps

Après un automne doré et tourmenté

Et d’autres saisons que je ne calcule pas

cette fête redevenue étrangère

Au loin me rappelle

Dans les bourrasques saisonnières

Combien j’aimais

Prononcer ton nom.

16:31 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (12) | Tags : noël, illusions, fête, couleurs | Lien permanent

04/01/2011

Une fable

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Avant que tu ne deviennes grand méchant

Je t’ai aimé, petit loup

Moi, douce agnelle

Innocente et rieuse

 

Je n’ai jamais douté

L’intensité des émotions

l’impression de les

partager  avec toi

 

Je n’ai jamais imaginé

Que mon visage découvert

Pouvait s’attendre aux griffures des ronces

 

J’étais bien dans tes rires

En sécurité dans tes colères

A l’abri dans tes critiques

A l’aise dans ton partage du savoir

 

Je ne demandais rien de plus

 

Mais toi qu’as-tu  imaginé ?

Je n’ai jamais dessiné l’ombre d’un tsunami

Dans ta vie

Dans la mienne

J’étais

Tu aurais du le pressentir

trop diaphane

Pour représenter

Un danger

quelconque

 

Il me suffisait de t’entendre

De te lire

Te répondre

 

Rien de plus

Je n’ai jamais eu l’intention

De tisser des histoires

Ou de bousculer celle des autres

 

Comme je t’ai aimé petit loup

En tout bien tout honneur

Sans arrière-pensée

Mais toi tu as eu peur

Et tu as montré tes crocs

D’abord

Boudé

Fui

Ignoré

À jamais …

 

Parfois j’entends encore

Ton rire

Loin

Il n’arrive pas jusqu’à moi

Le vent l’emporte ailleurs

A travers les ailes capricieuses

De tes nouveaux moulins

 

Bon vent alors

Ne tourne pas trop souvent

A se disperser

Encore et encore

On finit par s’appauvrir !

10:36 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (11) | Tags : loup, vent | Lien permanent