10/11/2010

Distances

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Les distances se creusent

Sans qu’on l’ait voulu

Elles mènent vie autonome

Espace entre des jalons associés d’abord

Puis dissociés

Elles créent de grandes étendues de vide

Où l’on peut bercer des mots déhanchés

Ou s’enrobent d’un sirop gluant silencieux

Où béent les fissures échancrées des souvenirs

 

Les distances sont le lot quotidien

Des amants qui n’aiment plus

Des amis qui ne se parlent plus

Des parents qui se déchirent

 

Elles s’engraissent et se nourrissent des rancoeurs

De la mauvaise foi

Des mensonges

 

Jamais elles ne souffrent de disette

Elles ne posent pas de question sur leur raison d’être

Elles se contentent de picorer au gré des rencontres avortées

 

13:17 Écrit par Saravati | Commentaires (19) | Tags : distances, vide, souvenirs | Lien permanent

Commentaires

je serai plutôt d'avis de dire en regardant l'image
que ces sillons sont chacun indépendants, mais vivant à côté les uns des autres, et que sans eux point de sillons juste un amas de terre ;)

Écrit par : imagine | 10/11/2010

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Très joli texte mais il arrive que les amis, les amants, les parents, à la faveur d'événements ou tout simplement par désir, travaillent à combler ces sillons. Seront-ils solides ? Tiendront-ils le temps d'un hiver ou d'un printemps ? Qui sait ? Mais essayer est déjà un grand pas au dessus du vide.
Ça me fait plaisir de vous retrouver ici. J'avais "disparue" quelque temps. Je reviens mais autrement. J'espère vous lire.

Écrit par : Les nuages bavards | 11/11/2010

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Vous décrivez joliment une chose triste mais souvent inéluctable.
En dehors des cas de conflits les distances se creusent par la force des choses: dispersion géographique,manque de temps ou profession envahissante.
Pour les combler il faut une ou des personnes rassembleuses, fédératrices et lutter contre les agendas trop chargés.
Et pourtant tous diront qu'il est si bon de retrouver sa famille, ses amis.
Amitiés,Marc

Écrit par : marc charlier | 11/11/2010

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Tes mots-sillons réduisent la distance, forcément.

Écrit par : co errante | 11/11/2010

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Sillons ou parallèles qui ne se rencontrent plus, pourtant en adoptant une certaine perspective, ils (elles) finissent par se croiser en un point de "fuite".

Écrit par : Frédérique | 11/11/2010

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j'aime ces sillons de la vie ! partir, revenir mais vivre !!

Écrit par : Lautreje | 11/11/2010

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Il y a parfois des sillons qui se rejoignent heureusement..et nous-mêmes nous pouvons nous trouver entre deux sillons et les rejoindre...par un pont ou un tunnel

Écrit par : gazou | 12/11/2010

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sillons qui séparent, mais aussi qui relient, étrangement, parfois.
(je viens de me rendre compte que je répète ce que tous les autres ont déjà dit...)

Écrit par : aléna | 12/11/2010

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Ces sillons sont des échancrures, des ourlets
qui font et se défont.

Écrit par : Gilbert Pinna | 12/11/2010

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En regardant la photo, je remarque que la distance n'est pas trop importante et que la direction est la même, il suffirait d'un rien...
Marcelle

Écrit par : Pâques | 12/11/2010

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@ imagine
La photo symbolise l'espace qui sépare des sillons parallèles, mais on peut y voir ce qu'on veut.

@ Nuages bavards (mais qu'on a envie d'écouter)
Contente de vous (re)découvrir. Espoir de lendemains meilleurs qui rapprocheront des êtres pour l'instant éloignés.

@ Marc
Oui, il y a aussi une part de volonté dans ces distances qui s'établissent. Merci de votre lecture. Bon dimanche !

@ co-errante
des micro-sillons, peut-être !

@ Frédérique
Sculpter la perspective selon nos aspirations, voilà un concept intéressant !

@ Lautreje
Les sillons de la vie dont on peut influencer le traçage !

@ gazou
Les ponts et les tunnels seraient-ils plus fort que les espaces séparés qu'ils relient ?

@ Aléna
Mais c'est si joliment exprimé. Parfois, je ne lis les commentaires des autres qu'après avoir déposé le mien, les redondances sont admises et même bienvenues !

@ Gilbert
Quel fin couturier vous faites !

@ Marcelle
Il suffirait de presque rien ... comme chante Reggiani !

Écrit par : saravati | 13/11/2010

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La dernière phrase est terrible:
"Elles se contentent de picorer au gré des rencontres avortées"
Si elles en font que picorer de ci de là...elles ne peuvent plus se nourrir...
Et la relation ne peut que mourir en effet...

Écrit par : Coumarine | 14/11/2010

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La vision commune est solitude. Certains regardent la télévision pour avoir l'impression de l'oublier.

Écrit par : Blog_trotter | 14/11/2010

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Très beau texte qui se lit par un temps gris... ça va pas nous remonter le moral tout ça...
Graphisme très intéressant pour la photo, ce sillons semblent infranchissables !

Écrit par : Hasard | 14/11/2010

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Ces délires sont fort sympathiques et écrits de main de maître, on se sent bien ici. Les distances prises au fil des ans sont inéluctables, elles deviennent infranchissables ou bien parfois à la surprise de retrouvailles se comblent de façon surprenante... ou bien elles demeurent à jamais. En effet, les sillons fabriqués par la vie sont parfois de profondeur tellement différente que les efforts pour les abouter paraissent infranchissables. Amitiés salines

Écrit par : Malou | 15/11/2010

A force d'interroger les sillons, j'ai vu sortir de terre les premiers germes.

Écrit par : danièle | 15/11/2010

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@ Coumarine
En picorant ça et là et de manière régulière, on arrive à survivre !

@ Blog trotter
Comment vous regardez la télé. C'est pour ça qu'on ne vous voit plus ... à moins que paraissiez à la télé, des bruits ont couru ...quand donc ?

@ Hasard
Merci. Le temps gris a fait place à un superbe soleil ce lundi. Et du coup, les sillons deviennent presque accessibles ...

@ Malou
Il faudra bien retrousser ses manches et retourner ces sillons pour leur donner forme plus conviviale.
Merci pour ta visite et bienvenue ici, j'ai placé ma maison sur terrain plus lisse que ces sillons.

Écrit par : saravati | 16/11/2010

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Non je n'ai pas la télé. Je vais effectivement y paraître mais je ne sais même pas quand sur France 5 puis sur France 3. Dans un documentaire consacré à Gaston Defferre, ancien ministre sous le règne de Mitterrand et longtemps maire de Marseille. Mais je vous tiendrai au courant...
Pas de quoi en faire une tartine non plus.
Sinon oui je fais un peu relâche sur le blog oui. Des travaux en écriture...;)
à Bientôt madame Saravati.

Écrit par : Blog-trotter | 16/11/2010

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@ Blog trotter
Un doublon que j'efface (y a pas qu'à moi que ça arrive !)
Prévenez- nous donc. J'allume très rarement la télé, me demande si je ne devrais pas me désabonner. Parfois, je me rends compte qu'une émission intéressante est passée sans me voir ! Bon vent favorable à l'écrivain à l'écriture colorée !

Écrit par : saravati | 16/11/2010

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