25/09/2010

Didascalie

 

salle de réception chen 117 def.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu es ma didascalie

je te regarde

et je sais

exactement

où tu souhaites que je mène mes pas,

vers toi

ou loin de toi,

lignes invisibles tracées sur le sol.

 

Tu ouvres l’interrupteur de ma mémoire

Eclaircis le ciel quand les nuages tombent en grandes trombes,

 

Tu es le parapluie qui m’abrite des regards indiscrets,

Disculpe mes doutes

Evacue mes angoisses,

 

Je te cherche là où tu n’es pas

Te trouve où tu voudrais que j’aille te chercher,

Dans les longs couloirs où tu te faufiles,

Où tu essaimes tes paroles habiles ou acérées.

 

Les objets que sur ma route tu poses sont

exactement

les choses dont j’ai toujours rêvé.

Ils s’accordent à la couleur de mes yeux,

de mon teint,

M’enveloppent de tulle phosphorescente et douce

S’arriment à la mielleur sucrée de ma chevelure

 

Tu es mon encadrement humain

 varié, fluctuant :

 le gentil, le doucereux, le comique,

 le volage, le flatteur, le colérique,

 le caractériel, le cruel, le mufle

 

 Tantôt caresse, tantôt épine

 Tu te déplaces à travers mon univers

 comme un chat sur les toits la nuit

 s’introduit dans les jardins obscurs

 pour y chaparder quelque ambroisie

 ou mendier quelque câlin aussitôt digéré

 

L’instant d’après tu es déjà ailleurs,

retombé sur tes pattes

dans des lieux

dont je ne suppose même pas l’existence

dans des galeries

dont je serais toujours extérieure.

 

Toi, ma didascalie

 Omniprésente et vive…


19:53 Écrit par Saravati | Commentaires (9) | Lien permanent

Commentaires

AH...j'aime beaucoup ça ! L'idée est absolument géniale mieux qu'une conscience ou en complément plutôt une didascalie, nos vies sont ainsi des pièces en plusieurs actes paraphées... hum !! tu m'inspires ma douce ! :*

Écrit par : Les Héphémères | 26/09/2010

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Un texte plein d'amour. Ce qui accompagne, tient debout la scène, toute une dramaturgie vivante, ce qui donne corps et âme, plante le décor, les gestes, les heures, ce qui rassemble le tout...

Écrit par : Brigitte giraud | 27/09/2010

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Subtile complice !

Écrit par : Lautreje | 27/09/2010

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Des consignes aux poètes antiques à notre temps quel beau poème, un vrai voyage au pays de la sensibilité, merci!

Amitiés,

Marc

Écrit par : Marc Charlier | 30/09/2010

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Des pas pas perdus...

Écrit par : co errante | 03/10/2010

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s'accroche à tes yeux, mais de quels couleurs sont-ils ? ;)

Écrit par : imagine | 05/10/2010

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@ Les Héphémères
et le théâtre est loin d'être fermé (euh, je l'espère !)

@ Brigitte
Tous ces détails de la vie qui ont en font quelque chose de complet.

@ Lautreje
Complicité dont les partenaires sont parfois fluctuants.

@ Marc
Merci à vous pour vos commentaires sensibles.

@ co errante
des p'tits pas, des p'tits pas, toujours des p'tits pas (j'ai adapté les paroles de la chanson!)

@ imagine
Il suffit d'ouvrir les yeux pour le voir ou d'imaginer ...

Écrit par : saravati | 07/10/2010

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Ca fait un moment que je rêvasse sur tes mots.
J'en ai connu un comme ça faut croire...
Entre joie et peine mais l'essentiel c'est qu'il nous fait sentir vivant.

Écrit par : Pastelle | 04/11/2010

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@ Pastelle
Vivants, nous le sommes même sans l'autre.
Que tes rêves soient doux !

Écrit par : Saravati | 05/11/2010

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