03/07/2010

Bassesse

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Sa bassesse était tellement haute
Elle n’arrêtait pas de se hisser au
Sommet du mât
Où ses mots sifflaient comme des gifles au vent

Tout était faux
en lui
Ses mots coupants
tombaient en rafale

Et pourtant
Je l’avais aimé
avant de savoir …
dans les volutes fumeuses
des premiers rires
dans les attentions
qui se dressaient, spontanées
comme les premiers bourgeons

Cette année-là
il n’y eu ni printemps
ni hiver
quelques brumes tardives enivrées
d’automne
Puis les giboulées versatiles
Pressées d’en finir au plus vite !

Et lui Maître du temps
tout enrobé
de sa bassesse en cours de mât
S’amusant de me voir souffrir
Comme un insecte qu’on écrase !

17:45 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (13) | Lien permanent

Commentaires

Quand les brumes "enjolivantes" de l'amour se dissipent, que nos visions éclairées d'une nouvelle lumière nous montre cet autre inconnu. Reste souvent l'âpre gout de soi. Un soi fragile et fort, écrasé mais en vie et quelques temps après, libre pour peut être encore se tromper mais toujours se donner !

Écrit par : Les Héphémères | 03/07/2010

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Il y a des personnes qui recherchent sans passion des miroirs plus ou moins réfléchissants.
Des reliefs de chairs qu'ils escaladent comme on va à la besogne. Ils ne sont que surface et piquent à coeur en prenant bien soin de nettoyer leur mât dès que le sommet est atteint.
Par habitude, ils n'utilisent les mots que pour exprimer l'apparence. Gardant pour le dessert leur insatiable "faim de moi". Et les épluchures pour leur victimes.

Écrit par : Blog_trotter | 03/07/2010

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C'est dur, mais c'est vrai - et c'est vraiment bien écrit. (bon, c'est pas génial comme commentaire, mais c'est sincère)

Écrit par : aléna | 04/07/2010

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Je n'oserais pas le qualificatif "beau" pour votre texte, tellement il est violent. Mais vos mots sont si sensibles, si résonnants... aussi vivants qu'un scénario, qui malheureusement se répète.

Écrit par : Claire | 04/07/2010

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"comme des gifles au vent" : ...ce sifflement est fracassant.

Écrit par : Gilbert Pinna | 04/07/2010

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"Comme un insecte qu'on écrase", alors l'insecte doit vite se sauver avant l'ombre de la semelle... iL Y A DES RENCONTRES ET DES AMOURS NOCIVES. S'en préserver ou comme on le peut, écouter sa justesse.
Belle journée à toi, libre dans le vent , Saravati !

Écrit par : brigitte giraud | 05/07/2010

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l'ami des chats Un tyran pulvérisé par un poème aussi beau que vengeur!

C'est impressionnant de vigueur et très beau à la fois.

Amitiés,

Marc

Écrit par : Charlier | 07/07/2010

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Bassesse commentée @ Les Héphémères
Se tromper, c'est aussi la certitude que l'on est toujours vivant.
Ah! Aragon et Barbara qui pleurent les amours malheureuses, le coup de grâce, merci !

@ Blog trotter
Magnifique commentaire ! Une réécriture de mes mots, merci !

@ Aléna
Merci, il m’arrive aussi de rester sans voix devant tes textes …

@ Bonjour Claire
Scénario bien banal, hélas. Etes-vous la Claire que j’ai rencontrée chez JEA. Dans ce cas, contente de vous retrouver, sinon, contente de vous découvrir !

@ Gilbert
Les gifles quelles qu’elles soient font toujours mal (sauf les gifles de cinéma et encore !)

@ Brigitte
Les amours n’apparaissent nocives que lorsqu’il est déjà trop tard, même si des signes précurseurs …

@ Marc
Un tyran qui se relève après la chute ? Merci Marc, amitiés

Écrit par : Saravati | 07/07/2010

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Texte très touchant. Ces tyrans là sont nombreux. Comment s'en prémunir ? En tout cas, la moindre larme versée pour eux est déjà trop d'honneur à leur faire.

Écrit par : Danièle | 07/07/2010

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je sais pas trop comment le dire... je suis d'accord avec Marc !

Écrit par : carole | 08/07/2010

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et ce que dit Les Héphémères : libre pour peut-être encore se tromper mais toujours se donner !!! magnifique ! Aîe d'un coup je me mets à chercher si je ne serais pas aveuglée par l'amour en ce moment ??? pas bon ça :-)... Merci pour ce texte... en tout cas ! c'est tellement vrai, je l'ai tellement entendu cet air là ... dans plusieurs tonalités... tu en fais quelque chose de grave et de léger - c'est ton style et là c'est vraiment fort. et de ce traumatisme (on peut le dire) tu crées une forme libératrice.

Écrit par : carole | 08/07/2010

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Réponses @ Danièle
Mais qui sont-ils vraiment ces tyrans, n'ont-ils jamais eu une once de sincérité ?

@ Carole
On recommence toujours les mêmes erreurs. Mais cette propension à donner est ce qui fait notre humanité. Ne pas devenir comme les tyrans qui font semblant de donner et reprennent aussi vite. Merci à toi, Carole. Et si tu es aveuglée, sache que ce genre de cécité n'est pas irréversible !
c

Écrit par : Saravati | 09/07/2010

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