17/04/2010

Elle est partie

 

_mur boites aux lettres 2 MG_7451 def.jpg

 

 

Elle est partie, elle aussi, a claqué la porte, simplement laissé quelques traces.

La fatigue de l’obligation d’être une vache laitière distillant au jour le jour ses billets appétissants.

Produire, produire sans relâche pour une clientèle friande qui n’en a jamais assez.

 

Devoir justifier ses silences, devoir dévoiler ses humeurs, répondre gentiment ou ironiquement aux commentaires quels qu’ils soient…un apostolat, me direz-vous !

On entre en blog comme on entre en religion ?

Et rendre les visites, politesse oblige, sinon reproches ou représailles.

 

Tiens, il ne vient plus me voir ! Pourquoi ? Il ne m’aime plus ? Et elle, non plus. Fâchée parce que je lui ai dit ce que je pensais de ce qu’elle avait écrit un jour sans imagination ?

 

Mais elle, des commentaires, elle en recevait par grappes pas toujours touffues cependant.

Des petits rires étouffés, des clins d’œil, des jeux de mots…on se serait cru à la maternelle, des fois.

Elle semblait aimer ça, elle répondait avec fougue, toujours individuellement ou presque. Quand elle était fatiguée, un petit salut collectif devait bien leur suffire quoique un peu déçus, je pense !

 

Elle a raison d’arrêter quelque chose qui ne l’amuse plus. Dans la vie, quand on fait quelque chose de pas obligé, ça doit être avec plaisir. On a déjà tellement de contraintes ailleurs.

 

Ici c’est l’espace ludique, convivial, le plaisir de séduire à travers ses mots, de partager des souvenirs, des sensations, parfois d’exprimer sa peine pour ne pas la garder esseulée dans son coin !

 

Oui, elle a eu le mérite de partir, s’arrogeant d’autres projets, pour elle seule, cette fois.

Un peu triste de quitter ses complices de tous les instants d’évasion, mais aussi au regret de ne pas l’avoir fait plus tôt, d’avoir attendu que la lassitude s’installe, que l’obligation devienne à ce point pesante…

 

Pas de regret à avoir, chacun cherche son bonheur et le bonheur n’est pas quelque chose de linéaire, il fluctue avec l’âge, le temps, les lieux, les états d’âme.

 

Si je l’avais mieux connue, (j’ai bien essayé parfois de lui parler, mais elle semblait imperméable à mon langage) je lui aurais rendu ici un hommage pour sa fulgurance, sa vivacité, la légèreté de sa plume, sa sincérité, aussi, cette manière de se mettre à nu avec élégance.

Bonne route, à toi, écrivaine !

 

Ce texte est une variante de "L'écrivaine" posté en février 2010

 

Commentaires

Elle est partie laissant une plume habile pour la décrire ...
Je ne sais pas si c'est un vécu mais les blogs s'ouvrent , se ferment , se pausent , et nous on dispose de ses pans de vie qui parfois font pan ! Certes la douleur de la clôture ne perdure jamais longtemps ( surtout quand le portail reste entrouvert ) On chemine dans d'autres sphères posant en prétexte littéraire ... ou tout simplement un coucou amical !
Il y a des endroits où l'on s'attarde plus longtemps où l'on se dit ( surtout je me dis !) wôa! C'est beau!
Tu ne quittes pas le blog ! ? Hein !! ^^;o)
Douce journée et merci pour ton passage sur mon nuage ;o)
Je file me promener ... :)
ps : J'irais dès mon retour lire L'écrivaine :)

Écrit par : Marie | 17/04/2010

Répondre à ce commentaire

Mon petit Prince est tout simplement mon fils Alexandre parti rejoindre les nuages il y a deux ans .... Il avait 26 ans ...
Euh sinon je ne comprends pas trop que ton commentaire ai disparu ! Mékeskecékecékeca ! ^^^;o)

Écrit par : Marie | 17/04/2010

Répondre à ce commentaire

Comme un échoppe fermée Très bon choix de photo.

Écrit par : AppAS | 17/04/2010

Répondre à ce commentaire

Un bel hommage. Pas un auto hommage:-),j'espère.

Écrit par : éric | 18/04/2010

Répondre à ce commentaire

ça c'est très très beau. ça me plait quand vous parlez de l'écriture - déjà la piquidée m'avait botté! - et vous en parlez bien, vraiment.

Écrit par : aléna | 18/04/2010

Répondre à ce commentaire

il en est qui consumment un blog comme on fume une clop et repartent en laissant un tas de cendres...
d'autres qui entrent sans frapper qui que ce soit et emportent ensuite la porte
certain(e)s se mettent sur la pointe des pieds pour vous lire puis remettent leurs chaussures de scaphandres
n'y en a-t-il pas aussi tenus en laisse par leur chien et qui aboient mieux que leurs maîtres(ses)...
n'oublions pas les oiseaux levés de bonne heure
les crapauds écumeurs de jours
les plumitifs primitifs
les joueurs de flûte enchantée
les nuages impudiques
les arbres de marbre
les horloges sans aiguilles ni chiffres

tout ça pour vous dire en résumé que retrouver votre blog enfin descendu de son sky, ça ne rend pas grincheux !

Écrit par : JEA | 18/04/2010

Répondre à ce commentaire

Oui il faut que cela ait un sens. léger aussi.

Écrit par : caro_carito | 18/04/2010

Répondre à ce commentaire

bonne soirée!

Écrit par : marylène | 19/04/2010

Répondre à ce commentaire

Il y en a qui sèment des petits cailloux et puis s'en vont...mais nous voudrions les retrouver dans la forêt des songes :-)
Amicalement
Marcelle

Écrit par : Pâques | 19/04/2010

Répondre à ce commentaire

Nous devrions pouvoir écrire et semer nos papiers pour la beauté des mots, autonomes et vivants ...
J'aime bien qu'on m'entende et qu'on me réponde, c'est bien un cri, non?
Ahhh mais publier !!

Écrit par : kouki | 19/04/2010

Répondre à ce commentaire

Oui, un choix toujours, et ne pas être addict du blog et des commentaires, ou le moins possible alors. Parce qu'on l'est tous un peu non ? Veut pas que ce soit des semailles au vent, même si on sait bien que... Enfin, pour l'exercice que c'est, l'écriture qui vient, et lâche pas, et va voir ailleurs et ce sera bien aussi. Mais surtout pas de "devoir" faire, "devoir" rendre...
Belle journée pour demain;

Écrit par : brigitte giraud | 20/04/2010

Répondre à ce commentaire

T'es plus jolie que jamais
Sauf le cœur
Ton cœur n'a plus la chaleur
Que j'aimais
Il bat au rythme du fric
Il vit à l'ombre des flics
Il ne dit plus aux copains

Ça va ça vient

Toutes ses bontés passées
Ses exploits
Il compte comme un huissier
Qu'on lui doit
Ton cœur n'a plus la chaleur
Que j'aimais

T'es plus jolie que jamais
Sauf le cœur
La nuit que je t'ai connue
T'étais nue
Tu jouais les affranchies
Sans chichi
Mais t'avais quand tu guettais
Le pauv' con qui te quittait
Le regard noyé d'un chien

Ça va ça vient

J'ai dit pour te consoler
Des conneries
T'as frotté ton petit nez
Et t'as ri
Tu jouais les affranchies
Sans chichi
La nuit que je t'ai connue
T'étais nue

T'aimais pas un sou vaillant
Sauf ton corps
Mais ton corps c'était payant
Un trésor
Un trésor que tu donnais
Comme on vide son port' monnaie
Dans la main d'un plus paumé

Ça va ça vient

Depuis tout c'qu'on s'est donné
De bonheur
Pour se dire on se retenait
La pudeur
Mais ton corps c'était payant
Un trésor
T'aimais pas un sou vaillant
Sauf ton corps

T'es plus jolie que jamais
Sauf le cœur
Ton cœur n'a plus la chaleur
Que j'aimais
Il bat au rythme du fric
Il vit à l'ombre des flics
Il ne dit plus aux copains

Ça va ça vient

Si tu l' laissais s'échapper
Du frigo
Je saurais le rattraper
Tout de go
Mêm' s'il n'a plus la chaleur
Que j'aimais
T'es plus jolie que jamais
Sauf le cœur.
...Petit chanson triste de l'ami Bobby.

Écrit par : L..............................uC | 20/04/2010

Répondre à ce commentaire

Vous êtes venus @ Marie
Non, je suis toujours là, parfois lasse, mais ça ne dure pas. Merci pour tes mots joueurs !
Pour le Petit Prince, j’ai répondu chez toi !

@ AppAs
Merci de la part des boites vides remises à l’honneur !

@ Eric
Merci, non je ne pense pas être aussi narcissique pour me mettre en scène, je l’espère, du moins ! A bientôt !

@ Aléna
Je suis une droguée des mots, je les tourne dans tous les sens, quand ils me boudent, j’essaie de les inventer. J’aime beaucoup parler de l’écriture sous toutes ses formes et comme je manque d’inspiration, je trouve en elle une source inépuisable (la danse est aussi un très beau sujet !). Merci.

@ JEA
J’adore. Votre commentaire relève mon texte d’un éclat fulgurant. Sourires. Très jolies images.

@ Cari carito
Ce sont nos humeurs qui donnent un sens aux choses.

@ Marcelle
La mémoire n’est pas toujours une faculté qui oublie et c’est tant mieux !

@ Kouki
Oui, les mots sont en soi autonomes, mais pour qu’ils soient (plus) vivants, il faut qu’il puisse ne pas rester confinés dans notre sphère. Publier ? Un rêve (pas) modeste et fou, tu ne crois pas ?

@ Brigitte
C’est vrai, Brigitte que tenir un blog est un stimulant à une écriture plus régulière. Et si on suscite des réactions …nous ne sommes pas de marbre. Mais parfois, l’exigence sociale est telle …c’est cette situation que j’ai voulu illustrer.

@ Luc
Bienvenue dans mon petit chez moi, merci pour cette belle chanson !
Les mots aussi, ça va, ça vient et on souhaite que le cœur y soit...longtemps !

Écrit par : Saravati | 20/04/2010

Répondre à ce commentaire

C'est bien balancé cet hommage.
Parfois j'en ai ma claque aussi; ma claque du virtuel et de ses bisounours en +.
Je t'envoie des ondes de douceur printanière.

Écrit par : Edouard | 21/04/2010

Répondre à ce commentaire

Edouard AH, les bisounours sont immuables, on a beau essayer de les pétrifier, ils renaissent, fortifiés, de leurs propres cendres (!), ici ou ailleurs ...merci pour tes ondes chauffantes, tu peux augmenter un peu le thermostat ?

Écrit par : Saravati | 21/04/2010

Répondre à ce commentaire

Bon, voilà que je ne peux pas écrire de com sur face au petit bois.
Aaaaaah! Saravati! vous êtes habile, maintenez le suspens, et... ne donnez pas la réponse! Un geai? Il a des plumes... Oh! je l'aime bcp, même sans le voir, ce petit animal.

Écrit par : aléna | 21/04/2010

Répondre à ce commentaire

Aléna Décidément, geai pas de chance avec tes commentaires.
J'avais mis comme titre au départ "le faisan" et la photo d'une plume, mais en chemin faisant, j'ai changé d'avis ...
Mais pas aussi joli que les bulbuls de Pha !

Écrit par : Saravati | 21/04/2010

Répondre à ce commentaire

Des racines sèches et évasées qui percent le béton, non loin, à deux pas, un petit bois.

Écrit par : Gilbert Pinna, le blog graphique | 22/04/2010

Répondre à ce commentaire

Gilbert Tout s'emmêle, les pinceaux de bois et de pierre, la nature reprend possession de son dû ...

Écrit par : Saravati | 22/04/2010

Répondre à ce commentaire

C'est une belle réflexion sur l'écriture, ses exigences, son ascèse, son difficile cheminement, le douloureux bonheur que ce dernier contient. Un texte bien écrit, le seul que je peux lire... faute de visibilité de tes autres créations sur mon écran.
Bises amicales
Géraldine

Écrit par : MULLER Geraldine | 23/04/2010

Répondre à ce commentaire

Merci Géraldine pour ces mots accueillants.
Le syndrome skynet continue donc à sévir.
Quels sont les textes que tu n'arrives pas à lire ? Parfois il suffit que je les reposte en faisant un copier-coller. C'est vraiment la galère en ce moment !

Écrit par : Saravati | 23/04/2010

Répondre à ce commentaire

bon samedi lol

Écrit par : marylène | 24/04/2010

Répondre à ce commentaire

Pareil que Géraldine, je ne peux pas lire les tulipes... je m'insurge! c'est que je ne sais pas encore lire dans les âmes...

Écrit par : aléna | 24/04/2010

Répondre à ce commentaire

Aléna Je vais essayer de repiquer ces tulipes, mais le sol de mon skynet est bien aride en ce moment, faudra-t-il que j'invoque les cieux ?
A défaut de lire dans les âmes ...le marc de café, peut-être ?

Écrit par : Saravati | 26/04/2010

Répondre à ce commentaire

Il y a vraiment un problème ! Le billet d'aujourd'hui (Orbe) apparaît avec la voiture Légo ! Quant aux tulipes, elles sont muettes ! Rien ne va plus dans le royaume d'Explorer, en revanche tout passe très bien avec Firefox. Rusé, le renard...
Bises.

Écrit par : CW | 26/04/2010

Répondre à ce commentaire

J'ai sûrement manqué des choses. Je lis ici de très beaux textes.

Écrit par : Danièle | 11/05/2010

Répondre à ce commentaire

Merci Danièle Petite question, j'ai déjà à plusieurs reprises essayé de poster un commentaire chez vous mais je n'arrive pas, faut-il s'inscrire (j'aime pas trop) ?

Écrit par : Saravati | 12/05/2010

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.