29/12/2009

Blog illisible

L'un de vous me dit que mes deux derniers billets des 24 et 28 décembre ne sont pas visibles.

Est-ce le cas pour vous ? Merci de me répondre.

 

Merci à tous ceux qui m'ont répondu, même à ceux qui, par miracle, (c'est la saison, il paraît !) l'ont fait alors que leur ordinateur n'était pas allumé !

Bonne soirée à tous !


 

15:17 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (15) | Lien permanent

28/12/2009

Fièvre

ombre persiennes _MG_6105

 

 

Baisse l’abat-jour chinois

Aux formes dragonnales

 

Petite fièvre fertile

Qui alimente en sillons

Ce beau front lisse

Et brûlant

Ferme le voile opaque

Sur ce soir enluné

 

A la lumière blanche ombrée des montagnes

Pour que les yeux puissent rester ouverts

Sans crainte de surbrillance

Pour que les paupières puissent continuer

Allégées leur battement de persiennes

 

La bouche desséchée

Te regarde avec ses petites

Commissures crevassées

Appelle la gouttelette qui

Distillera sa parcelle de fraîcheur

Dans ce petit corps moite et difforme

 

Attendre le jour

Que la fièvre capitule

Ou ne capitule pas

 

Savoir enfin

Si cette souffrance si longue et si morne

A jamais eu un sens

 

Au petit matin

Savoir enfin

 

S’approcher de cette forme avachie

Sur l’oreiller détrempé

 

Savoir enfin

Petit matin blême

20:07 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (2) | Tags : fievre, enfant, maladie, matin | Lien permanent

24/12/2009

Compagnie glaciale

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Une bonnedame de neige fait le garde-frontière devant ma porte depuis trois jours.

 

Chaque matin, j’ouvre la porte pour voir son niveau de fondaison, mais elle, imperturbable, ne détourne même pas la tête et ne fond pas devant moi, même pas un filet rose semblant de timidité !

 

Assise à sa table blanche, le verre de rouge posé près de la main, les bras vigoureux, les seins épanouis et son chapeau de feuilles séchées rehumidifiées pour l’occasion.

 

Le blanc autour, jusque là dominant, s’éraille, se souille, se transforme en traînées à la propreté douteuse, crée des nervures irrégulières et grises, dépose ça et là des scories transparentes.

Depuis qu’elle a pris racine, personne n’est venu frapper à ma porte, elle, tampon entre le monde et moi.

De la rue, sa silhouette imposante confère à ces lieux un caractère sacré, inviolable.

 

Je passerai les fêtes toute seule, près de ce glaçon glaçant… à sec, en plus : elle a vidé ma dernière bouteille de rouge …

 

PS : Je ne boirai pas à votre santé, elle l'a déjà fait, amplement !!!

16:55 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (9) | Tags : sante, neige, isolement | Lien permanent

22/12/2009

Boucles enfuies

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Elle regardait ses boucles descendre l’escalier

qui de tête aux genoux venait de se former.

 


Sous les cliquetis impatients

Les belles boucles noires tombaient abandonnées

Volutes sombres se déclinant sur marbre blanc.

 

Tant d’amour dans ces fils s’était évertué

à leur donner mille fois

formes d’œuvres d’art tressées.

 

C’était son seul trésor, sa fierté, son orgueil

et ce jour d’aujourd’hui était un jour de deuil.

 

Sur ses joues lisses, coulissait une traînée rose, presque transparente

Le supplice était maintenant fini mais pour elle commençait

Le regard dans le miroir longtemps la hérisserait.

 

Elle referma la porte en serrant dans son poing,

plus un poing d’enfant et pas encore un poing  d’adulte,

un morceau de papier chiffonné,

le prix de la rançon !

 

21:47 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (14) | Lien permanent

18/12/2009

Couvre-chef automnal

Le vent mauvais comprime les feuilles.

Elles tombent dru sur mes cheveux en bataille.

Ce chapeau d’or et de myrrhe, un peu de guingois me donne l’air d’un clown.

Heureusement, les vitres sales ne renvoient qu’un reflet trouble.

20:23 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (14) | Lien permanent

16/12/2009

Couperet

Elle épingle les mots sur les ailes flétries du papillon déjà vaincu avant l’ébauche d’un combat aux forces inégales.

Sa langue perfide s’évertue à cacher son profil de vipère.

Elle se dandine entre les pierres des mots

Et ses mots sont autant de maux

qu’elle façonne de son lance-pierres.

12:46 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (14) | Lien permanent

11/12/2009

Automne, un soir...

 

Les ombres du passé peuvent-elles encore occulter le soleil présent ?
ciel rose mauve MG_5800

 

Ce soir par la fenêtre qui donne sur ce jardin abandonné aux feuilles d’automne, au-dessus du mur que forment les toits de maisons par-delà l’allée d’aubépines, elle aussi dégarnie, un disque jaune rouge a posé furtivement ses pénates quelques instants puis s’est enfoncé dans le sol invisible, laissant derrière lui un halo de couleurs.

La menace est là, lignes fondues et alternées, du jaune or en passant par le gris bleu et couronné par un voile orangé entrecoupé de mauve, une toile qui s’étale derrière les bouleaux squelettiques et les recouvre de douceur. Le vent les agite et la voile à l’arrière semble amorphe, il faut longtemps s’arrêter à la contempler pour apercevoir ça et là quelques soubresauts timides.

Quelques feuilles pas encore rejetées par le tronc n’ont rien compris à l’enjeu et s’accrochent désespérément à ces bras qui peu à peu les arrachent pour les laisser fuir, se noyer dans les herbes humides ou pénétrer dans l’intimité moite des gouttières
.

00:25 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (14) | Tags : automne, jardin, soir | Lien permanent

05/12/2009

L’escalier de service

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As-tu compté les jours qui t’éloignent de moi, non pas les jours objectifs, ceux que tresse le long déroulement des heures et des instants ?
Non, les jours que sans effort tu as mis entre nous entre les rainures de nos deux réalités disjointes.

Pourquoi es-tu venu et pourquoi es-tu parti ?

Je ne te demandais rien, n’attendais rien de personne, ni de toi que je ne connaissais pas.

Un matin, tu as emprunté l’escalier de service, celui qu’à grand renfort de réserve, j’avais bien calfeutré. Etonnée, je t’ai ouvert la porte, quelques centimètres tout d’abord, méfiante et puis au grand jour faisant rentrer tout le soleil que tu m’apportais.

La confiance, c’était bon, un renouveau, une découverte après tant de tumultes, les sourires de rien, les rires à distance, les mots chaleureux et doux, à l’écoute, sans abois…
Quel doux nectar que la confiance, quel tremplin que ces promesses d’amitié !

Chacun, pourtant, est resté avec ses mystères, ses désespérances, ses non-dits, ce n’étaient que conversations à fleur de réalité, en abstraction avec les pensées profondes qui creusent les douleurs de la vie. Une forme de surprotection réciproque, ne rien dire du passé et vivre l’immanence du présent.

Mais quand l’instant ne repose que sur un bref courant d’air entre deux couloirs de vie, il ne nourrit personne à part, au début, quelques illusions.
Le temps a fait le reste, que peut-il faire d’autre que d’éroder ?

J’avais pourtant gardé des velléités d’amitié. A mon tour, d’emprunter ton escalier de service. Rarement tu étais chez toi et si peu de temps, homme éternellement pressé, tu te targuais.
La dernière fois, tu m’as laissée derrière la porte. J’entendais ton souffle, je respirais ton impatience, sans savoir pourquoi elle s’était dressée entre nous. Non, je n’ai pas tambouriné, à quoi bon, sans doute étais-tu là, mais que pour toi seulement.

Parfois, je m’imagine voir ta silhouette au loin, entendre ta voix prononcer pour d’autres des paroles confiantes ou légères, chanter ou rire…

Chacun continue à vivre, à moi de décider de faire de même sur des bases craquelées et neuves.  S’enivrer de l’humour qui nous tient plus longtemps debout, parler pour oublier, pour laisser moins béante la plaie de la souffrance jusqu’à ce qu’elle cicatrise en laissant en relief ce bourrelet déplaisant qui rappelle…

Je n’ai pas condamné l’escalier, je l’ai simplement laissé à l’abandon, un peu plus poussiéreux avec le temps qui use et les feuilles séchées qui peu à peu s’y fossilisent.

Quel que soit le bruit de tes pas sur l’asphalte, je les reconnaîtrai !

22:16 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (21) | Tags : escalier, amitie, confiance | Lien permanent