27/11/2009

Sommeil postposé

Le soir qui est bien souvent le cours avancé de la nuit, avant de se mettre dans un lit souvent déserté, il s’acharne à établir des statistiques des heures de sommeil qu’il veut en ce jour s’octroyer.

Aura-t-il son soûl de repos, lui qui s’évertue à tricher avec son corps, ignorant à moult reprises les trains fulgurants du sommeil ?

Il reste sur le quai, seul dans sa longue veillée à attendre l’inspiration… et quand vient le moment de consulter l’horloge, il feint de regretter cette dérive chaque fois répétée.

Si on devait additionner toutes les heures de sommeil de sa vie, diviser par la moyenne convenable de répit à s’accorder, il serait sans aucun doute, quelqu’un de très jeune !

Parfois on peut se demander s’il ne serait pas mutant et s’il ne devrait pas livrer son corps à la science pour des expériences secrètes sur les troubles du sommeil et les états de veille prolongés !

16:37 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (17) | Tags : sommeil, horloge, veille | Lien permanent

23/11/2009

Transfuge du virtuel

Je ne savais pas pourquoi il s’était matérialisé ici
Pourquoi il n’avait pas accepté sa condition virtuelle
Pourquoi il m’avait regardée d’un air inquisiteur
Scrutant dans mes yeux une réponse à une question informulée.

Il n’avait rien à faire près de moi
Ni ici ni ailleurs
Il arrivait d’un monde, où je n’avais pas de place
A l’improviste.

Les paroles échangées plus tôt
N’avaient pas consonance de voix
Que des mots imprimés à la hâte
Sur des claviers étrangers l’un à l’autre.

Quelques soupirs alanguis, quelques parcelles de rires
Quelques envolées lyriques piquées dans un répertoire plagié
Quelques fleurs artificiellement entretenues
Quelques émois aussi, quelques sourires timides
Mais déversés parcimonieusement
Sans aucune perspective de concrétisation, jamais.

Comment avait-il pu me retrouver
Au milieu d’indices ténus ou faux que je lui avais donnés ?

Etait-il plus perspicace, plus curieux, plus épris que je n’aurais pu l’imaginer ?

D’un geste brusque, avec un sourire forcé, à la limite du rictus
Je lui fis comprendre que la discussion s’arrêtait là,
Que nous en reparlerions … plus tard.

Je savais dès cet instant que c’était fini
Que le charme du virtuel avait brûlé au contact de la réalité
Que l’écran s’était éteint
Que la liste de mes contacts serait délestée d’un de ses membres.

09:34 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (23) | Tags : virtuel, realite | Lien permanent

19/11/2009

Mots cassants

Tout briser avec des mots, sans savoir comment ils sont arrivés, comment ils ont envahi tout l’esprit et sont sortis comme un train sort d’une gare, machinalement sur des rails prédéterminés, peut-être pas au bon moment, peut-être pas pour une bonne destination.

 

Simplement un alignement de wagons pleins de mots houilleux de rage ou transparents d’indifférence.

 

Des mots à la vie autonome mais que l’on a cultivés dans un champ de mines pour qu’ils vous explosent à la figure au premier frottement contradictoire

 

Des mots qui ont étouffé leurs compatriotes aux contours raffinés, délicats, doucereux pour mieux prendre leur place en première classe, rutilants et braillards

16:05 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Tags : mots, gare, destination, mines | Lien permanent

16/11/2009

Briques en sursis

Le mur à moitié cassé tarde à tomber.

Les fissures se regardent avec méfiance.
Toi, la première. Non, toi.
En chiens de faience !

La petite madone blanche et bleue dans sa niche au bout du mur en perdition, attend un évènement qui la sortira enfin de sa torpeur séculaire.

Rien ou presque ne bouge. En apparence.

En attendant qu’un homme ou une bête ne passe ici le bout de son nez ou de son museau, par curiosité ou par hasard, et reçoive en prime quelques briques fêlées sur le crâne. Ça fera mal, c’est sûr.

Et la petite madone, pour la première fois de son existence de plâtre, éclatera de rire !

09:30 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (11) | Tags : mur, madone, fissures | Lien permanent

13/11/2009

Derrière les mots

Derrière tous ces mots faussement  acides que l’on se lançait à la figure, on devinait  une forme de tendresse inavouée. La colère grimpait à son paroxysme et retombait sous un voile de douce lucidité.

Je restais assise, souriant à ces mots auxquels nous avions donné vie si prenante, l’espace de quelques minutes.

Je n’aurais pas pu dire pourquoi nous nous étions ainsi  accrochés :  le hasard, les ondes, l’humour, un ressenti inhabituel, la connivence de la bagarre, le goût du spectacle aussi.

Oui, ces mots restaient en moi, persistance rétinienne recherchée. Certaines phrases me trottaient dans la tête comme une mélodie qui vous colle et dont on ne parvient pas à se débarrasser.

Mais, surtout, c’était cette volonté de ne pas avoir envie de le faire qui me faisait peur…

08:01 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Lien permanent

11/11/2009

Dialogue décalé

Au milieu du brouhaha, son regard presque vide a accroché le mien.
Un sourire. Réciproque.
Je lui parle dans sa langue qui n’est pas la mienne.
Ai-je baragouiné ? Son sourire s’élargit.
Des sons s’évadent de sa bouche qui rit. Syllabes incohérentes.
Mes yeux interrogent, ma bouche aussi. Elle le sent, répète, s’impatiente.

Et puis, un voile de tristesse obscurcit le gris de ses yeux clairs.
Elle se jette dans mes bras, je la serre, la berce, caresse ses cheveux soyeux aux fins reflets d’or.

Je voudrais, sans rien brusquer, faire tomber les barrières qui séparent nos niveaux de compréhension.
Essayer et essayer encore, formuler, reformuler.

Le visage en face, au-delà du sourire, continue d’imprimer la tristesse.

Je lui dis : « Tu es mon amie ». Elle sourit encore, je lis sur ce visage toutes les nuances des sourires spontanés.

Elle se serre davantage contre moi. Elle me montre des choses qu’avec mon background d’adulte, je n’arrive pas à voir, me dit des mots que je n’arrive pas à structurer.

L’espace d’une rencontre, elle a voulu me faire partager son monde. Je n’y suis pas parvenue.

Elle a quatre ans, je ne connais d’elle que l’ombre de son visage et son infini besoin de tendresse.

09/11/2009

Awesome blogger

Merci à toi, Brigitte, du coeur de ton "Paradis bancal » tant apprécié de m'avoir décerné cet awesome blogger.

Sache que cette mise en exergue me désempare un peu !


awa ...



Alors je joue le jeu et le fais passer à mon tour.
Voici les règles, en six temps :
1 Remercier celui qui te l'a donné
2 Copier l'award
3 Le poster sur son blog
4 Dire sept choses que tes lecteurs ne savent pas sur toi
5 Mettre les liens de sept bloggeurs
6 Les prévenir qu'ils ont gagné un award à leur tour

Des choses de moi ...

1. Je n’aime pas les chaînes quelles qu’elles soient mais il en est de douces et qui étranglent avec délicatesse.

2. Je ne m’attendais pas à cela, le lundi de bon matin, j’avais décidé « journée relâche blog » justement. Je suis donc bien velléitaire de m’atteler à cette tâche.
3. Je viens de retomber dans ma passion de jeunesse : la photo et je galère avec la photo numérique à en attraper des boutons ! J’aime aller, seule,  me perdre pour capturer des segments de vie à travers mon œil focal. J’illustre parfois des textes par une photo, mais pas de manière systématique et je mets un temps fou à choisir « l’élue ».

4. J’ai ouvert ce blog parce qu’on m'y a poussée et je suis bien empêtrée dans la toile maintenant. Parfois, j’ai envie de me détoiler. A part les membres proches de ma famille, personne dans mon entourage ne connaît ce coin de ma vie. Mais j’ai fait ici des rencontres impressionnantes.

5. Je n’aime pas parler de moi et rares sont les personnes à qui je me suis confiée. Je cultive mon jardin secret bien mieux que mon lopin de terre ! Cette brèche dans mon univers n’est que passagère.

6. J’écris sans me poser de questions sur le pourquoi, plus par  pulsion, quand ça me prend, des choses qui me ressemblent ou mieux qui ne me ressemblent pas et ça m’amuse ou ça m’énerve, selon l’humeur du jour, que l’on pense que c’est autobiographique.

7. Si ce que j’écris vous amène un soupçon d’émotion, un sourire ou un zeste de quelque chose d’indéfinissable, je n’aurai pas perdu mon temps à retaper maladroitement mon texte sur ce clavier. Sinon, pardonnez-moi de vous avoir fait perdre le vôtre …

 
Donner sept bloggeurs préférés, ils sont dans les liens :
 


Angelina


Marcel

Philippe


 

 

09:28 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (6) | Lien permanent

08/11/2009

Musique du Nord - Mari Boine : Elle

 

Une envie soudaine de retrouver ces merveilleux espaces !

Mari Boine, chanteuse norvégienne à la voix profonde, construit un pont entre le chant traditionnel de son peuple sàmi, le pop-rock, avec des accents de musique indienne d'Amérique du Nord et des textes engagés. 

Une orchestration où se mêlent flûtes, guitares électriques et tambours.

Il ne manque que ces paysages qui une fois rencontrés, restent imprégnés dans la mémoire !

 

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18:01 Écrit par Saravati dans Quand la musique est belle | Commentaires (8) | Tags : mari boine, norvege, sami | Lien permanent

04/11/2009

Folie en grains

filament  sur orange aout 2008 - 828

Un grain de folie
Est tombé sur le lit
Enrayant ta sagesse légendaire

Tu n’as rien vu
Ou fais semblant

Tu as poursuivi tes chimères
Jusqu’à la rive
Où le grain de folie s’est dispersé
En nano grains
Et ainsi jusqu’à épuisement

Et toi poussière de pensée submergée par la fantaisie
Tu ne sais plus où tu vas, qui tu es, qui tu aimes…

Tu attends ton phénix qui te réhabilitera aux yeux de ton monde si vaste et si exigu.

08:57 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (14) | Lien permanent

01/11/2009

Disque rayé

Ma fille a dit que j’écrivais toujours la même chose.

Trop de sentiments, à son goût !

Dans la famille, on cultive les sentiments sous serre, pour pas qu’ils dérangent !
Le spectre des traditions sévit toujours !

C’est peut-être vrai que mon disque est rayé, enrayé, déraillé, griffé, dégriffé…

Ma fille est un juge impartial quand il s’agit de déshabiller mes pensées, de décortiquer mes délires.

J’en ai froid dans le dos ! Brrrr …

19:09 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (12) | Lien permanent