22/09/2009

La diagonale de Yesma

Yesma, féminine à souhait, élégante, dingue de fringues et de pompes, assorties bien sûr, la fièvre acheteuse qui constamment la guette, la mode revue et corrigée par elle, pour elle…

Ajouter un franc parler de banlieue, à force d’errer avec les loubards du coin, d’avoir creusé patiemment sa place

Empathique, chaleureuse et puis soudain démontée quand un nuage trouble passe et s’arrête. Alors elle mord, elle griffe, elle mitraille ses mots coupants et tant pis si vous êtes sur la trajectoire. Pas de quartier !

Pas été habituée à partager son espace, fille unique adorée, garçon manqué et fière de l’être, elle peut s’il le faut aussi bien jouer des poings que des mots .

On ne se moque pas impunément d’elle qu’on soit fille ou garçon, elle bagarre sec et ses coups laissent des cicatrices, une forme de peur non dénuée de respect. Elle laisse souvenir impérissable et dans le bon et dans le reste…

Elle dort en diagonale et qui partage son lit a intérêt à se faire discret et à partir à temps.

L’homme parfait qui lui faisait le ménage et la bouffe, elle l’avait trouvé un jour, peut-être  trop parfait, elle qui stigmatise ses défauts et les chérit à la fois. Le seul à qui elle a ouvert son espace, qui a partagé sa vie, qu’elle a admis plusieurs jours et plusieurs nuits, même en diagonale, parti lui aussi.

Un petit creux de nostalgie à l’ombre du beffroi à quelques mètres de l’appart où ils ont vécu quelques temps, ensemble, ce mot qui sonne si étrangement pour cette férue d’autonomie. Lui si beau, si gentil, si dévoué, si parfait Avec lui, elle ne s’ennuyait pas les longues nuits d’amour, il n’était pas nécessaire de rythmer les ébats au son des CD qu’elle adore. Oui la musique pour elle, c’est toujours, pour exulter ou se morfondre, pour prononcer dans le noir les sons qui donnent un sens aux mouvements cadencés des corps alanguis !

De lui, elle, si loquace,  ne dira rien de plus, pourquoi ça a fini, pourquoi quand une de ses aventures sentimentales bat de l’aile, il a besoin de l’appeler, de lui parler, sa grande pote inoubliable !

Aujourd’hui, seule parce que du dernier elle en a eu aussi marre, marre de la belle-mère qui dévisageait cette belle métèque, qui voulait qu’elle cuisine pour son fils les plats affreux qu’elle déteste.
Le fils parti, congédié peut-être, est pourtant resté proche, lui passe sa voiture quand elle en a besoin.

Oui, elle, quelles que soient les circonstances des ruptures, ils ne parviennent jamais à la détester, elle, si belle, si vivante, aimant le rire et la baise, spontanée, délurée, elle, comme la synthèse frémissante de toutes les femmes.

Elle t’engueule et l’instant d’après, te prend par le bras, toi son amie ou presque : « Avec qui vais-je me disputer l’année prochaine, quand tu ne seras plus là ?
« Je n’aurais pas d’enfants, par peur qu’ils me ressemblent, par peur de perdre ces formes parfaites qui seraient malmenées par la grossesse, par peur de m’attacher et de me perdre moi-même »

Elle est jeune et pense ainsi, tant que la vie, sous forme du regard des hommes, lui offre ses plaisirs et ses joies, elle ne sait de quoi demain sera fait, mais son corps jeune affamé appelle à la rencontre fusionnelle, elle se dit que les beaux mâles qui rôdent sans savoir dans ses parages de chasse doivent sentir et de loin, la pulsion de ses phéromones.
Fuiront-ils ou seront-ils victimes consentantes et résignées ?

08:13 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (8) | Lien permanent

Commentaires

Tu as bien raison.... d'ainsi me houspiller ! Mais oui, depuis le temps... mon café est bien digéré mais les soucis bassement matériels ont pris le dessus et les côtés moins gais de la vie se sont rappelés à mon bon souvenir... Qu'à cela ne tienne, je poursuis... à mon rythme... bon an mal an... Merci de tes passages fréquents sur mon blog et de tes encouragements. Je t'embrasse.

Écrit par : Nad | 22/09/2009

Répondre à ce commentaire

C'est ça le pouvoir de séduction ?

Écrit par : Brigitte giraud | 22/09/2009

Répondre à ce commentaire

Quel portrait !!! Je l'aime bien moi ta Yesma...

Écrit par : Or | 22/09/2009

Répondre à ce commentaire

Carpe Diem.

Écrit par : C. Watson | 24/09/2009

Répondre à ce commentaire

et bien ces félicitaions, elles sont sincères et j'en ferais pas autant avec tout le monde, voilà, bisous et bon week-end! Ton texte est si joli et émouvant que je vais le relire ce soir ...

Écrit par : Zabou | 26/09/2009

Répondre à ce commentaire

C'est une ogresse de la vie ...gare à l'indigestion :-)
Amicalement
Marcelle

Écrit par : marcelle Pâques | 27/09/2009

Répondre à ce commentaire

Son charisme, son appétit de vivre, sa sensualité, ses multiples beautés, son caractère bien trempé....comment ne pas résister, comment blâmer?

Écrit par : Edouard | 28/09/2009

Répondre à ce commentaire

Bonne soirée Je passe régulièrement te lire mais le dernier titre "Mort diférée" me surprend un peu !!!
A demain pour en savoir un peu plus...
Bisou...
Nadine Het Witte Elfenheksje

Écrit par : nadine | 28/09/2009

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.