27/08/2009

Désir d’enfant et autres réflexions

Patricia et moi, on était collègues de travail. Je l’ai rencontrée dernièrement. Elle est restée très expansive et bien que nous nous soyons perdues de vue depuis belle lurette, elle m’accorde toute sa confiance.

Elle me parle de sa fille, elle et son copain ne peuvent avoir d’enfant et commence le lent calvaire de l’insémination artificielle avec ses exigences, ses régimes, le poids de la responsabilité personnelle en cas d’échec…

Pendant ce temps, autour de nous, les formes des femmes enceintes s’épanouissent harmonieusement.
Les vêtements moulants enrobent intimement le corps des femmes, ont remplacé les parachutes flottants d’autrefois qui faisaient office de paravent face au monde.
La grossesse n’est pas une déformation que l’on cache honteusement mais une esthétique d’un corps en harmonie que l’on clame : je suis une femme en train de créer la vie

D’autres, au contraire, refusent de la donner, cette vie, d’apporter une contribution autrefois considérée comme obligatoire et légitime, un complément de vie à cette terre en perdition, au regard économique anthropophage, ogm, manipulations génétiques à bon mais surtout à mauvais escient.

Faut-il plutôt réparer les enfants malades au lieu de créer des êtres fabriqués artificiellement par la seule volonté d’avoir quelque chose à soi, de soi ?  Le fondement d’une vie commune : un enfant ne serait-il que le prolongement égoïste de nos fantasmes d’existence ?
Mais, moi qui ai des enfants ai-je le droit de poser ces questions ?

Puis, il y a ces terribles maladies, ces orphelines, ces incurables qui font de la vie des malades un enfer ainsi que pour ceux qui les accompagnent. La recherche médicale a des priorités qui se développent au détriment d’autres priorités, selon quels critères les choix se font-ils ?

Oui, rien n’est jamais blanc ou noir, aucune situation, aucune réflexion ne fait l’objet d’un avis unanime.

Echanger des points de vue, entrer de plein pied dans des polémiques, taper sur la table pour clamer son désaccord font partie à la foi des agréments et des désagréments de la vie en société et nous prouve par des absurdes controversés que nous existons.

Commentaires

Un père de famille et sa femme adultère m'ont déjà reproché d'être égoïste car je n'ai pas d'enfants. Je ne suis pas de leur avis, je pourrais en effet leur rétorquer qu'ils cherchent à se prolonger. Mais je ne le pense pas nécessairement. Tout dépend. Et souvent je regrette de ne pas avoir d'enfants. Bonne journée à toi l'artiste.

Écrit par : Edouard | 27/08/2009

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C'est une affaire de désir ! Pas de recette, pas de normalité, pas de motale, surtout ! Le désir prime sur tout.

Écrit par : Brigitte giraud | 27/08/2009

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Je voyage beaucoup ces temps-ci, d'un espace à l'autre. J'étais chez Simon et j'ai eu envie de découvrir votre univers. J'aime beaucoup cette réflexion qui en entraîne d'autres, qui aboutit à une non moins belle conclusion.

Écrit par : Petit Poucet rêveur | 27/08/2009

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Ah tiens, oui... Egoïste, je l'ai déjà entendu aussi. Et ça ne veut rien dire. La personne qui m'avait dit ça (je n'ai pas eu d'enfants, et c'est un choix assumé) m'a démontré ensuite qu'un enfant était quasiment, pour elle, comme un objet qu'on se commande pour SE faire plaisir, et pas le résultat désiré d'une histoire d'amour harmonieuse entre deux personne...
Tout est relatif, donc.
;-)

Écrit par : Sophie K. | 27/08/2009

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personneS, rôôô, pardon.

Écrit par : Sophie K. | 27/08/2009

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Moi je dis chacun fait comme il veut.... TOLERANCE!!!

Écrit par : Or | 27/08/2009

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Naître ou ne pas naître ? Dans le temps la question ne se posait pas l'enfant venait au monde ... Il n'y avait pas beaucoup de choix, mais aujourd'hui l'enfant est voulu . Ne pas en avoir est frustrant pour certaines personnes . A l'heure actuelle je me pose encore la question de savoir si mon choix personnel était le bon ( j'ai un fils marié et deux petits-enfants et leurs choix a été de me rejeter sans aucune raison valable) Au bout de dix ans de solitude j'ai réussi a faire le deuil de toute cette souffrance. On ne fait pas un enfant pour soi mais on espère quand même connaitre ses petits-enfants et leur donner tout notre amour !!!

Écrit par : nadine | 27/08/2009

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Le désir prime sur tout Que dire du commentaire de Brigitte ? Certes, le désir est un des seuls moteurs de notre vie. Sans ce désir, plus de sentiment d'exister... Mais après ? Le désir d'enfant, je l'ai eu, comme nous toutes. Maintenant que je n'en ai pas, je ne ressens pas de vide, mais l'idée du moi qui finit n'est pas facile à vivre.

Écrit par : C. Watson | 27/08/2009

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les enfants! oui c'est précieux et permet de voir évoluer nos propres vies mais il ne faut pas trop investir en eux. ils sont eux-mêmes en dehors tout à fait de nos propres rêves. alors, quand ils sont petits c'est vrai, on les fait beaucoup pour soi, j'imagine qu'on assouvit un besoin naturel, après tout, ne sommes-nous pas faits, comme les animaux, pour perpétuer l'espère? mais après? l'enfant grandit et on lui donne ses chances de bonheur, d'épanouissement personnels, on l'aide dans cette voie puis on le lâche dans sa vie, ses choix: c'est çà aimer son enfant je crois, lui donner des armes puis se retirer et voir ce qu'il en fait. ce qui ne nous empêche pas, en cas de coup dur, d'être présent pour lui.
ainsi ma fille a fait 2 enfants avec l'homme qu'elle aimait, elle était heureuse et nous l'étions tous avec elle. puis le compagnon aimé, le père de très jeunes enfants est décédé: mon rôle a été d'être là pour ma fille et ses 2 si jeunes enfants. et je suis encore aujourd'hui fidèle au poste. ses enfants vont aller au collège tous les 2, ils auront moins besoin de moi, c'est très bien: cela prouve qu'ils ont appris l'autonomie.
mon fils a épousé en connaissance de cause une jeune femme qui avait peu de chances d'avoir des enfants. ils ont tenté quand même de manière naturelle: grossesse extra-utérine. puis 2 FIVs et mon fils a dit stop, on va y laisser notre couple. ils ont fait une demande d'adoption et comme ils n'avaient pas d'exigences, acceptaient fratrie, handicap (pas trop lourd mais bon!), ils ont eu la petite Olivia au bout des 2 mois réglementaires après la naissance pour donner à la mère biologique la possibilité de se rétracter. elle a maintenant 11 ans et ce fut la joie d'une famille de l'accueillir.
tout cela pour dire qu'avoir un enfant est avant tout un choix personnel. il n'y a pas d'égoïsme que de choisir de n'en pas avoir.
mais quand on veut un enfant, la façon dont on l'a importe peu, c'est avant tout lui qui compte, son épanouissement, son bien-être, les armes à lui mettre en mains pour réussir sa propre vie. peu importe qu'il ne soit pas un génie pourvu qu'il sache être lui-même, qu'il soit artiste, qu'il soit manuel, intellectuel... il peut être ce qui lui semble bon pour lui s'il l'est par conviction et çà, c'est aux parents à l'aider à trouver son chemin.
encore trop long? trop personnel:)? tu as l'habitude:)!
je t'embrasse mon amie! je reviendrai voir tes posts de mon absence.

Écrit par : mimi | 28/08/2009

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Bonjour
Moi j'ai 2 fils et 5 pts enfants (évidemment
c'est un grand bonheur)si la nature ne m'avait pas comblée je ne sais pas...peut-être l'adoption
Mais je respecte le choix des autres, comme dit Or
Tolérance-respect-chacun dispose de sa vie
Amicalement
Marcelle

Écrit par : marcelle Pâques | 28/08/2009

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je m'absente quelques jours, je vous répondrai dès mon retour. Bonne soirée !

Écrit par : Saravati | 28/08/2009

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Une réflexion intéressante en tout cas... par le texte, les descriptions proposées et le débat qu'elle suscite.
Moi je pense que vouloir à tout prix un enfant peut vite se transformer en lutte sans fin qui nous détourne de nos objectifs profonds. Il faut analyser pourquoi on est prêt à souffrir l'impossible pour avoir un enfant: est-ce un désir de se prolonger, de correspondre à un certain schéma social, de donner un sens à sa vie sans quoi celle-ci ne vaut pas la peine d'être vécue etc.
Moi je pense qu'il y a quantité de donner, d'aimer, de prolonger, de créer. Pour moi la norme n'est pas gage de sens, encore moins de bonheur. On ne donne pas un sens à sa vie "en faisant comme les autres", ses parents, famille, amis... Mais ce n'est que mon avis; à chacun(e) de découvrir le sens profond de sa vie.
A bientôt Saravati

Écrit par : MULLER | 31/08/2009

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Moi je n'en ai pas et alors????
bISES sARAVATI!

Écrit par : Zabou | 01/09/2009

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La vie fait de nous ce qu'elle veut (ou presque)

Écrit par : carole | 03/09/2009

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C'est l'inverse. De votre regard au mien, il n'y a qu'un pas que je vous invite à franchir... :)))

Écrit par : Pixel bleu | 03/09/2009

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venue te relire et te souhaiter la belle soirée !!!

Écrit par : Zabou | 04/09/2009

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Je me demandais si le désir d'enfant qui est en nous - en sommeil, en efflorescence ou en pleine maturité - n'était pas (aussi) lié au désir de retrouver le goût de notre enfance perdue (après tout, des millions de livres parlent de ça).
Enfin bref.

Écrit par : Chr. Borhen | 08/09/2009

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Créer la vie, les enfants "espoir de demain", l'avenir vient par eux, ils sont magnifiques, ils sont plus intelligents aujourd'hui qu'hier, etc, etc, etc, etc, etc, etc.
Et puis, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Écrit par : mon chien aussi | 09/09/2009

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On pourrait croire que c'est naturel que de désirer avoir des enfants. Reproduction de l'espèce. Mais c'est plus compliqué parce que culturel. Et on se perd en conjectures. Le désir devient une variable d'ajustement de la raison, dans le bricolage de l'intime. On s'arrange d'en avoir comme on s'arrange de n'en avoir pas.

Écrit par : Dominique Boudou | 09/09/2009

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Oh, douleur ! Parcours du combattant, champs de mines, appelez cela comme vous voulez mais rien ne traduira jamais la douleur ressentie. La douleur face à l'injustice. Injustice intolérable. Invocation des dieux inutile. Désespoir silencieux en ruban d'eau salée le long des joues. Froideur de ceux qui légifèrent au chaud dans leur bureau. Censeurs, juges et parties, ils condamnent à l'enfer sans le savoir ceux qui subissent cette injustice biologique, innée ou acquise au travers des vicissitudes de la vie. Double sanction : celle de la nature et celle des hommes. Saravati, vous abordez là sans le savoir peut-être, sans le mesurer vraiment, les abîmes de douleur que ressentent ceux qui n'en auront jamais...

Écrit par : gicerilla | 10/09/2009

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Ce texte comme un pavé dans la mare touchant au plus profond de nos désirs d’hommes et de femmes a suscité beaucoup de réactions. Merci.

Qu’un enfant soit la matérialisation d’un désir profond, que ce désir soit naturel, ce qu’on appelle : esprit de reproduction ; ou culturel : correspondre à une norme sociale qui veut qu’une famille soit destinée à s’agrandir (pour toutes sortes de raisons qui ne sont pas uniquement sociales, mais économiques…) Parfois, les choses sont simples ; et le désir peut être satisfait, parfois elles ne le sont pas et le manque apparaît, parfois transcendé par d’autres objectifs tout aussi louables.

Il arrive un moment dans la vie où on doit faire le bilan : des enfants qu’on a désirés mais qu’on n’a pas pu avoir pour des raisons médicales, ce qui provoque toujours une grande souffrance ; des enfants qu’on a pu adopter parce qu’ils étaient sans lien et que nous étions seuls ; des enfants qu’on n’a jamais eu l’intention d’avoir et qui sont arrivés comme cela ; des enfants qu’on a décidé de ne pas avoir pour des raisons sociales ou des choix personnels, aussi parce quoi qu’on en dise, l’enfant est la résultante d’une rencontre d’un couple (même si l’évolution de la société est en train de changer ces bases séculaires).

Chercher à se prolonger ou pas, regretter de ne pouvoir le faire, rentrer ou pas dans une forme de normalité familiale, égoïsme d’avoir son petit être à soi ou altruisme de donner de l’amour aussi parce qu’on en a les moyens affectifs et matériels
L’un de nous l’a dit : un enfant n’est pas et ne doit pas être une fatalité comme il l’était parfois durant les siècles qui ont précédé, nos enfants, ceux que nous avons la chance d’avoir seront-ils différents, meilleurs ou devront-ils se contenter de s’adapter aux couleurs du monde ?

Quoiqu’on dise, l’enfant n’est pas et ne peut pas être notre propriété, c’est à lui de décider qui il sera ou ne sera.
Il ne suffit pas de donner la vie à un enfant, il s’agit aussi de lui donner un tremplin pour que sa vie soit la meilleure possible ! Et la vie fera le reste, quoi qu’on en dise !

Écrit par : Saravati | 23/09/2009

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