02/04/2009

Entre-deux

CF 21 mars 09- 005 voile coupé bis

 

Je suis dans cet entre-deux dont jusqu’alors je voulais nier l’existence.

J'ai passé le cap des grandes tensions qui emportaient tout sur leur passage : la réflexion, le recul par rapport à sa vie, l’aspiration au concept si banal de « bonheur », le temps retrouvé après la course effrénée après ce je ne sais quoi de soi-disant vivant.

Je me suis dissociée de mon ombre, moi, l’ombre d’une ombre pour me voir dans la lumière, dans un miroir grossissant ma part de self-control ; cette lumière est douce parfois, parfois, elle fait peur, aveuglante et cruelle dans son acuité.

Je me vois de l’extérieur telle que personne ne peut me voir, à la fois in et out, présente et absente.

Et surtout seule, comme définitivement libérée de mes fantômes anciens et de mes spectres récents, de ces semblants d’humains que je crois rencontrer sur ma route.

Sensation indéfinissable, ni douce, ni douloureuse, seulement vide ou pleine par intermittences de durées variables, comme un ciel soudain couvert de nuages et puis éclairci et qui n’en finit pas de se voiler et de se dévoiler.

Difficile alors de classifier les idées, de leur donner un semblant intellectuel de cohérence, vagues de flux et de ressac.

Je connais enfin dans l’esprit ce bonheur inégalable, pas banal, celui-là  de la distanciation.

Je n’ai plus ni humour, ni cynisme, ni tendresse, je suis une flamme qui a oublié la matérialité du souffle du vent.
Paix intérieure. Ataraxie.

 

Remarque post-préliminaire : Ne voyez pas ici un auto-portrait ou la peinture de mes états d’âme, mais une recherche de sens par un personnage que je compose au gré de mon imagination  !

 

20:02 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (10) | Lien permanent

Commentaires

Entre-nous ;-) Un personnage auquel j'aspire et qui m'inspire également.
Pouvoir se voir de l'extérieur : écrire peut permettre cette distanciation, je le pense, je le crois, j'en suis sûre, j'y arrive parfois....

Écrit par : Malvina | 03/04/2009

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je crois bien... que ces mots trouveront beaucoup d'écho chez les personnes qui, comme nous, ont passé le cap de la jeunesse pleine de projets, d'avenirs, le cheminement auprés de l'Autre... et qui ont atteint le recul nécessaire pour se voir de l'extérieur et analyser leur vie, leur personnalité, que sais-je, suivant la personne bien sûr, nous n'avons pas tous heureusement la même approche, la même sensibilité de la vie. et je pense, peut-être en me trompant, que c'est ainsi qu'on en vient à être vraiment serein(e), en harmonie avec soi-même et donc avec les autres.
pour ma part je n'attends rien de la vie autre que ce qu'elle m'offre au quotidien et je suis épanouie de cette façon, loin de quêtes stériles, à l'écoute des autres parce qu'en paix avec moi-même.
je reçois mon fils à partir de demain, avec sa femme et ma petite fille Olivia. nous serons donc tous réunis et je vais en profiter, j'adore ces moments consacrés uniquement aux joies de la famille, les retrouvailles, les grands discours... :)!
n'est ce pas çà aussi le bonheur?
merci pour ton appréciation sur ma photo, je me montre peu , je ne me trouve pas du tout photogénique mais je pense qu'un jour, sans vouloir s'afficher, on peut montrer sa "binette" aux autres qu'on croise sur les blogs depuis si longtemps:)! au début on m'a beaucoup reproché le manque de photo!
bien amicalement, je repasserai dés le calme revenu!

Écrit par : mimi | 03/04/2009

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C'est amusant, je cherchais les termes pour définir cet état "entre deux" que tu décris si bien. Se voir de l'extérieur est difficile parfois, sinon dans le regard des autres et encore, à travers leurs propres filtres. Cette distanciation apporte de grands moments de paix et de compréhensions : la vision de l'aigle...

Écrit par : Angelina | 04/04/2009

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Promenade matinale... Je me suis retrouvée un jour dans cet entre deux... "libérée de mes fantômes anciens" comme tu l'écris si bien...
Dans ce vivant qui n'appartenait plus qu'à moi...
Merci de ton murmure chez moi qui m'a mené dans tes regards...
Je reviendrai me promener ici...

Écrit par : Babou* | 05/04/2009

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L'une est calme, l'autre pas et je crois ne jamais pouvoir atteindre cet état, car en fait, je ne le souhaite pas. L'absence de conflit me désanime. L'entre-deux me déséquilibre. Le trouble est mon essence.

Écrit par : Sylvaine | 05/04/2009

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Feedback @ Malvina
Tu y arrives, Malvina, j'en suis sûre, je le vois entre les lignes de tes textes savoureux !

@ Mimi
Il n'y a pas d'âge pour avoir des projets et pas d'âge pour être lucide, ce sont les autres qui nous jugent dans ce que nous rêvons et ce que nous vivons !

@ Angelina
Oui, l'oeil perçant de l'aigle ne serait pas superflu pour atteindre la grande acuité !

@ Babou
Contente de te croiser ici, entre deux blogs si semblables et si différents, entre réalité et virtualité !

@ Sylvaine
Cultiver le "déséquilibre" peut être source de créativité, je le crois, pour vous, en tout cas

Écrit par : Saravati | 16/04/2009

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Merci, Saravati, pour ton commentaire laissé sur mon blog... Anja est Indienne; elle a effectivement été achetée par un homme qui ne l'aime pas. Mais face aux terribles circonstances de la Vie, elle nous montre qu'on peut encore choisir, même si en apparence on n'a pas le choix.
Qui peut vraiment asservir notre part intérieure? Personne! L'esprit est toujours libre d'aller comme il veut, de faire comme il veut. La condition d'Anja symbolise la condition de toutes les femmes et peut-être celle de tout être humain.
Toutes mes amitiés; à bientôt de te lire!
Au fait le texte Réveil n'apparaît pas sur mon écran; est-ce normal?
Amicalement encore.

Géraldine

Écrit par : MULLER Géraldine | 17/04/2009

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on m'a recommandé de venir vous lire et je comprends pourquoi...je ne sais que dire de plus!

Écrit par : zabou | 22/04/2009

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Coucou, je ne te laisse pas toujours un p'tit mot, mais je viens te lire des que j'ai un moment. Je pars le 7 mai et je deborde de joie...bon courage pour ton travail...gros bisous

Écrit par : sylvie | 26/04/2009

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Bonsoir Saravati, merci pour votre commentaire car être reconnue dans mon "travail" par une personne qui écrit comme vous, m'est agréable.

Écrit par : zabou | 27/04/2009

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