03/03/2009

Casser le carcan

Peut-être, bientôt, je n'irai plus voir mes messages, je refermerai ce livre jamais ouvert, je ne chercherai plus de trace de quoi que ce soit, de qui que ce soit.

Je ne sais si je continuerai cette démarche d’écrire, tellement contraignante et libéralisante.
Je ne peux pas clamer ce que je veux, on m’attribue les pensées des mots écrits. On me juge, si mes textes semblent tristes, on me dit déprimée, si je parle de futilités, on me le reproche.
Envie de prendre un autre masque pour être davantage moi-même, pour n’avoir de compte à rendre à personne, pour imaginer sans contrainte, des vies que je ne mène pas et qu’on a tendance à m’attribuer systématiquement.
Je ne veux pas vivre dans un carcan, je veux laisser mes pensées voguer au loin dans des horizons qui ne sont pas les miens, je veux élargir les contours de mes paysages, les peindre à ma façon sans craindre le regard des autres. Je veux pouvoir dire ce que je pense ou ne pense pas, ne pas devoir calculer si cela sera bien ou pas bien perçu, je veux ressentir des émotions même si elles ne sont que des créations de mon esprit, je veux accepter ma fragilité quand quelque chose ou quelqu’un me touche, je veux récupérer de l’énergie des rencontres qui sont sur mon chemin et je l’espère pouvoir en donner aussi, à mon tour…

Je ne sais si cet endroit est l’endroit adéquat, je me pose cent questions qui restent sans réponse comme je pose aussi ailleurs des questions qui restent aussi sans réponse.
Je suis au carrefour d’immenses ponts d’interrogation qui s’étalent autour de moi en ombres gigantesques.

Je suis fatiguée de marcher sur un chemin qu’on voudrait tracé pour moi, il y a des routes alternatives que je voudrais peut-être emprunter ou du moins essayer, des personnes à qui je voudrais parler sans arrière-pensée sans me poser la question de leur disponibilité ou de leur sentiments. Des photos que je voudrais garder en mémoire, des textes que je voudrais écrire, des rêves que je voudrais croire possibles, des illusions que je voudrais encore bercer pendant qu’il est encore temps.

Ou simplement me retirer dans une montagne imaginaire d’où je verrais alentour le plus beau belvédère, la plus belle rivière, la plus verte des vallées, partir sans laisser d’adresse, sans donner de nouvelles, sans perspective réelle d’un retour annoncé, suivre le vol des oiseaux vers l’inconnu.

Mais avant il va falloir affronter le regard des autres, mes juges que je voudrais objectifs, sans rancune, mes juges qui n’ont pourtant aucun droit de me juger, mais ne s’en privent pas, à mon grand préjudice, à ma grande humeur, à ma grande colère… Je sens qu’ils sont là, derrière la porte, prêts à entrer dans mon univers.
Laissez moi respirer à ma guise !

20:34 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Tags : ecrire, liberte, contraintes, carcan | Lien permanent

Commentaires

si des proches ou des connaissances connaissent l'existence du blog...alors oui il y a de quoi ne pas se sentir libre...en effet
C'est ce que je vis bien souvent, tu le sais, je crois...Peut-être aller ailleurs...pourquoi pas...
mais c'est tout recommencer à zéro...

Écrit par : Coumarine | 03/03/2009

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Les lecteurs pensent souvent qu'on parle de soi dans les textes (ce qui n'est pas complètement faux puisqu'on met de soi dans l'écriture) il faut parfois leur rappeler que des fois, on délire, qu'on laisse aller son imaginaire et qu'on fait ce qu'on veut. C'est comme dans la vie, le défi c'est d'être soi-même tout en gardant son jardin secret. La solution de changer de masque ou de mettre un masque par dessus l'ancien, pourquoi pas mais ta personnalité transparaîtra quand même car tu mets toujours de toi dans tes textes. ;-) En tout cas, si tu disparais dans un autre blog, laisse des petits cailloux blancs que je puisse te retrouver......... Je te promets que je resterai discrète :-)

Écrit par : Angelina | 04/03/2009

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Si je peux me permettre... je pense que ce serait dommage, Saravati, que tu t'en ailles mais si c'est ton choix et que tu le sens mieux ainsi...
En ce qui me concerne, à aucun moment je n'ai songé que tu te mettais complètement à nu dans tes textes! L'écriture laisse l'espace à l'imaginaire et rarement à la vérité. Il suffit de lire des autobiographies pour comprendre que l'auteur joue subtilement avec de multiples masques; c'est cela la littérature, l'art de montrer sans se révéler tout à fait car sinon le mystère des mots s'étiole, s'éteint, s'échappe...
Pour moi le blog est un espace de liberté totale; si les textes plaisent tant mieux mais le but est avant tout de créer pour son propre bonheur; du moins je le pense.
J'ose espérer que ce texte n'est peut-être pas un adieu définitif... mais un appel à plus de liberté, et à moins d'emprise de la part de tes lecteurs...
à bientôt,
amicalement
Géraldine

Écrit par : MULLER Géraldine | 04/03/2009

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Il y aura toujours des lecteurs pour prêter des intentions là où il n'y a rien à prêter. Il ne faut pas s'en faire et puis tu as toujours la possibilité de modérer les commentaires, voire même de supprimer la possibilité de commenter, l'échange d'idées pouvant se faire autrement...

Amicalement

Écrit par : Malvina | 08/03/2009

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En réponse... Merci pour vos mots "consolants". Je voudrais cependant préciser qu'il ne s'agit pas de mes lecteurs que j'apprécie et dont les commentaires sont toujours les bienvenus. Mais de mes proches, des gens qui vivent avec moi et qui semblent se sentir à ce point concernés par mes écrits qu'ils me disent que j'écris n'importe quoi, sans doute, ont-ils peur de se voir apparaître sous mes lignes ?. Cette volonté d'interprétation de mes "faits et gestes" me freine. Alors disparaître et recommencer ailleurs ? J''aime bien mon personnage de Saravati, j'ai cherché longtemps ce pseudo pour m'y cacher mais aussi pour me servir de modèle. Choisir un pseudo, c'est élargir ses horizons; c'est revêtir une autre personnalité et celle-ci me convient. Ce sont mes proches qui me voient au sens premier, et non sous mon pseudo. Bien sûr, il y a des connexions mais ce n'est pas le plus important pour moi !
J'ai déjà, au fil de mes rencontres ici et ailleurs, changé ma façon d'écrire, tenter d'approcher une plus grande authenticité, la mienne ou celle de mes personnages dont j'essaie de percevoir l'existence.
Je vous ai rencontré et j'ais enti entre nous une belle complicité littéraire. Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire et pour l'instant, malgré mes questionnements, je suis là. Merci à vous de m'accompagner et de me laisser vous accompagner.

Écrit par : Saravati | 08/03/2009

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Malvina Télépathie ?
Je ne t'ai pas oubliée, toi qui es partie voilà quelques temps comme un voleur, la voix des mots, la lythécantrope et tous les mots que tu as déposés chez moi, ton écriture fine et percutante, tes nouvelles mystérieures...
J'ai cherché des traces de toi, une adresse email, rien dissipée en fumée...je ne te le reproche en aucun cas, c'est ton droit. Mais j'ai senti un manque de ton absence.
J'espère que tu vas bien. Peut-être es-tu en train de préparer un grand projet littéraire. Je te souhaite plein de choses. A bientôt, j'espère !

Écrit par : Saravati | 08/03/2009

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Chère Saravati

Tout d'abord en ce qui concerne ta réponse, sache qu'il est souvent difficile de se faire comprendre par ses proches. Les miens ne me lisent pas. J'en ai été vexée au début et j'ai compris pourquoi. Je pense qu'ils ont peur de s'y retrouver et aussi de me découvrir sous un angle différent. Cela ne me dérange plus, je dirais même que je les comprends et aussi, surtout, cela m'arrange. Ils sont loin physiquement et je ne veux pas les relier à moi par ce biais. C'est mon espace de liberté.

Je pense à toi aussi, tes mots, ta subtilité. Je suis installée "ailleurs" et je trouverai bien un moyen de communiquer l'adresse en toute discrétion... :-)

Amicalement

Écrit par : Malvina | 08/03/2009

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A Malvina Contente que tu vas bien, je te donne, sans obligation aucune, mon email "non-commercial", si tu veux m'écrire, c'est mon endroit privilégié où les messages ne se perdront pas au milieu de futilités :
Saravati1@gmail.com
Tu es toujours la bienvenue
Amitiés

Écrit par : Saravati | 08/03/2009

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Ecrire ..
juste poser des mots qui vibrent en nous ..
qui viendra donc les lire ..
et en les lisant qui vibrera " en nous " par cette résonance comme un prolongement de tout ce que nos mots contenaient sans pouvoir encore l'exprimer ..nous permettant ainsi pas à pas d'avancer .
Qui n'a pas rêvé que ses mots puissent un jour un à un se poser auprés d'une âme chère qui puisse les porter sans trop s'y attacher ..juste pour le bonheur de partager .
peut être suffit il de laisser les mots flotter..
ne savent il pas eux même d'instinct où se poser ..

Écrit par : Lilou | 08/03/2009

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eh oui je comprends! je crois bien t'avoir expliqué déjà avoir mis fin à un blog trés intime, ma vie et elle seule et dans lequel au cours du temps et parce que des lecteurs venaient me lire et me donner leur avis, je me suis perdue.
dans les 4 mains je ne mets plus en ce moment que des textes soit anciens qui ne ressemblent plus à la Mireille que je suis aujourd'hui ou si peu, soit récents mais que je retravaille suivant mon humeur. je garde pour moi mes nouveaux textes, mon jardin secret.
quant à ma famille, mes amis, ils méprisent un peu ce que je fais sans avoir jamais vraiment lu. ma belle fille elle, aime asez et me parle joliment de ce qui la touche. mais j'aime autant, je me sens c'est vrai beaucoup plus libre. par exemple, aborderais-je la sensualité, la sexualité, le monde amoureux avec les mêmes mots en sachant que ma fille pourrait lire ces mots?
que je te dise aussi: j'aime beaucoup ce pseudo, littéraire, italien, ni tout à fait homme mais pas vraiment féminin...

Écrit par : mimi | 13/03/2009

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On met un peu de soi dans ses écrits, c'est sûr mais on n'incarne pas les personnages.
Les commentaires qui tournent autour de mes écrits me font un peu peur car les gens me voient d'une autre façon.Depuis que j'ai publié, beaucoup plus de gens connaissent mes textes, les gens ont tendance à m'analyser. Mais après tout, qu'ils pensent ce qu'ils veulent!
C'est un réflexe quand on connait l'auteur, on ne peut pas leur en vouloir.
On est souvent déçu par ses proches mais, nous-mêmes, ne les décevons-nous pas?
Fais ce que tu ressens, ce qui te semble bon et oublie le monde qui grouille autour de toi.

Et moi qui ne te connais pas, en lisant tes textes, je me dis que tu es dans une mauvaise passe où la tristesse, la mélancolie ou même la mort rôdent. Tu vois, même moi, je t'analyse un peu. C'est humain je suppose.
Bon courage et sois toi-même pas ce que les autres voudraient que tu sois!

Écrit par : Philippe D | 15/03/2009

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