18/12/2008

Le regard des enfants

Redimensionnement de petite suedoise 1 rev

Chaque être humain possède un capital plus ou moins important de sympathie. Il semble que j’ai inconsciemment investi le mien dans les enfants.

Je ne sais pourquoi, au hasard de mes promenades, j’attire irrésistiblement leur regard. Un regard qui manifeste tantôt un intérêt sérieux tantôt une hilarité communicative.

Sans doute suis-je doté d’un visage aux muscles zygomatiques particulièrement actifs (à moins que ce soit des tics ou des tocs !).
Dans la foule, les gentilles petites frimousses me prennent régulièrement pour cible. Leurs grands yeux me dévisagent, les commissures de leurs lèvres s’écartent et ébauchent un sourire triomphant : ils ont trouvé en moi un écho à leur quête de la bonne humeur.

Et je fonds sous leur regard inquisiteur en m’appliquant naturellement à esquisser mes plus belles grimaces. Sourire ou rictus : les bambins font preuve d’une tendre indulgence envers les variations nombreuses de l’expression de mon faciès. Et pour couronner le tout, quand je joins la parole à l’expression, leur bonheur de m’entendre émettre des sons semble à son comble !
Mais je pense que ma réputation de clown est surfaite. D’ailleurs, dans la vie de tous les jours, il y a plus de clowns blancs que de joyeux lurons.

Devant le regard intéressé des enfants qui m’est pour un instant dédié, je suis capable de toutes les pitreries pour ajouter à leur allégresse.

Cependant, je suis parent, moi aussi, autre facette de ma personne.

Mes enfants, quant à eux, ne me témoignent pas autant de sollicitude. Lorsque je déploie mon théâtre gestuel auprès des enfants des autres, ils me manifestent une froide indifférence ou un certain mépris. J’illustre à ma façon l’expression : « Le cordonnier est le plus mal chaussé » : mes enfants n’apprécient pas mon succès auprès des enfants des autres, ils trouvent que je sors de mon devoir de réserve, que je représente pour eux l’autorité sans humour et que je montre ailleurs mon profil rieur.
Ils n’ont probablement pas tout à fait tort

Dur, dur d’être à la fois parent, adulte et spontané !

08:43 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (4) | Lien permanent

Commentaires

Texte intéressant! Une description très évocatrice... Une relation au quotidien n'est pas la même que ces petits miracles rencontrés mais je pense qu'elle possède aussi son propre miracle, sa source d'émerveillement. J'essaie maintenant de déceler ces miracles au quotidien même si ce n'est pas toujours facile.
Merci pour ton passage sur mon blog et tes compliments; comme toi je pense qu'il faut d'abord s'apprécier soi-même pour être disponible à une véritable rencontre; mais je crois à l'âme soeur; je crois qu'elle existe pour chacun de nous; après c'est la Vie qui décide du calendrier... Aussi je ne m'empêche pas de rêver... tout en gardant les pieds sur terre. Je n'attends pas de l'Autre qu'il "m'éveille"; j'apprends déjà à m'éveiller seule. Et c'est le travail de toute une vie!
Bien amicalement
Géraldine

Écrit par : MULLER Géraldine | 18/12/2008

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un point commun! les enfants ont un grand faible pour moi mais pas de mes grimaces non: de ma voix qui parait les apaiser quand avec leurs parents ils étaient en train de hurler! et curieusement les parents me font confiance alors qu'enfin, il y a peu encore un bébé a été enlevé.

mais je crois que les enfants ressentent tellement fort les choses qu'ils doivent savoir à qui accorder leurs sourires, leur confiance. quant à tes enfants, tu ne donnes pas leur âge. mais un enfant est toujours fier non? de son parent quand il est aimé, ou apprécié de quelque façon que ce soit. les miens ont des enfants eux-mêmes qui trouvent sympa que leur mamie soit appréciée par leurs copains ou enfants quels qu'ils soient!
je te souhaite déjà un joyeux noël, une fête pleine de joies, j'espère que tu pourras profiter de ta famille. je pars justement chez mon grand fils à Paris, nou serons tous réunis.
à bientôt donc! amicalement.

Écrit par : mimi | 19/12/2008

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Les enfants doivent sentir que tu les traites en égaux. Il voient peut-être la petite fille en toi qui aime faire le clown. Mes enfants n'aiment pas non plus que je fasse le pitre en public, pourtant quand je le fais pour eux, ils rient bien.

Écrit par : Angelina | 20/12/2008

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Moi j'aime bien quand tu fais le clown!! Mais si tu le fais quand on est de mauvais poil...

Écrit par : Veranda Renard | 08/01/2009

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