29/09/2008

La foire aux monstres

foire aux monstres

Une fois n’est pas coutume : j’ai décidé de prendre mon bâton de pèlerin pour soutenir des jeunes artistes en quête de subsides.
Quelqu’un de mon entourage m’a fait connaître Lune et l’autre, une troupe sympathique dont j’ai assisté dernièrement au spectacle « la foire aux monstres »

Non, ne fermez pas la porte, je sais les sollicitations sont nombreuses, lisez-moi avant de passer au chapitre suivant et si je suis arrivée à toucher votre intérêt, votez pour ces jeunes, pour le spectacle finalisé « la foire aux monstres » mais aussi pour leurs autres projets, tout aussi prometteurs.

Voici mon avis personnel :
Je suis d’avis que quelque chose de bien n’est pas nécessairement original et que quelque chose d’original n'est pas nécessairement quelque chose de réussi.
Eh bien, je dois dire que les deux qualités sont ici réunies, ce n’est pas tous les jours que chaque spectateur devient pendant la durée d’un spectacle l’unique objet d’attention des comédiens.

La foire aux monstres, c’est une invitation à un parcours philosophique à travers les différentes étapes d’une vie, huit étapes y sont représentées dans l’univers calfeutré d’une cabine fermée. Chaque spectateur à tour de rôle est invité à ouvrir une porte puis à la refermer pour réaliser son propre voyage en interaction avec chaque fois un comédien différent.
Et c’est véritablement magique si on accepte de jouer le jeu.
Le spectacle suit le fil chronologique du temps, de la naissance en passant notamment par la création de l’image de soi, la rencontre de l’autre, les choix de vie, le rêve, l’espoir, les voyages dans la tête et quand la vie se craquelle la vieillesse et la mort qui enterre jusqu’à l’ombre des rêves.

Chaque tableau est enfermé dans un cocon confortable ou inquiétant selon l’inspiration du meneur et le vécu du spectateur.
On ne peut sortir de là insensible. Un spectacle que l’on garde en soi longtemps après l’avoir vu !
le spectacle suit son petit bonhomme de chemin, il a d'ailleurs été présenté en Espagne!

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La compagnie Lune et l'autre
(avec entre autres:)
Florine Delory, Nathalie Maufroy, Guillaume Dumont, Chloé Périlleux, Virginia Petranto, François Demoulin, Alexandre Dewez, Elfie Dirand, Marie Ouguergouz, Martin Firket, Cécile Vangrieken, Caroline Leboutte, Marion N-Guyen Thé, Gabriel Da Costa, Olivier Conrardy, Anne-Catherine Régniers, Marie-Sophie Talbot, Olivier Jost, Tara Casey, Bruce Ellison, Marie Paulus, Antoine Delagoutte, Eve Leguebe, Nicolas Arnould, Maxime Pistorio...et leurs amis


N'HÉSITEZ PAS A DIFFUSER et à jeter un œil sur notre site!

www.luneetlautreasbl.jimdo.com

12:52 Écrit par Saravati dans Contours insolites | Commentaires (2) | Lien permanent

26/09/2008

La force imprévisible des mots

Comme une balle magique exponentielle, les mots rebondissent explicitement sur la surface du tarmac granuleux, du béton lisse, s’amortissent insidieusement sur l’herbe et la terre, s’éclaboussent joyeusement dans l’eau.

Ils nous reviennent transparents, alourdis, transformés ou effilés sous le regard acéré de l’autre.

Ils sont découverte, introspection, illusion selon la force qui les projette ou le réceptacle qui les intercepte.

Il ne faut pas les prendre au sérieux, pour ceux qui les envoient, ni ceux qui les reçoivent.
Ils ne reflètent qu’une réalité tronquée, déguisée ou idéalisée.

J’ai lancé un pavé dans la mare et les mots sont devenus bouillonnements intenses, interprétation du vécu, souhait de tout comprendre au premier, au second degré, à tous les niveaux.

Mais les mots ne sont jamais que la matérialisation d’une pensée fugitive, à un moment précis, alchimie entre l’esprit, l’environnement et l’émotion.

Vous qui m’avez lue, commentée, tout comme moi, un peu désemparée par tant de réactions, nous sommes les jouets de ces paroles :  sous notre plume, elles sont devenues, sans que nous nous en rendions compte, indépendantes, elles ont voulu tracer leur propre chemin. Laissons-les divaguer pour notre souci ou notre plaisir !

12:24 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (4) | Lien permanent

23/09/2008

Ile d’Oland

oland fleurs eau réduit 2

 

Le sud de l’ile d’Őland est un territoire dévasté et majestueux dans sa sobre plaine, dans ces arbres isolés perdus au milieu d’une végétation de landes, avec ces cimetières-menhirs aux pierres d’un autre âge et ses fleurs dispersées parmi les touffes vertes et les cailloux.


signé oland ballots oiseaux réduit 2



Je suis arrivée trop tard dans la saison : le jaune des moissons n’est plus qu’un souvenir, ce sont les couleurs terre et verte qui embrassent le paysage stylisé.

Déjà, les oiseaux sillonnent le ciel dégagé, se rassemblent sur les fils électriques, présage d’un départ imminent vers un pays plus chaleureux.

Des kilomètres sans aucune habitation, un ciel bas. Quelques moulins en bon état mais apparemment non utilisés, évoquent, de manière naïve, la parenté phonétique avec l’autre Hollande, notre proche voisine.

Une île porteuse de retraite spirituelle, une île où l’on se repait de la langueur des paysages.

Dans cette partie inhabitée, rien n’est changé, semble-t-il, depuis l’époque des Vikings, quand ils quittaient par la mer cette étendue pierreuse, ces landes désolées et sauvages pour partir à la conquête du monde. Au détour du chemin, je m’imagine apercevoir à contre-jour leurs hautes statures casquées ou plus loin encore, sur la Baltique aujourd’hui apaisée, la silhouette hautaine de leurs impétueux drakkars.

 

oland arbre pierre réduit 3 texte

 

12:06 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (3) | Lien permanent

22/09/2008

Gomorra : Terrible, inquiétant, désespéré mais vrai!

Gomorra

 

Je suis rarement sortie d’une salle de cinéma en ayant envie de vomir sur le monde que j’y ai vu.

Gomorra est un de ces films coup de poing, non par l’histoire qu’il raconte mais par la réalité qu’il nous décrit sans concession.
En général, je choisis mes films pour leur scénario original, la beauté de leur photographie, le charme de la musique.

Rien de tout ça dans ce film : la laideur y est représentée dans sa nudité, les acteurs sont laids et filmés de très près pour accentuer leur laideur, la bêtise est aussi omniprésente dans ces gens qui recherchent un pouvoir souterrain, ils réagissent par instinct à tous les niveaux. Avoir du pouvoir à n’importe quel prix surtout s’il s’agit d’autres vies humaines, tous les moyens classiques de la mafia sont bons : drogue, trafic de déchets dangereux, prostitution…et on ne doit même pas faire preuve d’intelligence, seulement guetter une éventuelle descente de police.

On sait que personne ne parlera, que personne ne voudra s’immiscer dans ces bagarres de quartiers entre clans, qu’on n’a pas à s’émouvoir si des cadavres sont découverts, que la vie n’a aucune perspective d’avenir : pas de travail, pas d’espoir.

Ce film est un horrible constat réaliste de l’influence de la camora dans les pauvres quartiers de Naples, il ne porte pas de jugement, il observe, il ne donne aucune piste si ce n’est deux personnages qui décident de quitter ce milieu : un responsable d’atelier de couture qui a accepté de vendre clandestinement son savoir-faire à des asiatiques et survivra à une fusillade décidera de quitter le milieu et de devenir camionneur ; un jeune homme assistant d’un entrepreneur qui « s’occupe » de débarrasser les entreprises de leurs déchets hautement toxiques en polluant des terrains entiers, décide lui aussi d’abandonner son poste.

Les autres se taisent ou s’ils réagissent se font massacrer…

Et à la fin du film on ne peut même pas se dire : ouf, c’est fini, c’était de la fiction car ce n’en est pas une!

Ah où est donc la belle Italie des péplums et des comédies à l’italienne ?


Le film réalisé par Matteo Garrone s’inspire fidèlement du livre de Roberto Saviano publié en 2006 et qui fit déclarer par l’hebdomadaire italien Expresso : « Condamné à mort » pour cette dénonciation documentée de la pègre napolitaine. Saviano doit sa « survie » à sa célébrité médiatique et à une protection de la police.

Un peu comme Salman Rushdie mais dans un  autre domaine, Saviano fait partie de ces auteurs courageux qui luttent pour la liberté d’expression et dénoncent les travers de leurs sociétés, même au prix de leur sécurité personnelle.

12:34 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (3) | Lien permanent

18/09/2008

Une voisine envahissante

La petite fille regardait ce jour-la Hélène avec étonnement.
Elle examina les traits de son visage, un à un, écouta le son discordant de sa voix et ne la reconnut pas.

Mais qui était cette Hélène qui venait plusieurs fois par semaine rendre visite à maman pour toutes sortes de raisons incompréhensibles pour un enfant, écorchait les voisines au passage d’un trait de langue acéré et médisant ?

Les parents possédaient un petit commerce avec plusieurs facettes. Maman servait de l’essence à l’une des deux seules stations du village. Dans ces années, il y avait encore très peu d’automobiles, elles étaient considérées comme un luxe, la plupart des clients étaient des motocyclistes qui vous dérangeaient pour une poignée de pain. Le grand oncle racontait que 50 ans auparavant, il allait travailler à pied : 20 Km à l’aller, 20 Km au retour, tous les jours, même le week-end, la sécurité sociale était encore dans les limbes. Pas de transport en commun. On avait un peu progressé : maintenant il y a avait des bus, même dans les villages et, pour les occasions extrêmes des taxis qui venaient de la ville et coûtaient cher, à cause des doubles trajets.

Papa transportait des matériaux de construction, livrait du charbon et du butane, il avait toujours les yeux cernés de khôl charbonneux, même quand il se lavait le visage à grandes eaux. Il portait sur sa figure les stigmates de sa profession.

Pour toutes ces raisons – quand on est commerçant, on doit pouvoir être contacté rapidement – on avait mis le téléphone, objet rare à l’époque (le seul téléphone de la rue) :  un grand coffret noir accolé au mur du salon. On décrochait le cornet, et une opératrice à l’affût répondait immédiatement (quand elle n’écoutait pas d’autres conversations ou ne lisait pas son roman-photo !) . Elle composait le numéro demandé et passait le correspondant. Pas toujours discrète, il lui arrivait d’intervenir maladroitement au milieu d’une conversation (sorte de voix-off dans le duo) si elle avait oublié son rôle de confidentialité. Dans le genre « Dis-moi, Germaine, j’ai fait tomber de l’huile sur mon beau carrelage, que dois-je faire ? » . La voix off, incontrôlable, clamait telle une publicité: « Utilisez Spic et Span, Madame, un seul passage et tout va briller ».

Les cabines téléphoniques étaient quasiment inexistantes. Hélène, la voisine, n’avait pas le téléphone et avait pourtant beaucoup de choses à dire, beaucoup de réclamations à poser. Elle venait donc régulièrement dans la cabine publique privée de la maison avec accueil personnalisé obligatoire. Maman se servait du sablier pour chronométrer et calculer le prix de la communication. Pour cette raison, Hélène ne téléphonait pas longtemps mais se rattrapait ensuite en bavardant avec maman. A défaut d’un véritable dialogue car il s’agissait plutôt d’un monologue joyeusement entrecoupé des onomatopées les plus diverses, exprimant tantôt la désapprobation, la critique ou l’étonnement. Maman n’insistait pas, répondait souvent de manière monosyllabique ou avec simple hochement de tête. Dehors, il y avait des clients à servir et dedans les charges d’une famille nombreuse à assumer dans les délais : repas, lessives, repassage, nettoyage…

Hélène, au contraire, avait du temps, beaucoup de temps. Son mari, ouvrier du bâtiment travaillait sur des chantiers éloignés. Il prenait le bus le dimanche soir pour revenir le vendredi soir, il était toujours très élégant, tiré à quatre épingles, contrairement au papa de la petite, toujours poussiéreux. Leur fille unique qui d’après sa mère était la plus belle et la plus intelligente, suivait une formation d’infirmière et s’absentait fréquemment pour des stages. Elle se maria d’ailleurs très jeune, les études à peine terminées et partit habiter à l’étranger, loin d’une mère très accaparante. Hélène eut encore plus de temps à tuer ; elle rendait visite à ses voisines (mais la réciproque n’était pas vraie) sans s’inquiéter de leur emploi du temps, elle se mêlait de tout, disputait. Il fallait bien enjoliver un banal quotidien : colporter du mal de l’une à l’autre et de l’autre à l’une était une manière de contrecarrer l’ennui.

Intuitivement la petite fille n’appréciait pas trop la bavarde Hélène : elle monopolisait l’attention de maman. Une fois, la voisine retournée chez elle, maman, malgré son instinct maternel, serait énervée d’avoir perdu du temps. Hélène était pour la petite un exemplaire surgi tout droit d’un sketch du film de Jean Dreville avec Noël Noël Les Casse-pieds (1948), c’était l’empêcheuse de tourner en rond !

A l’époque, il fallait témoigner du respect envers les grandes personnes. Aujourd’hui, si on adaptait le vocabulaire à une telle situation, on dirait qu’Hélène était saoulante voire chiante.
Quand Hélène arrivait au moment le plus inopportun (mais ne l’étaient-ils pas tous ?) la fillette enrageait en silence ou allait lâchement se cacher.
D’ailleurs Hélène ne la remarquait même pas, toute concentrée sur son ego et sur les commérages qu’elle ne cessait de colporter, guettant sournoisement les réactions de son interlocutrice.
Très vite, la petite décida de ne pas rentrer dans un tel jeu : à l’âge où la plupart des enfants sont de vilains petits délateurs, la fillette adopta une attitude délibérément indifférente envers les « rapportages ».

C’est à cela qu’elle pensait, ce jour-là, en dévisageant longuement Hélène : mais qui donc était cette étrangère qu’elle voyait presque tous les jours et ne reconnaissait pas ?

09:43 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (10) | Lien permanent

14/09/2008

L'environnement de Henning Mankell


L’univers de Mankell, c’est aussi l’univers à la fois réaliste et pessimiste de Kurt Wallander, le héros  de ses romans policiers
Mais un héros humanisé, intelligent, sensible…et désespérément seul, malgré la camaraderie qui règne dans son équipe.

mankell livre

Sous le ciel de Suède, j’ai terminé « La cinquième femme », j’ai pu m’imprégner de l’atmosphère de mon environnement proche pour pénétrer dans le roman.

Je connaissais les livres de Mankell, son univers littéraire. J’ai découvert son univers physique :  le pays où se déroulent ses intrigues si bien structurées. Je suis passée non loin d’Ystad, la petite ville de Scanie où se déroulent ses histoires, sans doute pas très différente des villes de la province de Blekinge comme Karlshamn ou Karlskrona.

Parallèle entre la lecture d’un livre policier où l’on présente l’univers intimiste et réaliste d’un inspecteur à l’antithèse du héros classique et mes promenades dans ce beau pays.

Au milieu de cette campagne sublime, de ces villes proprettes aux belles couleurs pastel ou brique, peut-on imaginer les horreurs et les cruautés décrites par Mankell ? Ses descriptions précises de sites (certes, avec quelque liberté parfois, comme il l’avoue), ses ambiances feutrées, le poids du climat et des saisons, ses portraits de société sont autant de repères pour découvrir la Suède et sa géographie physique et humaine.

En me promenant dans les bois où dominent tantôt feuillus, tantôt conifères, longeant les lacs majestueux, à la fois sereins et inquiétants, selon la couleur du ciel, je ne peux m’empêcher de penser aux personnages à la fois monstrueux et humains (l’âme est toujours bivalente) que je pourrais y rencontrer si la barrière de nos univers parallèles venait à fondre.

Ces nuits au ciel jamais vraiment sombre seraient-telles propices au réveil de nos plus profonds instincts ?

10:59 Écrit par Saravati dans Veine de lecture | Commentaires (6) | Lien permanent

09/09/2008

Un couple

Retrouver la solitude
Des premiers instants du couple

Après tant d’années de déchirures, de regrets
Regarder dans la même direction
La campagne printanière, les champs vallonnés

Les rythmes sont pourtant différents
Elle veut courir
Il ne veut pas
Il fait de grandes enjambées
Elle reste derrière à essayer de le rejoindre
Elle le dépasse en trottinant
Garde une avance de quelques mètres
Pour quelques minutes
Puis le manège recommence

Diapason cassé
Essoufflement

La force de l’habitude
N’existe même pas
Ils ont passé tant d’années
À s’éloigner
Elle en souffrait
Lui cherchait d’autres cieux
Elle n’en souffre plus

Elle a découvert le monde de l’écriture
Des livres, des fantasmes
Elle ne l’attend plus
Ne rêve plus de lui
Il ne comprend pas
Il voudrait qu’elle l’appelle
Elle a épuisé son crédit d’appels
Elle n’a plus de regrets
Elle ne peut se contenter de simplement vieillir
Pour être avec lui
Elle n’est même pas triste
Peut-être indifférente

Pourtant ils sont bien
À deux sous le soleil couchant
Ils marchent d’un pas énergique
S’arrêtent pour regarder un détail de la route

La vie est belle quand on n’y pense pas
Ces moments rares qu’elle n’espérait plus
Elle les ressent du dehors
Elle a chaussé son armure de sérénité
Aujourd’hui, elle paraît légère
Le monde est simplement présent
Sans poids sans contraintes
Sans questions.

12:26 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (11) | Lien permanent

05/09/2008

Séries américaines

Les séries américaines interminables ont la cote. Elles parviennent durant des semaines, des mois, des années à tenir le spectateur (vieillissant) en haleine, à le fidéliser en quelque sorte. Il faut l’avouer, avec des ficelles répétées voire élimées. Les saisons succèdent aux saisons : tant que le filon rapporte, continuons à l’épuiser.

C’est le propre de nos grandes civilisations de la consommation de presser le citron jusqu’à l’écorce, même si elle devient amère à force d’avoir été triturée.

La mise en décor et l’intrigue initiales sont généralement bien posées ; des coups de théâtre réguliers, des mystères savamment alimentés et dévoilés partiellement à doses homéopathiques, des scénarios sophistiqués, alambiqués : voilà quelques ingrédients de réussite avec des acteurs qui s’adaptent parfaitement au profil et se confondent avec la réalité dans l’esprit du spectateur.

Et puis peu à peu, l’imagination faiblit, s’épuise, les ficelles se font grosses, les invraisemblances s’accumulent. Mais cela de manière arythmique, ce qui pousse le spectateur à poursuivre le voyage.
Alternance d’improbabilités, de mystères à moitié révélés puis démentis par des événements troubles, confus, rencontres fortuites ou incroyables, apparitions d’un acteur célèbre ou d’un personnage de la série subitement ressuscité ou victime d’un accident qui l’a défiguré…Une lassitude finit par s’installer mais un  fond de curiosité (jusqu’où iront-ils ?) parvient à maintenir une audience suffisante, donc on continue tout en modifiant parfois les créneaux horaires de diffusion.

Même si les saisons tarissent la créativité, les spectateurs englués dans leurs habitudes et devenus accros, restent eux aussi accrochés à leur écran : les personnages tant fréquentés sont devenus partie intégrante de leur entourage virtuel.
Twin peaks, Lost, Desesperate Housewifes, Heroes, 24 Heures, Prison Break, Les 4400…

Les spectacles longue durée sont comme l’alcool : à consommer avec modération. Cela, les producteurs avides de profits faciles avec des émissions standardisées ne veulent pas le comprendre. D’autant plus que s’ajoutent à cela le commerce de produits dérivés associés aux acteurs ou aux situations présentées : les consommateurs de « people » ne peuvent que tomber dans le panneau !

10:30 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (5) | Lien permanent

02/09/2008

Le Monde de Sophie

Ces quelques jours de vacances m'ont permis de lire  « Le monde de Sophie », un livre norvégien datant de 1991 qui tente de vulgariser la philosophie, un monde qui ne finit pas et va s’aventurer dans la dimension des univers parallèles. Mais paradoxe des paradoxes, un parallélisme de la convergence.

Pour sortir des sentiers battus des cours ex-cathedra, Jostein Gaarder, professeur de philosophie, nous entraîne dans un conte moderne : la rencontre entre Sophie, jeune lycéenne de quatorze ans, et Alberto, professeur de philosophie pour le moins original. Deux personnages inédits interfèrent dans leur relation professeur/élève : Albert et sa fille Hilde, sortes de miroirs de nos deux personnages principaux.
Les quatre personnages ne se côtoient pas physiquement au travers des éléments matériels de leur vie mais Albert et Hilde envoient des espèces d’impulsion à partir de mondes que l’on pourrait définir de mondes fantastiques ou parallèles.

La rencontre entre les intervenants aura-t-elle lieu et à quel prix ?

Ce cours de philosophie très insolite, construit à la manière d'un thriller, présente de manière ludique les grands courants de l’histoire et de la philosophie dans l’histoire mais il pêche parfois par sa longueur : les interminables monologues savants d’Alberto, seulement ponctués par des phrases passe-partout de Sophie, même s’ils sont abondamment illustrés par des exemples pertinents, peuvent fatiguer le lecteur par moments. Et la petite Sophie nous étonne au fur et à mesure du roman par sa maturité naissante.

Un cours de philo qui mêle la fiction et l’essai. Un roman qui n’en est pas vraiment un. Une intrigue hors pair, originale et inachevée.
Si pas expert, à lire par chapitres en prenant des notes.

Excellente base pour donner le goût de mieux connaître les philosophes et leurs doctrines et pour ainsi s’interroger sur les vraies problématiques de notre société moderne.

17:17 Écrit par Saravati dans Veine de lecture | Commentaires (4) | Lien permanent