22/09/2008

Gomorra : Terrible, inquiétant, désespéré mais vrai!

Gomorra

 

Je suis rarement sortie d’une salle de cinéma en ayant envie de vomir sur le monde que j’y ai vu.

Gomorra est un de ces films coup de poing, non par l’histoire qu’il raconte mais par la réalité qu’il nous décrit sans concession.
En général, je choisis mes films pour leur scénario original, la beauté de leur photographie, le charme de la musique.

Rien de tout ça dans ce film : la laideur y est représentée dans sa nudité, les acteurs sont laids et filmés de très près pour accentuer leur laideur, la bêtise est aussi omniprésente dans ces gens qui recherchent un pouvoir souterrain, ils réagissent par instinct à tous les niveaux. Avoir du pouvoir à n’importe quel prix surtout s’il s’agit d’autres vies humaines, tous les moyens classiques de la mafia sont bons : drogue, trafic de déchets dangereux, prostitution…et on ne doit même pas faire preuve d’intelligence, seulement guetter une éventuelle descente de police.

On sait que personne ne parlera, que personne ne voudra s’immiscer dans ces bagarres de quartiers entre clans, qu’on n’a pas à s’émouvoir si des cadavres sont découverts, que la vie n’a aucune perspective d’avenir : pas de travail, pas d’espoir.

Ce film est un horrible constat réaliste de l’influence de la camora dans les pauvres quartiers de Naples, il ne porte pas de jugement, il observe, il ne donne aucune piste si ce n’est deux personnages qui décident de quitter ce milieu : un responsable d’atelier de couture qui a accepté de vendre clandestinement son savoir-faire à des asiatiques et survivra à une fusillade décidera de quitter le milieu et de devenir camionneur ; un jeune homme assistant d’un entrepreneur qui « s’occupe » de débarrasser les entreprises de leurs déchets hautement toxiques en polluant des terrains entiers, décide lui aussi d’abandonner son poste.

Les autres se taisent ou s’ils réagissent se font massacrer…

Et à la fin du film on ne peut même pas se dire : ouf, c’est fini, c’était de la fiction car ce n’en est pas une!

Ah où est donc la belle Italie des péplums et des comédies à l’italienne ?


Le film réalisé par Matteo Garrone s’inspire fidèlement du livre de Roberto Saviano publié en 2006 et qui fit déclarer par l’hebdomadaire italien Expresso : « Condamné à mort » pour cette dénonciation documentée de la pègre napolitaine. Saviano doit sa « survie » à sa célébrité médiatique et à une protection de la police.

Un peu comme Salman Rushdie mais dans un  autre domaine, Saviano fait partie de ces auteurs courageux qui luttent pour la liberté d’expression et dénoncent les travers de leurs sociétés, même au prix de leur sécurité personnelle.

12:34 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (3) | Lien permanent

Commentaires

je te laisse un lien... ce docu est sorti cet été et passé dans 2 ou 3 salles en france pas plus! c'est à propos de la gestion des déchets toxiques à Naples. jusqu'à la nausée: ouvoir et argent. on n'est jamais allé aussi loin et si l'Europe ne réagit pas ou irons-nous?
http://www.dailymotion.com/video/x5nmjb_bandeannonce-biutiful-cauntri_shortfilms
bonne journée, à bientôt!

htp://libres2.skynetblogs.be

Écrit par : mimi | 22/09/2008

Répondre à ce commentaire

coucou, je ne connais pas, mais cela ne donne pas envie d'aller le voir ! Je m'occupe de refaire les etiquettes pour mes cactus, le parfait n'est jamais parfait avec moi
bonne soirée et gros bisous

Écrit par : sylvie | 22/09/2008

Répondre à ce commentaire

Venue parcourir ton blog.

Je me suis laissée porter par tes histoires, ce fût un plaisir. Même si ton dernier post donne la chair de poule, il n'en reste pas moins extrêmement bien écrit et laisse bien percevoir le mal être que tu as ressenti en regardant ce film.

Merci à toi pour ces moments intenses de lecture.

Amicalement.

Mary (pas à tout prix! lol)

Écrit par : Mary | 26/09/2008

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.