05/08/2008

Un homme seul (1)

 

Voilà j'expérimente avec vous un genre nouveau : une nouvelle où l’expression d’un mal-être prime sur l’intrigue. Un premier test pour moi, un texte plus long publié en 4 épisodes pour ne pas trop vous fatiguer ! Comme dans la vie, la fin n’en est pas une, je vous laisse le plaisir de la construire selon votre humeur !

Il suffit d’un grain de sable pour qu’une fin joyeuse devienne tragique, qu’une fin tragique devienne indifférence, qu’une fin banale devienne source d’espoir. Ne vous fiez pas aux apparences. Choisissez le grain de sable qui vous convient. Bonne lecture !

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Il avait un emploi qui exigeait une facilité de contacts. Il l’assumait avec brio. Ses collègues enviaient sa belle prestance et sa confiance en soi. Il ne parlait jamais de sa vie privée. Cela faisait rêver ses collègues célibataires et même les collègues mariées l’admiraient en secret.
Il avait plein de passions variées et il en parlait avec ardeur.

Mais une fois loin du lieu de travail, il retrouvait sa timidité et sa solitude. Il vivait seul depuis le décès accidentel de ses parents, il avait alors poursuivi ses études tout en travaillant. Pas question de mener la vie dorée des étudiants qui « brossent les cours » « font des guindailles » et les « quatre cent coups ». il avait été responsable avant l’âge, les circonstances de la vie lui ayant déchiré des pans entiers de sa jeunesse.

Il n’y pensait pas, il s’était fait une raison de cette vie d’abnégation : le jour à l’université, le soir au boulot, la nuit aux études. La suite des jours et des nuits n’avait pas de sens pour lui, les quelques heures de sommeil qu’il devait pourtant s’arroger n’étaient pas suffisantes pour acquérir un rythme rationnel de vie.

Il avait été récompensé de ses efforts : brillant en études, il avait littéralement subjugué son futur employeur tant il émanait de lui une saine volonté et un grand courage.

Et tout ça pour un boulot certes intéressant mais pas suffisant pour combler le vide de sa vie sentimentale. Il connaissait trop peu de la psychologie féminine pour tenter d’apprivoiser ces êtres si différents. Les relations qu’il avait avec les humains étaient compartimentées, étiquettées implicitement, rationalisées, fonctionnalisées.

Il lui arrivait bien parfois d’attarder son regard sur un joli minois entraperçu mais cela restait du ressort de la persistance rétinienne. A ce moment-là, il aurait souhaité être reporter-photographe ou dessinateur visagiste pour garder au fond de lui la vision réconfortante d’un visage gracieux ou expressif.

22:55 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (1) | Lien permanent

Commentaires

Quel bonheur que ton site! Bravo! Ton blog est super intéressant: varié, surprenant, poétique, troublant, émouvant....on a envie de te connaitre davantage chère Saravati.

Et à présent une nouvelle! quel sera le sort de ce jeune homme , quel est son destin?
J'ai très envie de lire une suite !
A bientôt donc: c'est déja captivant......

Bisous , bonne journée

Alain

Écrit par : Alain | 06/08/2008

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