13/07/2008

Promenade sans but


Petite promenade du soir
Ils sont partis à l’heure où les gens bien rentrent chez eux
Le soleil est en train de se coucher
Mais la lumière est belle, tamisée par des nuages blancs

Où vont-ils
Passant par des petites ruelles insoupçonnées
Découverte des recoins du village
Assurance d’une tranquillité recherchée
Après ces journées de bain de foule en ville
Au milieu de la fête de la musique

Même les oiseaux sont absents
Les arbres sont trop loin
Au milieu des champs en pleine poussée printanière
Quelques oiseaux blancs se promènent
Oies, canards ou autres ?
Se sont-ils échappés d’une habitation voisine
Ou sont-ils libres de tout lien, animaux sauvages
En sursis jusqu’à l’ouverture de la chasse ?

La route de l’Aventure
S’appelle vraiment comme cela
Mais ici l’aventure pour beaucoup s’arrête
C’est le chemin du cimetière local

Ici dans ce petit coin tranquille
De la Wallonie profonde
On n’a pas peur des profanateurs de tombes
La porte du cimetière reste grande ouverte
En toute confiance, de jour comme de nuit

Un petit cimetière tranquille
Joliment arrangé
Pas de surpopulation (pas encore)

Elle a quelques membres de sa famille enterrés ici
Des gens très proches
Qu’elle rejoindra un jour sans doute
Si la vie la laisse végéter ici

Elle lui demande
Et toi où veux-tu finir ta course ?
Il ne sait que répondre
Il n’a pas plus d’attaches ici qu’ailleurs
Né dans un pays
Émigré dans un autre
Vivant dans un troisième aujourd’hui
Quelle importance ?

Elle lui répond qu’elle n’aime pas les monuments
Le granit ou la pierre froids devraient être réservés pour l’art des sculptures

 Redimensionnement de tombe revue

Elle rêve des petites pelouses de Scandinavie
Autour des églises en bois debout
Ou dans les sous-bois
Ornées simplement de quelques fleurs régionales
Avec une petite pierre, un nom, une date
Une sérénité absolue
Une harmonie avec la nature
Le retour naturel à la terre

Même les cercueils lui semblent superflus
Il faudrait utiliser le bois
Au lieu de l’enfouir
Fabriquer des maisonnettes
Pour les sans-abri

Elle n’aime pas la crémation
C’est passer trop vite du consistant
Au néant de la poussière
Tout comme la vie naît à petit feu dans l’embryon
La disparition doit être progressive et non pas violente
Elle dit cela sans tristesse
Dans un moment de parfaite lucidité
Elle pense à des amis qui ont disparu en fumée
Du jour au lendemain, il ne restait rien
Etait-ce si urgent
D’effacer si vite toute trace ?

Au passage, ils lisent les épitaphes
Ou les fragments de poésie classique gravés sur la pierre
Il est de beaux textes, peut-être un peu trop standards
Mais si la réalité des sentiments décrites est profonde
Que d’amour transperce ces mots !

Aujourd’hui, elle semble loin de tout cela
Elle ne voit que la beauté du ciel
L’alignement parfait des sobres stèles
Les fleurs déjà fanées ou poussiéreuses

Juste à la sortie du cimetière, un nom attire son attention
Sabine est ici réduite en cendres,
Sabine qui n’a pas eu le temps d’être son amie
Sabine qui n’avait d’autre lien avec ce village
Que ses contacts avec les chevaux dans le haras voisin
Sabine qui est partie en connaissance de cause
Parce que la vie n’avait rien à lui offrir

Ils quittent cet endroit nostalgique
Les stèles sobres
Le monument aux urnes
Les fleurs fanées
Ou poussiéreuses

Devant eux sur la route
Le ciel aux nuages blancs
S’étale dans la splendeur lumineuse du soir.

16:31 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (6) | Lien permanent

Commentaires

Bonjour Merci pour votre passage sous la Lune bleue et surtout pour un commentaire chaleureux. J'ai longtemps refusé de travailler le numérique et la couleur et puis un jour, on essaie, les débuts sont toujours décevants, comme s'il fallait tout réapprendre.. en fait, j'aime la liberté dans cette technique, un peu moins rigide.
Bonne journée à vous et merci encore

Écrit par : Mathilde | 14/07/2008

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Belle histoire... ... étrange mais très belle....

A bientôt

Écrit par : syrius | 14/07/2008

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Merci pour votre commentaire. J'aime beaucoup ce texte, poignant dans sa pudeur et sa simplicité.
J'aime beaucoup les photos de ce blog très personnel. Une réussite dans la subtilité des formes et des couleurs.
Les mots de vos poèmes deviennent ainsi des regards.
A bientôt

Écrit par : MULLER Géraldine | 14/07/2008

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un ensemble parfait! une musique de mots, pas tristes même!
et j'aime aussi beaucoup les 2 textes du usée. cette petite fille, s'est-il trouvé l'un de ces photographes exposants pour en tirer une merveille à accrocher encore??:-)!
bone soirée, je t'ai mise dans ma liste de liens, c'est si commode!

Écrit par : mimi | 15/07/2008

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bonjour, dans mon village, le cimetiere est ouvert le jour comme la nuit...mon père ayant donné son corps à la medecine, je n'ai aucun endroit ou aller !
bonne journée

Écrit par : sylvie | 16/07/2008

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pour te répondre, mon apn est tres simple et je ne suis pas tres douée en macro, lol, mais j'aime bien faire des photos
bon apres midi

Écrit par : sylvie | 16/07/2008

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