02/07/2008

Suspense garanti


Comment expliquer l’engouement pour les livres policiers ou nouvelle dénomination plus moderne les thrillers ?

Est-ce la curiosité vis-à-vis de la face cachée de l’être humain, un voyeurisme par rapport aux Mister Hyde de la littérature ou du cinéma ? Une inquiétude face à la perversité d’un monde manichéen qui développe plus son côté négatif ? Une projection inconsciente par rapport à des mauvaises actions que notre morale ou  notre éducation désapprouvent ? Une identification malsaine et inavouée de notre part d’ombre ? Un besoin de grand frisson, de vies de brouillard, de mystères inexpliqués ?

Même ceux qui se targuent d’aimer la « vraie » littérature peuvent éprouver une fascination pour le roman policier, par ce qu’il a de cérébral dans la manière de jongler avec les énigmes.
Une littérature qui ne se prend pas la tête ? Pas sûr, aujourd’hui psychanalyse, psychothérapie, phénomènes paranormaux, analyses génétiques…s’intègrent parfaitement dans une structure policière qui se scientifise d’une part mais aussi qui laisse une part créative à des manifestations paranormales.
On peut ainsi expliquer ou feindre d’expliquer des comportements anormaux, schizophrènes, meurtriers même.

Elisabeth George, Hennig Mankell, Donna Leone, Ruth Rendell, Anne Perry, Robin Cook, Andrea Camilleri, Michael Dibgin, et dans un autre style plus classique Agata Christie, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Georges Simenon, Alfred Hitchcock…sont des filons inépuisables pour les éditeurs du genre, relayés en cela par des scénaristes ou réalisateurs en veine d’inspiration.    

Je suis tombée sur un romancier américain atypique, William Irish (1903-1968)dont les histoires sont particulièrement passionnantes, ses héros qui sont des anti-héros pourraient faire partie de notre famille : on les comprend, on les soutient dans leurs difficultés, on tremble avec eux. Arrive un événement fortuit dans leur routine quotidienne, et la machine « policière » se met en route, particulièrement efficace.

Etrange personnalité que William Irish qui écrit sous trois noms de plume : William Irish, Cornell Woolrich et George Hopley. Est-ce dans la tristesse de sa vie (parents divorcés, maladie de jeunesse, mariage raté, solitude, attachement extrême pour sa mère, alcoolisme)  qu’il trouve cette inspiration particulière : des histoires admirablement construites, une psychologie des personnages très fine, des émotions vraies, un style direct, réaliste... ?

Devenu scénariste pour l’usine à rêves hollywoodienne, ses nouvelles intéressent aussi de grands réalisateurs tels que Alfred Hitchcock avec Fenêtre sur cour, et plus près de nous, François Truffaut avec: La sirène du Mississippi adapté de la Valse dans les ténèbres (1947)  et aussi La mariée était en noir. Moins connus sont ses récits fantastiques.

J’ai lu et relu les recueils de nouvelles de ce maître du suspense avec beaucoup de plaisir, il semble que le temps n’ait aucune prise sur son écriture : ses récits me paraissent indémodables.

10:34 Écrit par Saravati dans Veine de lecture | Commentaires (2) | Lien permanent

Commentaires

*oo* Je devais avoir 14 ans quand j'ai découvert Agatha Christie, j'ai lu du coup tous ses livres de façon boulimique ;-) Les autres classiques ont suivi, puis Stephen King, Grisham, Crichton, etc...le soir dans mon lit principalement jusqu'aux petites heures quand l'histoire est prenante, si pas tout le bouquin d'une traite...chaque livre, chaque histoire est un voyage ;-)

Belle journée !

Écrit par : Loo | 03/07/2008

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je vais me mettre à lire ce type, ça m'intéresse vraiment! En revanche si la reconnaissance du genre policier est nouvelle, le genre lui-même me semble ancien, déjà dans Balzac, Dosto, Faulkner etc. Mais intéressant tout cela!

Écrit par : aléna | 19/05/2010

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