26/06/2008

A touch of spice

épices
 



 

« Quand on quitte un endroit, il faut parler de l’endroit où l’on va, pas de l’endroit que l’on laisse derrière soi » : peut-on éprouver de la nostalgie pour quelque chose qu’on n’a pas connu ou vécu? Nos origines ethnologiques sont-elles inscrites dans nos gènes ? Est-ce suffisant pour se sentir bien dans le pays de ses ancêtres ?

Ces questions peuvent illustrer « A touch of spice » , film sur les relations Grecs/Turcs mais aussi exaltation de la saveur de la cuisine orientale avec le petit bémol qu’apporte à chaque fois une parcelle d’épice.
Ce bonus qui transforme un plat banal en chef d’œuvre culinaire.

Ce film évoque la souffrance pour les Grecs d’Istanbul d’être déportés en Grece dans les années 60’.
La Grèce où l’on espère cependant vivre mieux. Cette Grèce, pourtant, « était plus belle dans notre esprit que ce qu’on a trouvé en arrivant ». Cette sensation est renforcée par la tristesse d’y vivre en exil, les déracinés d’où qu’ils viennent n’ont pas de pays. Etranger en pays turc parce que Grec, étranger en pays grec parce qu’assimilé à un Turc. Regret amer d’avoir perdu « la plus belle ville du monde : Istanbul ».

Fanis, en Grèce, a trouvé le moyen de s’évader, de retrouver les saveurs culinaires et épicées de son grand-père resté en Turquie. A huit ans, il passe tout son temps libre dans la cuisine à échafauder des petits plats. Il aura deux passions d’évasion : la cuisine et l’astronomie, goût hérité de son grand-père turc qui dans son grenier lui décrivait les planètes et les étoiles au moyen de particules d’épices : poivre, sel, cannelle, cumin… Jeu de mots favori du grand-père qui refuse de venir en Grèce, même pour voir son petit-fils adoré : « Astronomie et gastronomie font partie de la même famille », phrase qui frappe l’enfant dès son plus jeune âge et conditionnera son avenir.

Ce film raconte l’histoire de ces deux passions à travers une chronique disséminée de l’histoire des conflits greco-turcs. Plus la  romance convenue de la pérennité du premier amour !

Un scénario intéressant, dommage que la chaleur des couleurs est souvent restée dans la boîte et que les photos sont parfois encombrées de détails superflus. Une vision bienveillante de la famille.
L’émotion soutenue par la musique, est aussi au rendez par petites touches, quoi qu’en disent certains spectateurs désappointés.

 

A touch of spice, Grèce-2003- réalisé par Tassos Boulmetis

13:31 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (4) | Lien permanent

Commentaires

au delà de ce film... tu poses une question importante: nos origines sont-elles inscrites dans nos gènes?
je crois que oui. j'ai connu une enfant Vietnamienne adoptée à l'âge de 6 mois donc sans réel souvenir de son pays, attachée trés profondément à ses parents adoptifs et qui a choisi quand est venu le temps de se choisir un métier, d'apprendre la cuisine, et pas n'importe laquelle, la vietnamienne, elle savait déjà d'ailleurs petite préparer des plats et de façon innée, elle savait reproduire un plat aprés l'avoir goûté. ses parents lui ont demandé si ce choix était dicté par le souhait de connaître son pays d'origine, eh bien pas du tout, elle n'y pensait même pas.
ma petite fille Olivia, la fille de mon fils, a été adoptée à 2 mois. elle a maintenant 10 ans, ses parents bios sont des sportifs de haut niveau, elle court comme une fusée, son père l'appelle sa gazelle. et elle aime la cuisine épicée par dessus tout.
bizarre non?
bonne soirée, à bientôt!

Écrit par : mimi | 26/06/2008

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ps. je précise qu'Olivia, bien que née en France, a des origines africaines.

Écrit par : mimi | 26/06/2008

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Bonjour C'est vraiment une question importante, vaut-elle la peine? pourtant oui, mais certains ne connaissent pas leurs origines, peuvent-ils se sentir amputée quelque part? Je me suis toujours posée la question de savoir, si la même personne élevée dans deux contextes différents aurait le même devenir? la vie ne devient-elle pas cette série de hasards et d'opportunités qui façonnent l'individu? dans ce cas, les gènes subsisteraient physiquement peut-être?

Écrit par : Mathilde | 27/06/2008

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*oo* Je n'ai pas de racines et ça me manque,
je cherche en vain un endroit où je me dirai 'enfin, je suis chez moi'.

Beau week-end :-)

Écrit par : Loo | 28/06/2008

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