18/06/2008

Des fraises et un bain

Notre région est réputée pour ses pépinières et, à la fin du printemps, pour ses belles fraises parfumées.
Quelques jardiniers particuliers rejoignent les professionnels et proposent eux aussi les produits de leur culture. Les écriteaux géants représentant une grosse fraise épanouie fleurissent alors le long de nos routes de campagne.

Parfois des groupes de cyclistes avertis traversent en trombe les villages, parfois ce sont des cyclistes du dimanche qui s’acharnent sur les pédales peu rodées en combinant (manque d’entraînement oblige) rythme ralenti , irrégulier et haltes intempestives supplémentaires.

Un groupe de huit personnes de la deuxième catégorie arpente les rues. Calmes, relax, pas de défi à relever, de record à battre, seulement le désir de profiter du beau temps et de leur cordiale compagnie.

Les deux retardataires du groupe ont repéré la pancarte « fraises » devant une petite maison adjacente à un jardin fleuri. Tant pis pour le retard, la gourmandise impose une pause. Une vieille dame dans le jardin accourt ; « Elles sont petites mais naturelles, fraîchement cueillies. J’attends de les vendre toutes pour aller prendre mon bain ». Il est 17h30 ! Le couple à l’arrêt n’a pas vraiment le choix : « On prend les deux derniers raviers ». Soulagée, la vieille dame dévoile quelques pans de sa vie privée, comme pour s’excuser : « Mon mari m’aidait au jardin avant de tomber malade, aujourd’hui, le moindre geste lui coûte temps et effort.». Le couple compatit, regarde vers la route où le reste du groupe a déjà disparu. « Il était actif lui aussi, mais pour le jardin, pas de vélo comme vous, ça demande une dépense d’énergie bien supérieure ».

Si elle savait combien ce genre d’exercices est l’exception pour ces cyclistes du dimanche ! Un peu de chaleur humaine : « Quand je passe, je vous en rachèterai ». « Ça ne durera plus que huit jours, après je vends mes framboises ». Décidément, elle n’a pas perdu son sens commercial, ni son courage.

Peut-être que ces rencontres de bord de route sont-elles une des rares activités sociales qu’elle se permet encore face à un mari qui demande une attention constante...
Nul doute : au moment de déguster les fraises, nos deux cyclistes égarés auront une pensée émue pour la marchande improvisée.

14:08 Écrit par Saravati dans Regards | Commentaires (3) | Lien permanent

Commentaires

des fraises, bientôt les framboises, comme ce doit etre agréable de faire du vélo dans cet endroit
bises

Écrit par : sylvie | 18/06/2008

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*oo* Merci beaucoup pour votre visite chez moi :-)

Région de Namur ?
Entre les fraises et les framboises, mon coeur balance ;-)

Belle soirée !

Écrit par : Loo | 18/06/2008

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j'ai de la chance! j'ai les 2 dans le jardin et pas petites!
il est trés varié ton blog, c'est agréable, on ne sait pas à quoi s'attendre en venant.
j'aime bien cette vieille dame, nul doute que j'irais lui acheter un peu de sa prodoc si j'étais dans le coin.
bonne journée et bon we, à bientôt.

Écrit par : mimi | 20/06/2008

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