04/03/2008

Vent, rêve, désarroi

Ce vent qui harcèle depuis ce matin ou cette nuit (rien entendu), quand aura-t-il fini de nous ennuyer ?

Il déploie sa force impétueuse et la maison semble prise dans un tourbillon, heureusement qu’elle est solide, avec ses fondations anciennes comme on n’en fait plus aujourd’hui.

Mais elle a néanmoins quelques faiblesses : une vitre cassée et une fenêtre qui ne ferme pas bien et qui a parfois ouvert la porte à un scénario digne d’un film d’horreur : lutter seul contre les éléments de la nuit.
Je guette avec appréhension le moment du grand assaut, de cette violation de domicile que le vent ne manquera pas de commettre s’il trouve ces entrées propices.

Le jardin pourtant semble beau au-delà de la grisaille du ciel.Les chats indifférents aux coups de bourrasques restent imperturbablement nichés sur le bord de la fenêtre, éternuant impunément sur la vitre déjà souillée, quémandant l’asile aux habitants qui les ignorent.

Ah comme nous sommes parfois peu charitables envers les animaux !
S’ils rentrent ils laisseront les empreintes de leurs coussinets boueux sur le sol fraîchement nettoyé et puis ils risquent de s’aventurer à l’étage où crèche leur ennemi héréditaire : le rat domestique, nouvelle coqueluche de la maison.

Ma fille, à ce sujet, me raconte son dernier cauchemar (il est vrai que le vent nocturne peut être catalyseur de cauchemars) : un chat s’était emparé du rat et elle n’arrivait pas à les séparer, unis dans une mortelle étreinte. Elle me demande, dans la réalité cette fois : comment faire pour libérer le rat en cas d’attaque féline ? Je dois avouer mon ignorance. Coincer le chat n’est pas une solution, un chat coincé devient encore plus féroce, lui ouvrir la gueule, c’est téméraire si on tient à l’intégrité de ses doigts, encore faut-il y accéder ?

Elle se sent responsable des situations rencontrées dans son rêve.

Conclusion : pour l’instant laisser les chats au grand air et au grand vent. Il est étonnant qu’ils préfèrent montrer leur désarroi d’être mis de côté, plutôt que d’aller s’abriter dans les dépendances proches : ce sont des chats semi sauvages, élevés à la dure.
Je n’aime pas trop les animaux trop « civilisés », eux non plus, sans doute (je l’espère en tout cas, cela a au moins l’avantage de me donner bonne conscience !). Encore doivent-ils en assumer les conséquences : pluie, vent, neige, gel consistent en cette saison leur lot quotidien.

15:46 Écrit par Saravati | Commentaires (1) | Lien permanent

Commentaires

Ah le vent... Tantôt caresse, tantôt gifle, le vent est souvent source d'inspiration pour le poète qui sait écouter les mots tapis au creux de son souffle... Comme toi.
Merci pour tes marques de sympathie sur mon blog. Il est vrai que pour moi, mes grands-mères ont toujours été importantes car elles m'ont quasi élevée, étant donné que mes parents étaient très actifs. Les vieilles personnes sont essentielles à la survie de la société, à mon humble avis, car elles nous apprennent à ralentir, à savourer doucement les choses simples du quotidien, bref à vivre... Alors quand elles s'en vont, on se sent un peu démunis, un peu orphelins et on se dit qu'il sera temps, un jour, qu'on reprenne le flambeau de leur sagesse...

Écrit par : Nad | 05/03/2008

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